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« PICASSO, Geneviève, un amour secret » 20 dessins, « 20 lettres d’amour »
article [ Arts ]
www.artcurial.com

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par [NMP ]

2005-06-22  |     | 



Photo : PROFIL DE GENEVIÈVE, 1951
CRAYON SUR PAPIER SIGNÉ, SITUÉ "ST TROPEZ", DATÉ "LE 29 JUILLET 51" ET DÉDICACÉ "POUR GENEVIÈVE" EN HAUT À DROITE 30 X 23 CM. 11.81 X 8.86 IN.

***

« PICASSO,Geneviève, un amour secret »
20 dessins, « 20 lettres d’amour »


en collaboration avec DUHAMEL FINE ART


C’est une histoire qui ne ressemble à aucune des histoires d’amour de Picasso, tant elle est singulière.
Leur rencontre date de la Libération. Paris, octobre 1944. Geneviève Laporte est jeune alors, si jeune qu’il n’ose que la regarder et …l’écouter. Ensemble ils parlent de littérature, d’art, de poésie ; il lui soumet ses dernières œuvres.


Geneviève disparaît pendant quelques années. Un long séjour aux USA. Ils se retrouvent en 1951. La petite lycéenne est devenue une femme. Une histoire d’amour débute, une histoire silencieuse, ignorée de tous, une histoire hors norme, hors du temps.

La vente du 27 juin raconte cette histoire, tout simplement. Car chaque dessin est une lettre d’amour. Sphinx, Mariée, ou Odalisque, aucun doute n’est possible sur l’emprise de Geneviève sur Pablo, mythifiée comme une femme aimée qui lui a toujours échappé.

A Paul Eluard, Picasso dira : « Elle m’a fait rire, elle m’a sauvé la vie ».

Les estimations se situent entre 1 500 000 € et 2 000 000 € pour cet ensemble.

QUI EST GENEVIEVE LAPORTE ?

«A l’origine », explique Geneviève Laporte, « mon avenir semblait tracé»: «un père cadre dans l’industrie chimique, d’une immense culture», une mère tournée vers les arts, amatrice de «chant et de peinture» . Une enfance heureuse ponctuée par les spectacles du Châtelet et les lectures précoces ; de brillantes études promettant Normale Supérieure, l’agrégation, l’enseignement.

«Septembre 1939, la guerre … Tout bascule. Mon père tombe gravement malade et meurt. J’obtiens mes deux baccalauréats avec mention. J’ai la chance d’avoir un professeur de philosophie extraordinaire… La notion de relativité forme mon intelligence », elle sera « un lien aussi secret que puissant avec Picasso » .

En 1943, Geneviève prépare Normale Supérieure et rejoint la Résistance. Elle intègre le Front National Etudiant. L’année suivante, elle est élue présidente, déléguée à l’Union des Étudiants Patriotes. En khâgne au lycée Fénelon, elle participe à la création du journal «La voix de Fénelon», reflet de l’idéologie de la Résistance. En 1945, un nouveau drame lui est imposé : « La mort brutale de mon grand frère, suite de son engagement dans la Résistance, me plonge dans une dépression qu’à l’époque rien ni personne ne sait soigner» . Geneviève doit interrompre ses études. Elle part en Haute-Savoie inaugurer un chalet destiné aux étudiants victimes de la Résistance. La paix est enfin signée.
Mais Geneviève va puiser en elle une énergie insolente, se «forger une armure aux couleurs du soleil» . Elle «fera de ses larmes prétexte à ses chansons» . A l’image d’une personnalité peu commune, un poète naît que salueront bientôt ses pères : Éluard, Cocteau, Audiberti, mais aussi Bachelard dont l’enseignement reçu en Sorbonne l’influence profondément.

GENEVIEVE LAPORTE RENCONTRE PABLO PICASSO

En 1944, Picasso participe pour la première fois au Salon d’Automne : soixante-quatorze de ses toiles sont exposées, essentiellement la période Dora Maar. Des visiteurs, choqués, boycottent l’exposition. Dans un Paris tout juste libéré, cet acte d’intolérance provoque l’indignation : Geneviève Laporte veut donner la parole à cet artiste dont elle ne sait encore que le nom. Elle va réagir par un article dans «La voix de Fénelon» . Poussée par ses camarades qui ont tiré son nom au sort, la peur au ventre, elle se rend chez Pablo Picasso, dans l’atelier de la rue des Grands Augustins. Elle n’a que 17 ans. Elle raconte :

«Alors que j’arrivai aux dernières marches … la porte s’ouvrit et j’entendis deux hommes échanger quelques mots d’adieu en espagnol. L’un d’eux me croisa et je me trouvai devant l’autre, alors qu’il allait refermer la porte. Je n’avais jamais vu de photographies de Picasso mais cet homme très maigre, coiffé d’un béret, au nez pointu chaussé de lunettes… la mine renfrognée avec laquelle j’étais accueillie, tout cela était conforme à l’idée que je me faisais du peintre. Prenant mon courage et mon élan, je lui récite à toute vitesse que je suis lycéenne, que je suis du FNE…etc.. et que je viens l’interviewer… Mon interlocuteur qui m’a écouté en silence, me fait entrer, referme la porte et me dis : ‘‘Je ne suis pas Picasso’’. Tout s’écroule !… je recule vers la sortie… lorsque ce monsieur ajoute : ‘‘Mais revenez demain midi : vous le verrez. Je le regarde, stupéfaite. Pour la première fois, il sourit… C’est ainsi que commença avec Sabartès une longue amitié qui ne prit fin qu’avec sa mort.»


