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Epopée Islanerienne
poèmes [ ]
Troisième lame

- - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - -
par [felipe ]

2006-12-10  |     | 



Epopée Islanerienne
(Troisième lame)


Un matin je me suis levé
l’orage qui traversait la vallée
déchirait le lac en myriades
de rubans affolés

C’est un départ enfin
l’exode des feuilles
s’agrégeant dans le vol
unique d’un oiseau

ou bien un regret
toujours en devenir
lorsqu’on regarde
sur les quais
l’étrave scindant
puis unissant
dan son sillage
les pennes
les veines
les nervures
d’une traversée

Telle fut et sera
mon évasion
et sa perpétuité
non pas une fuite
mais un élan capillaire
des profondes racines
vers une respiration

N’ais-je regardé le monde ainsi qu’un lointain paysage
ou bien m’a t’il traversé creusant l’air de mes poumons
jusqu’à immobiliser le souffle brisé dans les alvéoles
par les paillettes d’argent de ses stalactites verglacés

Nous nous sommes baignés dans les mêmes eaux à la dérive
celles qui nous emportent et déposent nos rêves sur la grève
afin que l’on puisse reconstruire à l’infini le puzzle démantelé
lui donner des formes vides, éphémères, toujours renouvelées
puis enfin saisir un signe un sens étayant le refus d’abandonner

J’avance dans la nuit, à tâtons dans les mers d’huiles visqueuses
Je ne cherche pas la clarté providentielle trompeuse d’une balise
qui marquerait l’endroit vers lequel invariablement il faudrait aller

Le recours intangible au cycle des défaites

Du bord de mon lac qui est un étang
je lance une pesante pierre dans la mare
un gravillon retombe sur la flaque
et sa source le ruisseau
une onde qui commence
sur le cercle le plus éloigné
jusqu’à la déperdition

Peut-être que la vague
fomente son mugissement
non pas au centre, mais aux lisières
revient frapper de son onde de choc
la cible et ce qu’elle projette

C’est l’eau et la glace rejetée
lui renvoyant l’image redoutée
le double et son anamorphose
l’arcane grimaçante de la mort

Brasse, brasse ton bouillon
de sésames d’orpailleur
à la mi nuit où l’on veille
le chant des châtaignes
dans l’âtre les tisons

et dans les verres
les braises décantées
de l’eau-de-vie ardente
qui tremble un peu
de la filiation
incandescente
des flammes

je fais un détour pour plus tard en demain
là où je ne vais pas encore et suis déjà passé
par le fil décousu d’une ligne que je tisse
au gré d’une histoire emmêlant à l’instant
les ruines et les runes, la semblance et sa réalité

anneaux inextricables des vipères et des mots
lacets sinueux du sentier, ombilics et cordages
tout ce qui retient enserre et entrave l’essor
dans ses étroites cellules d’où seul s’évade le rêve
à travers les barreaux, les couloirs, le salpêtre
les lotions et les poudres où se mélangent
le chèvrefeuille, la lavande, l’eucalyptus
le citron, l’anis étoilée, la sueur –

-et des chansons de tangage

« What shall we do
with a drunken sailor
What shall we do
with a drunken sailor
early in the morning»

l’ivresse des marins sans escale
enlisés dans le ruissellement rouge
des matins, de sable et de silence
englués dans la nasse démesurée du vide

Là bas, à l’horizon, lorsque l’on ne peut plus se retourner
vers la terre connue, embuée des brumes d’une nostalgie
et l’illimite qui ressemble à une grande soif à assouvir
tout de suite ou jamais, ce qu’il faut de violente impatience
pour qu’attendre soit la vibration aiguisée d’un refus

Il n’y aura pas Demain, il est L’aujourd’hui qui le compose
L’hier qui le dissout dans l’alchimie improbable de la mémoire

