agonia
francais

v3
 

Agonia.Net | Règles | Publicité Contact | Inscris-toi
poezii poezii poezii poezii poezii
poezii
armana Poezii, Poezie deutsch Poezii, Poezie english Poezii, Poezie espanol Poezii, Poezie francais Poezii, Poezie italiano Poezii, Poezie japanese Poezii, Poezie portugues Poezii, Poezie romana Poezii, Poezie russkaia Poezii, Poezie

Poèmes Personnelles Prose Scénario Essai Presse Article Communautés Concours Spécial Technique littéraire

Poezii Românesti - Romanian Poetry

poezii


 

Textes du même auteur




Traductions de ce texte
0

 Les commentaires des membres


print e-mail
Visualisations: 718 .



Les moussaillons
poèmes [ ]

- - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - -
par [Jeanne_Neis_Nabert ]

2014-12-29  |     |  Inscrit à la bibliotèque par Guy Rancourt




Les Moussaillons du Finistère
Sont les enfants du flot jaloux
Puisqu’ils vivent de son mystère
Et qu’ils meurent de son courroux.

Leur chevelure est toute blonde,
Le soleil dore leurs pieds nus,
Ils ignorent les lois du monde,
Leurs yeux tristes sont ingénus

Et lorsqu’ils ont sept ans à peine
On les revêt d’un lourd suroît;
Puis une barque les emmène,
Pauvres petits, blêmes d’effroi.

Le vieux pilote est si sévère,
Qu’il faut partir sans murmurer;
Mais le soir, blottis à l’arrière
Ils se détournent pour pleurer.

Cet infini les épouvante.
Ils sont blessés par les roulis,
Sur la planche dure et mouvante
Ils songent à leurs petits lits.

À l’alcôve, près de leurs mères,
Où fatigués après les jeux
Ils s’endormaient avec leurs frères
Pareils à des oiseaux frileux.

Maintenant par les nuits trop noires
Ils écoutent battre leur cœur,
Ils se rappellent les histoires
De trépassés qui leur font peur !

Et puis la mer qui les caresse
Finit bien par les consoler,
Ils vont au large avec ivresse…
Les petits gâs ensorcelés !

Alors souvent auprès des cales,
Espérant leurs enfants Jésus,
On voit pleurer des femmes pâles
Sachant qu’ils ne reviendront plus !

Le flot leur chante un dernier rêve,
Ferme leurs yeux sous des baisers;
On les retrouve sur la grève
Le front meurtri par les rochers.

Ou bien les vagues de mystère
Sont jalouses de leurs amours :
Les moussaillons du Finistère
Sous l’Océan dorment toujours !

Audierne, 10 août 1902

(Jeanne Neis Nabert, alias Sijenna, Humble moisson, 1903, pp. 18-20)

.  |










 
poezii poezii poezii poezii poezii poezii
poezii
poezii La maison de la litérature poezii
poezii
poezii  Recherche  Agonia.Net  

La reproduction de tout text appartenant au portal sans notre permission est strictement interdite.
Copyright 1999-2003. Agonia.Net

E-mail | Politique de publication et confidetialité

Top Site-uri Cultura - Join the Cultural Topsites! .