Le lendemain, Geneviève revient aux Grands Augustins. Elle pénètre dans «le sanctuaire». La découverte de l’univers de Picasso tient du vertige. «Tandis que le silence m’étouffe et qu’ une ronde d’étranges sculptures où le bronze étincelant alterne avec la fonte obscure, m’assaille» , raconte Geneviève. Un homme apparaît, un sourire amusé dans une figure dorée par le soleil et qu’éclairent des yeux vifs, adoucis par des cheveux argentés : c’est lui, c’est Picasso.
L’accueil est chaleureux. Picasso essaie de mettre la jeune fille à l’aise. Elle se présente.

«Qu’est ce que je peux faire pour vous ?» demande-t-il.

«Monsieur Picasso, les jeunes ne comprennent pas votre peinture» risque Geneviève.

«Qu’est-ce que c’est que ça ? Depuis quand doit-on expliquer le langage de la peinture ? Est-ce que vous comprenez le langage des pommes frites ?» s’emporte Picasso furieux ; il arpente la pièce à vive allure en levant les bras au ciel.

«Comprendre ! poursuit-il. Depuis quand un tableau est-il une démonstration mathématique ? Il est destiné non pas à expliquer… mais à faire naître des émotions dans l’âme de celui qui le regarde. Il ne faut pas qu’un homme reste indifférent devant une œuvre d’art… il faut qu’il vibre…Le spectateur doit être arraché à sa torpeur, secoué, pris à la gorge…»

GENEVIEVE ET PABLO : L’AFFINITE DE DEUX POETES

«Lorsque le ciel et l’arbre perdent toute couleur,
que le jour se blottit dans les mains de la nuit,
qu’aux trompes du désert, s’éloigne le jeûne,
le soleil ébloui galope à l’horizon
devant la lune, louve aux crocs de silence.»
Geneviève Laporte, «Le soleil ébloui»

«Si tard le soir le soleil brille»
Picasso, dédicace à Geneviève Laporte

Deux personnalités de feu se rencontrent. Deux poètes se reconnaissent.

«Picasso est à lui seul un soleil», écrit Geneviève : «Il éclaire, brûle, consume et réduit en cendres tout ce qui l’approche, sans s’épargner lui-même» …Elle poursuit : « Le soleil sera présent entre nous depuis le premier jour ou presque. Lorsque je l’ai rencontré, il avait cette magnifique mèche blanche qui lui barrait le front … Du temps de la mèche, il me donna une petite photo avec la dédicace suivante : « Soleil caché au creux de la main » .

Picasso lui « apprend tout », lui « donne tout », « jusqu’à ses ailes de feu pour encercler la terre » .

UNE HISTOIRE D’AMOUR SINGULIERE

« C’est merveilleux de penser que lorsque je ne serai plus là quelqu’un qui m’a aimé dira des choses justes sur moi »
Picasso à Geneviève Laporte

Sur l’invitation de Picasso, leur conversation se prolonge chaque mercredi aux Grands Augustins . Le rituel est toujours le même : Geneviève sonne deux fois, il ouvre ; c’est leur code. Autour d’un thé, ils savourent l’innocence retrouvée du chocolat d’après-guerre. « L’amitié (qui) naît entre eux, ignorant le demi-siècle qui les sépare, s’exprime au cours de ces après-midi d’automne » . L’artiste expose son travail en cours et sollicite les commentaires de la jeune fille.
Picasso lui présente Éluard ; elle court les librairies avec le poète à la recherche d’éditions anciennes. « L’intérêt que ces deux hommes me manifestent me laisse perplexe » ; elle ne s’en croit pas digne.

Geneviève quitte bientôt la France pour l’Angleterre, puis pour les Etats-Unis où elle coordonne le FNE et vient parler de la Résistance. Regagnant Paris, elle entre chez Gaumont comme chef de publicité, et visionne tous les films produits par la société ; elle rencontre de grands réalisateurs : Becker, Bresson, Carné. Elle ne tarde pas à revoir Picasso.

