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L'Arche en ciel
article [ ]
extrait

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par [Reumond ]

2016-01-10  |     | 







Un drapeau blanc était dressé sur le champ de bataille alors qu’un arc-en-ciel sillonnait l’azur comme une trainée de poudre d’or. Hier encore, au bruit des canons répondait le cri des colombes jeté au feu comme des fétus de plumes pâles. Aujourd’hui, c’est un éclatement de joie qui monte des tranchées, c’est une proclamation de paix qui se répand comme un feu d’artifice. Hier, la mort étendait ses os secs, aujourd’hui le vin coule par vagues de grands crus, là même où le sang coulait à flot...

Ceci n’est qu’un rêve, bien sûr, rien qu’un songe d’une nuit d’hiver, parce que l’homo sapiens est à la limite de l’animalité, cela fait de lui un être d’ambiguïté ! et quoi que l’on dise, quoi que l’on fasse… nos états d’âme, d’esprit et de conscience sont donc « des états limites ».

C’est ainsi que le gout du sang le plus regrettable s’y mélange sans nuance au goût des crèmes les plus délectables, et c’est de même que la saveur du merveilleux y est directement mise en contact avec nos ombres les plus noires.

L’homo sapiens est donc un être de quiproquo, et c’est là sa nature biologique profonde, la source même de ses eaux troubles. Entre nos différentes structures cérébrales, qu’elles soient limbiques, reptiliennes ou corticales, se déploie la Terre des malentendus aux confins du Royaume des pas entendu du tout !

C’est un no mans land dévasté, un lieu de division et de contradiction à la mesure de nos démesures; c’est une éternelle ligne de front où l’on se ligue frère contre frère, un no man’s land sans beaucoup d’humanité puisque l’Homme véritable n’y est pas encore présent, ni « en corps » ni « en âme ».

Entre ces frontières ténues, entre ces espaces murés et ces barbelés protégés, ce ne sont que des zones de conflit défendues à corps et à cris, jadis à coup de crocs et de griffes, aujourd’hui à grands coups de démagogie et de mensonges mondialisés.

L’homo sapiens habite Equivoque, cette Cité infernale sur des terres sans nuance comme un désert sans fin, un océan sans fond, un ciel sans intériorité...

Plus qu’un être de boue (Adama) selon la genèse, ou debout (Erectus) selon l’Évolution des espèces, l’homo sapiens est avant tout un être de bouts, de « bouts de ficelle » comme disent les enfants. C’est-à-dire qu’il est un habitant des extrêmes, comme un adepte rigoureux, un obsessionnel du manichéisme, un maniaque des linéarités, des jugements à deux sous, des choix sans scrupule ni complaisance, il est donc en cela une créature des dualités sans juste milieu, sans entre-deux et sans compromis véritables.

Entre la droite et la gauche de ses hémisphères politiques (et cérébraux), entre délice et supplices, et à l’instar de ce qui se passe dans les différentes régions et territoires de la planète bleue, l’homo sapiens se présente à nous dans le miroir des jours comme un être de tranchées, un militant des opposées, un despote de l’ambivalence.

C’est la raison pour laquelle chez moi, chez lui, chez nous... les limites de l’imaginaire touchent aux limites de l’inimaginable, que ses fictions se situent au bout de ses réalités, et que le bon sens et le non-sens ont des frontières si communes, si fragiles, que les émotions négatives comme les bons sentiments y traversent le même gué à pied sans se mouiller la conscience.

Mais notre animalité mise ici en lumière ne fait pas de nous des bêtes sans avenir, mais bien des êtres se nourrissant d’ambivalences et d’équivocités, c’est notre nature profonde !

Les conflits d‘intérêts qui nous poussent à ne pas faire dans la nuance, à jouer de l’amalgame et du stéréotype comme on joue du pipeau, participent de cet état larvaire qui est encore le nôtre, et le processus de l’Évolution naturelle est loin d’être terminé !

