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Betty Rojtman, Une rencontre improbable, Gallimard, 2002.
communautés [ écrivains israéliens d`expression francaise ]
Christian Delacampagne: A la recherche du sens

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par [marlena ]

2005-06-10  |     | 



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C’est un soir de grisaille dans les rues de Paris. A un carrefour, vous ne savez plus dans quel sens aller. Vous arrêtez la personne pour lui demander votre route. Il se trouve qu’elle va dans la même direction que vous. Vous marchez donc en bavardant et, soudain, quelque chose, à l’improviste, survient. C’est agréable et, en même temps, inattendu. Cela pourrait s’arrêter là (rien de grave), tout comme cela pourrait durer (pourquoi pas). Lorsque vous arrivez à la station de métro où vos chemins se sépareront, il vous faudra choisir: ne jamais vous revoir, ou bien échanger vos adresses ? Dans les deux cas, il y a un risque : le risque de regretter - ou celui d’être déçu. Lequel des deux est le pire ? A semblable question, il ne saurait y avoir, bien sûr, réponse définitive. Mais la question, elle, est une vraie question philosophique - et fort ancienne, qui plus est (rappelez-vous Dante perdu en sa forêt). C’est une question qui ne met pas seulement en jeu le sens de l’orientation, ni même celui de l’existence, mais qui concerne aussi le sens du sens. Autrement dit, le sens tout court.
C’est donc à une méditation sur le trop (et, parfois, le trop peu) de signification de l’aventure humaine que Betty Rojtman nous convie dans ce livre qui (si l’on excepte un travail initial sur le théâtre de Becket) constitue son quatrième essai – et le plus accompli jusqu’ici. Qu’on ne cherche pas, sous prétexte que l’auteur est universitaire, de lourdes dissertations linguistico - sémiologiques. Par caractère Betty Rojtman serait plutôt portée à la rêverie, aux (fausses ?) confidences, à l’introspection. Elle a choisi un chemin solitaire, en tout cas singulier. Elle a surtout choisi un ton, reconnaissable entre milles. Car si son écriture possède un charme incontestable, ce charme vient précisément de ce que, tournant le dos au pédantisme, il lui suffit d’un rien (le souvenir du tableau de La Tour, d’un verset de la Bible ou d’une phrase de Breton) pour faire surgir des images qui en disent plus que de longs discours, et pour ouvrir des pistes inexplorées dans l’analyse de problèmes qui ne datent pourtant pas d’hier.
Des relectures de la Gradiva de Jensen et de son commentaire par Freud, de nouvelles de Henry James et de Heinrich von Kleist, d’un texte de Aristote sur le « merveilleux », et des fragments de Barthes, sans oublier quelques références à Nietzsche et au Talmud, déterminent ainsi, selon une géographie subtile, le parcours de ce livre dont la justesse tient au fait qu’il réussit à demeurer aussi près que possible de l’expérience vécue de la « rencontre » - rencontre avec un être humain, avec un lieu de prédilection ou même avec l’histoire (avec un grand H). Rencontres qui changent nos vies ou bien qui, à l’inverse, nous laissent un arrière goût de frustration ? La vérité est que les deux arrivent, et que Betty Rojtman, à juste titre, ne voit guère de raison de choisir un parti plutôt qu’un autre. Tout se passe comme si, pour elle, l’important finalement résidait, moins dans l’acte même de la rencontre (on en fait de toutes sortes) que dans la promesse unique dont toutes nos rencontres, bonnes ou mauvaises, sont l’écho. Promesse toujours en retrait, qui ne se réalisera sans doute jamais, et qui n’a d’ailleurs pas d’auteur identifiable, mais qui a été faite à chacun de nous, et qui demeure, envers et contre tout, notre principale raison d’espérer.

(Le Monde des Livres, 17 mai 2002)

Betty Rojtman : essayiste ; titulaire de la chaire Katherine Cornell de littérature comparée à l’Université Hébraïque de Jérusalem ; a publié e. a. Le pardon de la lune - essai sur le tragique biblique (Gallimard, 2001) et Une rencontre improbable – équivoques de la destinée (Gallimard, 2002).


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