1951. C’est une jeune femme que l’artiste retrouve. Il lui avoue la fascination partagée de leur première rencontre, son désir naissant pour cette « petite fille » dont la pureté l’éblouissait alors, « l’intimidation »,« pour d’autres raisons », fortement ressentie, face à l’adolescente …« Tu étais si jeune… Tu avais l’air si pure », se souvient-il ; «J’avais peur de te choquer et que tu ne reviennes plus … Je n’ai jamais osé t’approcher, mettre ma main sur tes cheveux…Tu ne peux pas savoir à quel point j’en avais envie» `

Bientôt, Geneviève «connaît le tutoiement de Picasso»…

Dans l’atelier de l’artiste, Geneviève est quotidiennement présente. Au fil des déjeuners, elle rencontre Aragon, Miro, Tzara, Masson.. Elle écrit sans cesse, et montre enfin ses poèmes à Picasso qui les soumet à Éluard : la jeune femme est « un vrai poète » conclut-il. Picasso lui promet d’illustrer ses poèmes. Naissent alors « Les Cavaliers d’Ombre », recueil qui paraîtra en 1954 accompagné de sept eaux-fortes de Pablo et préfacé par Audiberti. Bientôt Cocteau illustre le second livre de Geneviève : « Sous le manteau de feu ».

En compagnie de Paul et de Dominique Éluard, les amants passent l’été à Saint Tropez : cet été 1951 sera « le bel été de Pablo ». Sur la plage des Salins, de passage à L’Escale, dans la maison qu’ils occupent rue des Bouchonniers, l’artiste multiplie les dessins de Geneviève et les lui adresse amoureusement. Nombre d’entre eux portent la dédicace « Pour Geneviève ».

En 1953, alors que Françoise Gilot le quitte, Picasso propose à Geneviève de venir s’installer avec lui à Vallauris. Elle refuse de le suivre. L’évidence de leur amour tient d’une précieuse impossibilité que Geneviève ne saurait rompre. Les amants se séparent.

Geneviève Laporte se livre :
«Comment atteindre, en effet, ce domaine si secret qui s’appelle l’amour de Picasso et comment en parler sans se livrer ?… Je cherche le passage et ce n’est pas ma mémoire qui s’y refuse…Comment oser écrire, en effet : ‘‘ je crois avoir été le seul amour profond et vraisemblablement le dernier amour de Picasso ?’’»

20 DESSINS, « 20 LETTRES D’AMOUR »

« Au fond, il n’y a que l’amour »
Picasso.

«Le dessin n’est pas une blague », affirmait Picasso à Geneviève : « c’est quelque chose de très grave et de très mystérieux qu’un simple trait puisse représenter un être vivant. Non seulement son image mais, plus encore, ce qu’il est vraiment …
Geneviève justifie l’artiste à posteriori : « Je me suis aperçue que je me mettais à ressembler intérieurement aux portraits qu’il avait faits de moi il y a vingt ans. Voyance extrême de sa part ? Ou empreinte magique du dessin sur moi ?»

Derrière chaque dessin qu’il réalise de Geneviève, transparaît un geste tendre, se devine un regard ébloui, pointe une anecdote qui tisse la réalité amoureuse.

Le trait démasque l’homme : c’est un amant timide, attendri, délicat, généreux, un amant « apprivoisé par l’amour » , que le dessin révèle. Cette période de l’œuvre de Picasso – période que le musée de L’Ermitage a appelé, exposant alors pour la première fois ces dessins qui s’échelonnent sur six semaines , « l’époque Geneviève » ou « l’époque tendre » – porte en elle la marque d’un changement. Les dessins de Geneviève, explique Pierre Daix, « annoncent le passage à un art « désengagé » où Picasso va peu à peu réévaluer toute son expérience face à la tradition classique, passage qui a déjà commencé en 1950 avec Les Demoiselles des bords de la Seine … et va s’épanouir dès la fin de 1953 » .

« Dans certains de ces dessins » explique Geneviève Laporte, « il se représenta lui-même parfois sous la forme de l’amour, tantôt l’amour peintre, tantôt l’amour tendant un miroir à la femme.

…Ce qui me toucha le plus dans cette série, c’est qu’elle me semble constituer, à l’intérieur de l’œuvre de Picasso, un des rares moments d’où tout grincement est exclu. Ces dessins ne sont que pureté, tendresse…amour. »

Celui que l’on imagine « entretenant avec les femmes une relation hautaine et méprisante, amoureuse et passionnée, ancestrale et lisible dans le rituel de la corrida », – ne confond pas ici « le lit et l’arène » . L’artiste ne dit pas son désir de posséder l’amante, mais exprime bien plutôt la distance qui le sépare de la jeune femme aussi présente qu’inaccessible : dans un rapport d’égal à d’égal, le dessin restitue son sens véritable à l’érotisme même.

Pour Geneviève Laporte, qui a chéri ces dessins toute sa vie en les gardant près d’elle, cette vente est une façon de parler de Picasso comme d’un homme tendre, généreux, sensible et attentif.

Le portrait du 30 août raconte la tendresse d’un après-midi amoureux : « Picasso souhaita faire un dessin alors que j’étais allongée sur le lit, dévêtue », raconte Geneviève ; « le sommeil me gagna. Par un réflexe machinal, je tirais draps et couvertures et je disparus. Le pauvre Picasso, ainsi privé de son modèle, n’osa pas me réveiller. Il attendit patiemment que j’ouvre les yeux pour poursuivre son croquis ! »

Source Internet :
Artcurial, explore art on the line

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