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Le troisième poème secret
poèmes [ ]

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par [Guillaume_APOLLINAIRE ]

2009-08-03  |     |  Inscrit à la bibliotèque par Guy Rancourt



Toi dont je répandrai le sang grâce à l’amour ô ma vierge qui allumes la lampe
Ouïs le son profond des canons qui t’acclament et t’accueillent ma reine
Ouïs les cliquetis des épées qui t’appellent ô très belle victime

Toi dont je pénétrerai la chair jusqu’à l’écume ardente où la chair et l’âme se convulsent ensemble
Ouïs le cri terrible de la tempête qui te secoue mon beau vaisseau
Toi dont la croupe libre se balance ainsi qu’un beau vaisseau sur la mer parfumée

Toi, temple dont je serai le prêtre ardent et dévot et farouchement unique
Entends monter le cri d’amour d’une armée qui soupire vers l’amour
D’une armée de fidèles qui n’adorent que le terrible et belliqueux dieu de l’amour

attols singuliers de la guerre

Coraux de tous les bonheurs

Belles fleurs inécloses
des aveux de l’espoir
Ô mon tendre amour Madeleine
un tremblement léger
mon haleine ton haleine ô Madeleine

Une goutte de pluie par pitié sur notre très cher Amour ô Madeleine

Toi dont la pensée me secoue comme Samson secouait le temple de Dagon
Toi dont les seins cupules adorables se tendent vers moi si loin que je passe sur eux comme sur un pont de roses un pont double de neige au soleil pour venir jusqu’à toi
Imagine les canons tendus terriblement comme mon désir vers l’ennemi.

Toi qui es si belle, ô beauté, que le monde est un socle pour ton apothéose
Envoie-moi tes seins comme des pigeons voyageurs pour me dire ton amour
Non, garde-les plutôt dans le doux colombier et dis-moi le roucoulement des deux colombes aimées

Ô figue mûre et secrète que je désire, dont j’ai faim je ne serai pas un sycophante
Écoute les mots les plus tendres, ô Madeleine, écoute mon oraison Madeleine
Écoute-moi tout près de toi malgré l’éloignement te dire que je t’aime

Ô Fée qui te transformes selon ma volonté en panthère ou en cavale
Toi qui es selon mon désir une divinité ou bien un ange
Toi qui es si je le veux la princesse vierge et lointaine ou la femme ardente ou la reine cruelle
Toi qui es aussi quand je désire ma sœur exquise ou l’adorable esclave
Toi qui es le lys, Madeleine aux beaux cheveux et toi qui es la rose
Toi qui es le geyser, toi qui es la sagesse toi qui es la folie ou l’espoir aux yeux graves
Toi qui es l’univers tout entier j’ai soif de tes métamorphoses

Gui aime Madeleine

je t’aime ma Madeleine
Je t’aime Gui.

(Poème de Guillaume Apollinaire, In Lettres à Madeleine, 9 octobre 1915)

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