agonia
francais

v3
 

Agonia.Net | Règles | Publicité Contact | Inscris-toi
poezii poezii poezii poezii poezii
poezii
armana Poezii, Poezie deutsch Poezii, Poezie english Poezii, Poezie espanol Poezii, Poezie francais Poezii, Poezie italiano Poezii, Poezie japanese Poezii, Poezie portugues Poezii, Poezie romana Poezii, Poezie russkaia Poezii, Poezie

Poèmes Personnelles Prose Scénario Essai Presse Article Communautés Concours Spécial Technique littéraire

Poezii Românesti - Romanian Poetry

poezii


 

Textes du même auteur




Traductions de ce texte
0

 Les commentaires des membres


print e-mail
Visualisations: 669 .



Marche sur le fleuve
poèmes [ ]

- - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - -
par [Françoise_Bujold ]

2015-05-11  |     |  Inscrit à la bibliotèque par Guy Rancourt





Nos chevilles ont suivi la savane qui nous menait au pays des fagots des manteaux des manchots

Dattes noires et fruits précoces qui picorez qui distillez notre face notre démarche notre sentier sans pudeur sans fadeur sans odeur sans heure

Vous avez tué nos aînés étouffés dans les noix dans les bois dans les croix dans notre foi

Et notre cœur gaulé coagulé mal couché mal mené n’a pas abandonné sa proie

Et nos créneaux de caustique et nos traîneaux mystiques ont ignoré la guerre

Laissez-nous pleurer
Laissez-nous nous vautrer
Laissez-nous haïr
Laissez-nous assassiner nous venger nous aimer

Laissez-nous avoir le cœur gros le cœur beau le cœur fou le cœur au cœur le cœur bon le cœur d’un bond le cœur d’un moribond

Nous sommes petits et muets
Nous sommes enflés et discrets
Et nous ne sommes pas instruits
Et nous ne sommes pas construits
Nous sommes enfleurés et non pas défleuris

Nous vivons un éternel hiver
Et nous fouillons nos jambes pour un printemps maladroit pour un soleil droit

Chaque année un chiffre s’ajoute à nos corps
Et nos yeux de faïence sont beaux encore
Notre regard de poupée est une fleur éclose
Nous habitons un en enfer dans notre porte close

Nous sommes hantés de failles de mailles qui courent
De déchirures et de blessures qui discourent
Et nous fouillons avec nos doigts un bateau fort qui coupera nos glaces

Par gentillesse nous ne sommes pas nés
Par gentillesse nous n’avons pas vécu

Et nos gestes bien élevés
Nous avons laissé partir les mains qui nous ont aimés.

Françoise Bujold

(Françoise Bujold in Liberté, Volume 1, numéro 2, mars-avril 1959, pp. 86-87)

.  |










 
poezii poezii poezii poezii poezii poezii
poezii
poezii La maison de la litérature poezii
poezii
poezii  Recherche  Agonia.Net  

La reproduction de tout text appartenant au portal sans notre permission est strictement interdite.
Copyright 1999-2003. Agonia.Net

E-mail | Politique de publication et confidetialité

Top Site-uri Cultura - Join the Cultural Topsites! .