L’homo sapiens joue sans cesse de ses confusions commodes et jouit plus encore de ses associations faciles et de ses jugements à l’emporte-pièce, préfabriqués sans aucune nuance pour protéger ses arrières et tailler ses devant.
Incontestablement, quand les intérêts prévalent sur l’intelligence et la sagesse, ils imprègnent tous nos états, nos discours et nos comportements. Parce l’homo sapiens n’est pas « un Imago » achevé, nos besoins de mammifère et nos réflexions simiennes s’imposent au corps et à l’esprit avec beaucoup plus de force et de virulence que toute morale consensuelle. Notre nature, celle qui revient au galop quand le printemps s’éveille, à l’image de cet instinct de vie qui est en nous depuis toujours, sont ce qu'ils sont, nous ne pouvons rien y changer, mais par contre, je peux évoluer moi-même en envisageant de continuer cette lente métamorphose faite de prise de conscience et de dépossession. Dans un premier temps, c’est semble-t-il une question de regard sur nous-mêmes et sur notre boîte noire. Mais la boîte noire de l’homo sapiens ressemble à une boîte à sardine autant qu’à un coffre à trésor !

Si ambiguïté est elle-même à la source de l’Évolution et donc de l’homo sapiennité, ce que je crois, en conséquence, il nous faut continuer à voir dans cette boîte de Pandore au contenu chaotique ou entropique, l’espérance et l’assurance d’un changement toujours possible dans une Humanité qui n’est peut-être pas encore là ni celle que l’on voudrait, mais qui reste malgré toutes nos frasques, tous les caprices de la vie et toutes les incohérences de la nature, une Humanité virtuelle, en puissance, comme il existe des arcs-en-ciel en suspens, des vaisseaux de pierre dans l’espace-temps, des portes du ciel et des étoiles… dont la réalisation reste toujours possible.

Terre promise, paradis, terre nouvelle ne sont pas des réalités locales et temporelles, elles ne sont qu’en esprit c’est-à-dire en rêve et en virtualité ; il y a donc là une confusion à la base de nombreux conflits géopolitiques et autres. Terre promise, paradis, terre nouvelle sont un appel à suivre pas à pas, une disposition à acquérir comme la vocation d’Homme. Ils sont de même une seule et même réalité, mais en chemin; ils sont des voies de paradoxe, ils sont en puissance… il nous faut donc inverser les perspectives entre la réalité et la virtualité, ne pas prendre pour droit et acquis ce qui n’est qu’un devoir de cheminer tout comme un devoir d’éternel migrant sur le chemin de la vie.

C’est justement là que nos attentes collectives, nos désirs et nos besoins individuels d’homo sapiens se jouent de nous, de notre appartenance aux clans, aux meutes animales. En jouant sur l’ici maintenant et l’immédiateté, sur le tout de suite, sur le local et l’indépendance, nous sommes en réalité les objets de notre biologie, les marionnettes de nos instincts et les pantins d’une arnaque mondiale entre les mains des riches et des puissants de ce monde en sursis.

(…)

Effectivement, on est peut-être très loin d’une humanité « arc-en-ciel » où la liberté, l’égalité et la fraternisation seront les piliers d’une humanité nouvelle, mais nous sommes en chemin !

Alors, pour promener au ciel nos sombres regards et transformer nos cœurs de bêtes en une ardente humanité, tel un Noé moderne, tout connecté au siècle nouveau, je rêve d’Arches en ciel bien plus féeriques que les antiques cieux ; tels des ponts jetés entre l’Imaginaire, le symbolique et le réel – tels des arcs libérés des contraintes de corps, de l’âme et de l’esprit - telles des voûtes cristallines protégeant à tout jamais la liberté, l’égalité et la fraternité.

Je rêve peut-être de nouveau, mais dans mes visions, L’Arche en ciel repose sur des mers en fleurs et des champs de coquelicots et de mots bariolés comme un sanctuaire coloré, faisant entre Terre et Ciel comme un pont jeté sur les océans et les fleurs des champs.

C’est ainsi que j’ai vu de mes propres vœux une voûte en forme de voilier sur la culée des horizons, comme un gigantesque navire lumineux aux multiples matures, avec des voiles aussi colorées et transparentes que les yeux des enfants, car dans le mot « Ciel » il y a aussi les substantifs « Essentiel » et « Potentiel », comme dans l’homo sapiens il y a déjà une grande part voilée d’humanité.

C’est la raison pour laquelle mes textes et mes créations plastiques se présentent de manière frontale, quelque peu symétrique, créant ainsi, d’une part « une typologie » singulière et d’autre part « une topographie » entre trois espaces qui restent imbriqués : la Terre, la mer et le ciel sous la forme d’une mise en scène plus ou moins statique.

Entre les mots et les formes, au premier plan, entre le champ sémantique et les fleurs des champs (coquelicots), des rideaux s’ouvrent, des horizons se déploient, dans une chorégraphie et une scénographie nouvelle entre les dimensions imaginaire, symbolique et réelle qui toujours nous dépassent.

(…)


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