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La sémiotique du discours religieux. Questions concernant la poétique, la stylistique et la rhétorique du texte ecclésiastique
poèmes [ ]

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par [Danaia ]

2014-09-29  |     | 



Le discours religieux, défini par opposition aux types et aux sous-types discursifs identifiables dans la sphère culturelle profane, constitue un discours entretenu par une catégorie à part d’émetteurs et de récepteurs, dans les conditions d’une valorisation particulière de certaines fonctions linguistiques.
La question de la spécificité du discours religieux est traitée dans la littérature de profil en étroite relation avec l’objet de la connaissance (Dieu) et la finalité de cette connaissance ou ce qu'on nomme « cible illocutoire » (à savoir le salut des fidèles).
Un autre élément qui particularise le discours religieux est représenté par le « lieu social », dans cette situation-ci, l’espace de l’Église, en tant que contexte de l’actualisation d’un dialogue spécifique (à savoir le dialogue établi entre le fidèle et sa Divinité) et, implicitement, comme un contexte de la définition de l’être humain par rapport à la dimension sacrée. Ce genre de communication institutionnalisée à l’intérieur de l’Église (il s’agit d’une communication imposée et dirigée par une instance douée d’autorité et ayant le pouvoir de décision) légitime un discours essentiellement prescriptif et injonctif. Les énoncés circonscrits autour d’un pareil « lieu social » sont l’expression des actes de langage tout à fait particuliers (voir, par exemple, l’acte de la confession, de la pénitence etc.), qui composent à leur tour un rituel sociolinguistique (ayant des pratiques sociolinguistiques propres).
Il s’ensuit que le discours religieux implique une actualisation en conformité avec des lois sémiotiques propres, gouvernées par la nature intrinsèque, immanente du texte ecclésiastique, conçu comme une entité culturelle. Ces lois constituent en fait une condition sine qua non pour le fonctionnement adéquat du texte élaboré dans le milieu culturel religieux. Comme nous avons eu l’occasion de l’observer plusieurs fois au cours de notre travail, le caractère archaïque (le conservatisme) constitue l’une des lois sémiotiques fondamentales (voire la plus importante) qui gouverne « la construction », mais également la réception du texte religieux.
En conséquence de ces considérations, nous pouvons qualifier le discours religieux de discours spécialisé : la possibilité d’y identifier des marques stylistiques et discursives particulières, conçues comme des traits typologiques, légitime le concept en question relatif au domaine littéraire religieux.
Dans la présente étude, l’aire d’investigation a été plutôt circonscrite autour de l’espace discursif écrit , tel qu’il est illustré par des textes ecclésiastiques édités particulièrement sous les auspices du milieu confessionnel orthodoxe. Notre option se justifie étant donné que la question du discours religieux oral a constitué l’objet de recherche de quelques études récemment publiées ou en cours de publication (voir, par exemple, Sorin Guia, Discursul religios. Structuri şi tipuri, Iaşi, Editura Universității „Al. Ioan Cuza”, 2014) .
L’aire de notre recherche inclut : un manuel catéchétique moderne (un texte des années 90), le texte des Psaumes appartenant à une version biblique moderne de la fin des années 80 et un livre orthodoxe de prières (voir Izvoare, Rug. 2007). Autrement dit, notre attention a été retenue, d’une part, par un texte représentatif de l’aire culturelle scientifique (didactique), à savoir le manuel de doctrine chrétienne orthodoxe, et d’autre part, par deux écrits illustrant ce que l’on a nommé « code textuel esthétique » (le poème des Psaumes et la prière chrétienne).
Cette option est liée aux objectifs visés dans notre travail, à savoir : la définition d’un style/ discours scientifique par opposition à un style/ discours des belles-lettres, tel que ces deux types discursifs s’affirment dans les limites du cadre discursif religieux, mais également par comparaison à l’aire discursive laïque. Notre attention a été également retenue par la façon particulière dont s’institue la relation entre les deux champs discursifs-stylistiques (le champ scientifique et celui des belles-lettres) à l’intérieur du domaine culturel religieux, d’une part, et dans la sphère profane, d’autre part. Ces objectifs sont en fait subordonnés à la tentative de délimiter quelques-unes des coordonnées spécifiques de la définition du discours religieux en tant que discours spécialisé.