Je suis revenu vers les torchères anxiolytiques de la ville
Le Havre qui se consume de toutes ses chandelles
une cité incendiée sous les pluies compactes de l’hiver

l’asphalte carbonisé par les collisions des lueurs
fond ainsi qu’une neige percutée par un soleil noir

Je ne suis pas de ce lieu qui, d’une bourrasque grise, sème les mélancolies
disperse ses gerbes, ses pétales languides d’amertume, d’évanouissement
enduit la terre de chrêmes inutiles avant de l’asperger de semences stériles
disséquant l’Histoire que l’on croyait savoir tandis que ne cesse de s’accomplir
toujours plus près de nous, éloigné, dans l’absence et la cécité, le sacrifice

Derrière les maisons viennent les collines, ce n’est pas toi qui marches
elles viennent, non d’une hauteur mais d’une plénitude sereine
se pencher sur moi, qui ne sait retourner la caresse rêche des feuilles,
à peine sorti du chloroforme des rythmes syncopés des girations
les voltes arythmiques du souffle asthmatique des machines

Et l’absence de bruit, le filet du vent déployé dans les branches
Ce n’est pas le silence, l’oublié, mais le plain-chant du silence
un chahut d’écureuils sur les griffes, les ergots des écorces
entre les ronces mouillées du soleil vague des gouttes de rosée

Manuel, lorsqu'il parle des oliviers

se glisse lentement un chant grégorien
a capella
sur l’Océan des herbes qui se plissent

comme s’il n’y avait de temps
que de entes et de greffes
sur le même tronc lignifié

Le château de Monsanto
veille à perte de vue
sur une frontière
d’où ne viennent plus
depuis des siècles scintiller
les oriflammes de l’ennemi
les bannières mordorées
de soieries de la guerre
trempées dans le sang

La plaine calcinée de lumière
la fleur fragile de l’oranger
les pampres tordus de la vigne
les lauriers scarifiés d’aurores
et de couchants immuables

« Dos estrellas le siguen
Morena, morena
y dan luz al sol
va de apuesta
Senora morena, morena
que esos ojos son. »

(Portuguese vilancetes,
cantigas&romances)

Mais voici Zeca majestueusement ivre
soulevant des règnes de poussière
sur son étrange véhicule grinçant
mi-motocyclette mi-triporteur
chargé d’un sac de pommes de terre
et de la vigie de son chien
blanc-noir à l’œil larmoyant

Est-ce lui qui conduit sa folle cavale
entre l’enchevêtrement des ruelles
ou bien sa mémoire immergée
dans les effluves du Maciera
les Sagres, l’aguardiente, l’agua pé

Quelquefois un Dieu, sans doute Bacchus
se penche et redresse de ses mains
les virages, évitant ravines et ravins
les pâles moulins des éoliennes
jusqu’au café « O Tear »
qui n’est pas une larme
mais un métier à tisser
le même enchevêtrement
de fils entrecroisés
et de files d’attentes

A l’ombre rose des lauriers
sur l ‘encre violette diluée
d’anciennes lettres
griffonnées à la halte
les horaires effacés
des trains ensommeillés
traversant les frontières
les villages blancs grêlés
de lunes et de neiges
parsemés de corbeaux

déjà coulait le plomb
des soldats peints
de bleu nuit royal
et de sanguines mortes

l'océan souffle dans la cheminée
des voyages enfin sans tempêtes
le sel est redevenu condiment
sur le sable de la table
où un continent s'est perdu
dans les méandres orangés du feu
et la fenêtre close du miroir

le fruit du mancenillier est amer
moins que l'ocelle vide de la toupie
retombée du mouvement vers l'absence
plus rien ne tourne que la rondeur du silence
au fond de la mer dans la chevelure rouge
et morte des polypiers, reviennent
les lamparos des âmes errantes
"en la forêt de longue attente"
celle de branches feuilles qui retiennent

un soir, près de la pierre sorcière
murmurerais-je qu'il est temps de partir
dans la nudité sans question et la vague
le puits pour la soif n’est plus qu’un rêve
où seul le granit se rappelle
les lointaines promesses des nuages

