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Pénélope
poèmes [ ]

- - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - -
par [gui ]

2024-03-10  |     | 



Pénélope, non pas héroïne d’Homère ni d’Ésope,
Pénélope, non plus courtisane ni salope,
Pénélope, c’est le nom de ma tortue !
Mes parents me l’ont offerte en cadeau pour mes sept ans !
Moi qui voulais un lapin ou un chien…
Au pire, je me serais contenté d’un hamster !
Mais qui veut à cet âge d’un pareil animal ?
Personne ! Non vraiment personne !
Et pourtant…

Pénélope, ma petite tortue, si menue,
à peine quelques centimètres,
mais tant d’océans de tendresse et de bonheur !
C’est le plus beau de tous les présents de mes parents !
Elle fut ma confidente, mon amie et mon ombre !
À l’école, elle était la coqueluche de ma classe !
À la maison, elle était partout et trônait en reine !
Toutes mes petites amies l’aimaient plus que moi !
Plus le temps passait, plus elle grossissait …

Vint l’âge difficile de l’ado…
Seule Pénélope saisissait toute l’étendue de ma détresse,
toute ma peine,
tout mon désespoir…
Elle était mon unique consolation,
mon seul soutien,
mon ultime bouée de sauvetage…
Combien de fois m’évita-t-elle l’irréparable !
Sa vue seule, me donnait espoir en la vie !
Ne traînait-elle pas sa lourde carapace sans maugréer ?
Sans maudire son sort ?
Toujours zen et ce rictus moqueur accroché aux babines !

Le temps passe et Pénélope grandit…
Le temps s’écoule et moi je me languis…
Le Périgord me pèse et me tue…
Tous mes amis ont fui vers Bordeaux,
Toulouse, Grenoble, Lyon ou Marseille…
Certains vers Paris, Bruxelles et même en Amérique…
Seule Pénélope connaissait mon secret…
Comment aurait-elle pu me retenir à la ferme ?
Sans crier gare ni même me retourner,
je quittai sur le champ logis et foyer
sans ma Pénélope devenue fort imposante…
Pour aller où ?
Partout à vadrouiller le vaste monde !
Europe, Afrique, Asie, Océanie
et même l’Amérique !
Pour faire quoi ?
Tout et rien !

Pénélope, non pas héroïne d’Ionesco ni d’Anouilh,
Pénélope, non plus andouille ni petite grenouille,
Pénélope, c’est le nom de ma tortue !
Pénélope est morte il y a trente-sept ans !
Moi j’étais depuis longtemps berger en lointaine Patagonie
et c’est Monsieur Ventru le postillon de mon patelin périgourdin
qui l’écrasa avec son vieux tacot
en livrant le courrier chez mes parents :
ma dernière carte postale de la Terre-de-Feu !

Et puis, tout s’est bousculé !
Tout s’est déglingué !
Mes parents la suivirent quelque temps en outre-tombe !
« Maladie inconnue » déclare Monsieur le docteur Lassus !
Mais tonton Gaston, vieux garçon, pense savoir :
« Gontran, tes parents sont morts de peine et d’ennui ! »
Peut-on mourir de ces deux maux-poisons?
« Mais si, Gontran ! »
Souviens-toi de ta tante Germaine,
morte d’une peine d’amour
en se jetant en bas d’une falaise à Rocamadour ! »

Et le temps passe et s’écoule…
Et moi qui vagabonde sur terre et sur onde…
À la recherche de quoi et de qui ?
J’erre dans l’archipel des Galapagos…
Difficile de ne pas penser à ma Pénélope !
Comme elle aurait été reine ici parmi ses semblables !
Serait-elle devenue aussi lourdaude ?
M’aurait-elle encore compris ?
Serait-elle toujours mon amie et seule confidente ?
Ou m’aurait-elle rejeté pour la compagnie de ses congénères ?
Allez donc savoir…
Comme Darwin autrefois, je cherche la trace,
la source et le lointain ancêtre de Pénélope…
Mais où chercher dans cette pléiade d’îles ?

Commence alors ma chasse au trésor…
Un peu à la Sherlock Holmes et beaucoup à la Darwin,
je remonte le dévidoir du temps
et c’est dans la capitale Puerto Baquerizo Moreno
sur l’île de San Cristobal que je débute mes recherches…
Bredouille, je fouille d’autres lieux :
les îles
Isabela,
Santa Cruz,
Fernandina,
San Salvador…
Toujours rien !

J’explore alors les îles de l’archipel plus petites,
après tout, ma Pénélope était minuscule et si différente
de ces tortues géantes, de vrais mastodontes !
Tour à tour, je fais le tour des îles
Santa Maria,
Marchena,
Espanola,
Pinta,
Baltra,
Santa Fé,
Pinson,
Genovesa,
Rabida,
Seymour,
Wolf et Bartolomé
Toujours rien ! Siempre nada ! Nothing at all !

En désespoir de cause et avant de plier bagages,
je m’aventure un peu à l’aveuglette sur l’île Tortuga,
île de la Tortue, diront les Français,
et je tombe par hasard sur un sosie de ma Pénélope !
Pas possible ! Pas croyable !
Mais c’est un miracle !
Une petite tortue, sortie de nulle part,
qui ressemble comme deux gouttes d’eau à ma Pénélope
vient à ma rencontre, moi l’errant et l’égaré…
Comment aurais-je pu contenir toute ma joie
et mes transports devant une apparition si inespérée ?

Et puis, tout s’est mis à virer dans ma tête !
Un nuage blanc m’enveloppa
et je me suis écroulé près de Pénélope !
Suis-je mort ou vivant ?
Comment le saurais-je ?
Moi le truand, le vaurien et le mendiant…
Sauvé du néant par mon ami Christian,
ami d’enfance et maintenant ambassadeur en Équateur.
« Gontran, mendiant et clochard ici !
Mais je rêve ou j’hallucine ? »
Est-ce ma Pénélope qui m’a mis sur sa route ?
Je ne me soucie plus de logis ni de croûte,
Christian veille sur moi comme un enfant
et me suit à la loupe.
Dans mon délire et ma folie,
mon vieil ami semble avoir tout compris…
« Tu ne quitteras pas Quito de sitôt,
je te garde ici et tu veilleras sur la maisonnée,
ainsi que sur Pénélope ! »

Hé oui ! Pénélope, c’est le nom de ma nouvelle tortue !
C’est Christian qui me l’a offerte
en cadeau pour mes cinquante-sept ans !
C’est le plus beau de tous les présents !
Elle est ma confidente, mon amie et mon ombre !
Seule Pénélope saisit toute la portée de ma détresse,
toute ma tristesse,
toute ma désespérance…
Elle est mon unique joie,
mon seul plaisir,
mon ultime planche de salut…
Ma seule raison de vivre !

Pénélope, non pas héroïne d’Hésiode ni de Tennyson,
Pénélope, non plus paysanne ni reine d’Ithaque,
Pénélope, c’est le nom de ma tortue !


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