Le texte/ le discours catéchétique constitue l’un des contextes adéquats de l’actualisation de la soi-disant scène philosophique comme une scène de l’argumentation logique et rhétorique, une scène idéelle, un espace de l’articulation du processus de la pensée. Conformément aux exigences d’un texte scientifique, le concept d’« adéquation » en impliquera également d’autres, tels que : l’idéal de clarté et de précision, l’intelligibilité et l’accessibilité, tous ceux-ci valorisés en conformité avec les principes de la logique et de la raison. En fait, ce sont ces éléments qui rapprochent le texte didactique religieux de tout type de texte scientifique (didactique) élaboré dans le milieu culturel profane.
Toutefois, ce qui constitue la nature particulière du manuel catéchétique c’est justement un certain degré d’incertitude imposé par la substance à part qui est l’objet de la connaissance spécifique du cadre discursif religieux, à savoir la dimension transcendantale et la place que le sujet humain occupe par rapport à cette dimension. Dans ce contexte, au principe de la précision valorisé en champ scientifique laïque, afin de présenter des concepts, des théories, des définitions, etc., il correspond une certaine imprécision, justifiable par l’ambiguïté sémantique spécifique au texte religieux comme texte philosophique. Nous avons discuté à cet égard d’une reformulation discursive imparfaite, qui représente dans ce contexte quelque chose de très naturel : la complexité significative remarquable d’un écrit d’origine sacrée aussi bien que la capacité significative limitée de l’instrument sémiotique typiquement humain (le mot ou le geste) de couvrir l’aire du sacré en apportent des arguments.
L’association de la démarche rationnelle- argumentative et eds procédés stylistiques (mis au service d’un art oratoire) doit être aussi comprise dans les conditions d’une intertextualité spécifique, tributaire à son tour du caractère fondamentalement dogmatique du texte religieux (il s’agit d’une fidélité absolue à un trésor sémiotique primaire). Il est significatif que le nombre des métasémèmes construits indépendamment dans le texte catéchétique n’est pas trop grand. Autrement dit, la dimension stylistique s’articule dans le manuel de doctrine orthodoxe – de façon essentielle – par la subordination envers la dimension figurative constitutive d’un texte fondateur antérieur, qui est représenté par la littérature biblique, de même que par les écrits patristiques.
Le discours religieux esthétique suppose, entre autres, une actualisation sui generis des fonctions linguistiques. Ce qui particularise surtout cet espace discursif c’est justement une fonction liturgique-théologique (qui, dans certaines études de spécialité, est mal appelée fonction magique), dont la signification se précise en relation avec la dimension systémique du discours religieux, un discours qui affirme le mot fertile, efficace, autrement dit un mot ayant la capacité d’instituer une « modification contextuelle », moyennée par la force du Saint Esprit. Une pareille « modification contextuelle », en tant que résultat de l’intervention du Saint Esprit, est susceptible de s’exprimer aussi dans les termes du produit esthétique, qui est l’oeuvre d’art. La conception de l’art comme un acte inspiré (insufflé par le Saint Esprit) justifie la nécessité d’un décodage du message produit par la création esthétique religieuse – vue comme une valeur-signe – dans la perspective de l’« herméneutique du Saint Esprit ».
Nous signalons aussi l’actualisation tout à fait particulière de la fonction expressive ou émotive ; cet aspect légitime une redéfinition du concept du « genre lyrique » : dans le champ discursif religieux, nous assistons à un déplacement du centre de gravité sur la deuxième personne, qui correspond à l’interlocuteur divin.
Le poème des Psaumes aussi bien que la prière chrétienne, représentatifs de l’espace poétique rhétorique, impliquent un code de communication syncrétique, qui justifie pleinement la dénomination de textes-actes. Le syncrétisme – dans ses formes esthétiques (qui supposent l’association entre plusieurs arts, particulièrement la poésie, la musique et l’art dramatique) et non-esthétique (qui suppose la corroboration du code verbal par le code non-verbal/ gestuel et paraverbal) –, constitue plus qu’une modalité discursive efficace (associée à une force illocutoire et perlocutoire supérieures) ; cet aspect est susceptible d’être vu également comme une attestation du caractère archaïque de ce genre de création. Le même phénomène – cultivé intensément dans l’espace esthétique profane (particulièrement à l’époque postmoderne) – présente des motivations tout à fait différentes, étant l'illustration d’un ars æsthetica particulier, assumé et promu comme tel.
L’espace esthétique religieux relève d’un riche et complexe trésor sémiotique absolument inédit. Nous pouvons parler, dans cette perspective, d’une noosphère spécifique, condensée dans la substance de nombreuses structures figuratives sémantiques. Ces images fortement imprégnées de sens du point de vue religieux, portent, surtout dans le cadre discursif des Psaumes, l’empreinte d’une époque archaïque, d’un contexte temporel éloigné, dans lequel est placé le dialogue entre l’être humain et son Créateur.