Holà ! attends, tu ne vas pas te draper là
t’ensevelir dans l’incarnat des velours
les tentures lagunaires de l’oubli
échoué dans l’abri parcheminé des portulans
les grimoires séculaires, troués d’espaces
lacunaires, les plages vides du disque rayé
d’une vertèbre disloquée
en attendant de trépasser

La dernière rame
enfoncée dans l’enfer du Métropolitain
ses bouches Art déco crachant le plasma
les pulsations d’une publicité florissante
vers les îles fortunées et paradisiaques
où s’en balancent doucement les palmes
que l’on passe ou non l’Achéron

Ou bien qu’à la noël on chipote
la carne bouillie d’une dinde obèse
beuglant saouls d’ales
« God save the queen »
en se foutant d’elle et de tout

cet incroyable carnage
soudain de comprendre
que pour toi seulement c’est un jeu
que les autres déclament vraiment
« Dieu sauve la reine »

d’où qu’ils viennent,
des marches de l’Empire détruit
d’Afrique d’Asie d’Orient
Ils chantent encore
la gloire d’Old England

l’île soulevée au-dessus
des peuples à genoux
par la machinerie huilée
mais grinçante
du théâtre élisabéthain

Cold Song


C‘est le ciel ce soir qui descend avec ses machineries verticales des incendies de rouages dans le théâtre Elisabéthain. Fulminent les cartons-pâtes de l’orage encollant des éclairs dans les trompe-l’œil de l’horizon, et des chants verglacés brisant lentement les stalactites des allitérations jusqu’à figer le mouvement dans la mer d’huile épaisse de l’archet ou tout se confond.

Le roi devenu fou essaime ses insomnies dans la nuit perpétuelle. L’île se lève avec ses hommes tombés, ahanant dans les poussières des cordages et les poulies grinçantes. Il faut porter le monde, ses bannières tissées de sang et de ravages au-dessus des peuples à genoux, englués de prières et de renoncements.

L’île est levée éclairant des mondes disparus, les drapant de sa couverture de typhus et de glaires. Liberté sur les charniers et les femmes engrossées de fièvres vénériennes et la musique triomphante flamboyante et funèbre de Purcell.


« What Power art thou, Who from below,
Hast made me rise, Unwillingly and slow,
From beds of everlasting snow!
See'st thou not how stiff, And wondrous old,
Far unfit to bear the bitter cold.

I can scarcely move, Or draw my breath,
I can scarcely move, Or draw my breath.

Let me, let me, Let me, let me, Freeze again...
Let me, let me, Freeze again to death! »

(King Arthur)



Un bal fantôme où l’on tangue
sur le parquet glissant
pour se donner l’illusion
d’être réellement de ce monde
ses soirées ruisselantes
que renvoie le tain blafard
d’antiques miroirs délavés

Il pleut Ô solitude au cœur de la musique
d’un orchestre ensommeillé par les valses
les couleurs absorbées par les gouttes factices
à travers la verroterie cristalline des lustres

la terre titanesque aurait pu sombrer
alentours
l’entour
s’enfoncer dans les murailles de glaces
déchiré par les échardes transparentes
dérivant au large de Terre-Neuve
sans troubler
ocres&sépias
les rumeurs étranges d’une fête
dissoute dans la brume du temps

A Southampton ainsi j’allais
même si la pluie
ne parle pas la même langue,
traversant les boulevards étirés
sous la mélasse poisseuse
du fog et d’épaisses fumées
le long des enceintes des docks
qui accouchent les spectres des navires

A la halte, derrière les vitrines
entre deux cheminées de briques rouges
on vend des boites de soupe ou de haricots du Chili
des cigarettes Capstan qui donnent l’air marin et la toux
Le soir on peut pêcher dans L’Itchen river
des poissons biscornus tremblants comme la jelly
qui ne portent pas de nom.


.../...

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