La nature tout à fait particulière du texte sacré, un texte mis sous le signe de l’ambiguïté, de l’imprécision sémantique, par conséquent, d’une herméneutique à part, exige une adéquation spécifique des procédés stylistiques, employés au service d’une finalité spécifique (l’institution du contact avec la Divinité). C’est par rapport à une pareille réalité que nous devons comprendre, par exemple, le recours constant aux procédés tels que l’hyperbole, le paradoxe (en tant que figures de conjonction), ou aux soi-disant figures révélatrices anthropomorphes.
L’organisation dichotomique de la réalité (cf. ‛Dieu’ / ‛diable’, ‛bien’ / ‛mal’, ‛ciel’ / ‛terre’, ‛vie’ / ‛mort’, etc.) représente une autre caractéristique, qui se retrouve également au niveau des deux espaces discursifs religieux, où elle joue le rôle d’individuation de cet univers sémiotique par comparaison à l’aire littéraire laïque. L’aspect mentionné relève de la dimension profondément didactique du discours religieux, y compris du discours représentatif du code textuel esthétique.
Comme nous l'avons remarqué supra, l’acte esthétique promu dans le champ religieux se définit comme un acte subordonné par excellence à un idéal éthique et théologique. Ce type d’idéal est susceptible d’être formulé, en dernière instance, dans les termes d’une finalité de nature gnoséologique. Selon la même idée, sans qu’elles entrent en contradiction, les dimensions esthétique et éthique (théologique) coexistent, la première représentant en fait une modalité de promouvoir la seconde, sous une forme spécifique, conceptualisée.
Une poéticité à part dérive de la valorisation de la phrase solennelle, sentencieuse, dans des contextes aux structures avec des synecdoques ou/ et avec des métonymies. Un certain nombre de structures de ce genre évoquent, spécialement dans le cadre discursif psalmique, des constructions linguistiques primaires (archétypales), auxquelles on associe souvent un degré supérieur d’affectivité. C’est également un aspect conforme à la dimension didactique de la littérature religieuse.
Le profil stylistique et discursif de ceux deux types de textes littéraires esthétiques (religieux) sera encore plus complexe et plus objectif si nous tenons compte aussi de la composante dramatique. Ainsi, la définition du psaume de même que de la prière chrétienne comme des monologues adressés à Dieu est fondamentalement suggestive. Une certaine dimension dramatique est sans doute identifiable également dans l’espace lyrique laïque, mais cette coordonnée présente, dans les limites des créations lyriques religieuses étudiées, l’attribut de la constance ; ce trait doit être compris sans doute en étroite relation avec le dialogue capital et immanent de l’être humain avec Dieu. C’est un dialogue sui generis institué entre deux instances appartenant à des plans ontologiques asymétriques, qui s’actualise dans des conditions tout à fait particulières (inconnues à l’aire culturelle profane), à savoir dans le contexte de l’émotion religieuse et de la révélation. À son tour, l’institution de la communication entre l’être humain et Dieu suppose des formes spécifiques : les encomia intéressés (un type à part d’énoncés implicites), le recours à la stratégie de l’humilité, l’acte de la confession, etc.
Une démarche consacrée au problème de la construction vs de la déconstruction d’un texte, particulièrement d’un texte religieux qui illustre le code textuel esthétique, constitue un exercice utile et susceptible de fournir des arguments supplémentaires en ce qui concerne le profil idéal d’un pareil texte (ce qu’il faudrait et ce qu’il ne faudrait pas qu’un texte avec une certaine détermination stylistique et discursive représente). Autrement dit, une telle recherche prouve bien son utilité dans la mesure où elle peut soutenir l’existence de certaines lois sémiotiques propres, sous l’autorité desquelles doit se placer l’élaboration d’un texte (particulièrement, celle d’un texte religieux esthétique). Ces lois ne sont pas… «substituables » à des lois spécifiques au cadre laïque, ni à des lois spécifiques au champ non-esthétique. Toutefois, si « la substitution » se produit, celle-ci se fera au détriment de l’identité d’un certain texte ; cette substitution sera responsable du glissement dans l'altérité et, implicitement, de la déconstruction du texte en question : l’altération de la soi-disant « cible illocutoire » en constitue la preuve. Privé de toute une série d’aspects spécifiques, le discours nu sera plus fonctionnel, sa dimension systémique se perdra dans l’éclectisme des structures inadéquatement sélectionnées.





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