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Je n'aime pas les extrêmes !
prose [ ]
je suis un être médian, un homo sapiens de médiation

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par [Reumond ]

2014-10-09  |     | 











Avant toute chose, pardonnez-moi de sortir du cadre et de m’étaler en questions sans réponse et en mots en partie affranchis ou tout au moins dégagés ; mais je n’aime pas les extrêmes, on ne peut s’y jeter que dans la gueule du bout !

Avant toute chose, pardonnez-moi de sortir du cadre et des marges pour m’étaler en questions sans réponse et en mots en partie affranchis ou tout au moins dégagés ; mais je n’aime pas les extrêmes, on ne peut s’y jeter que dans la gueule du bout !

Au faîte des choses, je préfère les centres où l’on peut s’étendre de long en large comme en vacances, et j’aime ces entre-deux où pousse la fleur des chants, entre le son le plus aigu et le ton le plus grave; c'est ainsi, faute d'être un Homme digne de ce nom et de cette majuscule, véritable et pourquoi pas vénérable, je suis un être médian, un homo sapiens de médiation !

(...)

Oui, entre nous, j’aime tout particulièrement les métacentres et les hyper centres, ces bonnes terres du milieu où les artistes et les écrivains comme des explorateurs peuvent rôder en toutes latitudes et traquer les mots et les couleurs en toutes longitudes.

Partout où l’extrême fait des siennes, les marges contraignent les porte-plume, les frontières sèment la terreur, les armes fixent les termes et les balises, les clôtures enferment le dedans au dehors et le dehors dans des geôles infâmes. J’adore plutôt ces no man’s land où les artistes peuvent peindre simplement des nuages en forme de cœur, où les poètes peuvent chanter des sentiments indéfinis et les enfants jouer aux enfants, en toute liberté, tels ces enfants qui jouent au foot "sans ballon" dans le film Timbuktu de Abderrahmane Sissako.

Je hais les extrêmes, alors que les dictatures s’en nourrissent, j’abomine les extrêmes alors que les pouvoirs s’en régalent. L’absolutisme y fait son nid pour engendrer toutes formes de ségrégation et de discrimination. En ces lieux extrêmes, des dieux extrêmes construisent de monstrueuses cités (des monstruo-cités) où poussent comme l’ivraie les isthmes de toutes extrémités : fanatisme, laxisme, totalitarisme, autoritarisme… de tristes réalités qui limite la fiction.
Dans l’épaisseur des choses, je préfère le recentrage, les lieux de passage et les corridors pleins de courants d’air qui ouvrent sur l’avenir comme des portes de secours. Aussi, je déteste les marges qui contraignent les porte-plume et les canons qui tirent des projectiles, nous brident comme des mors, nous tiennent ou nous retiennent comme des lois divinement inspirées par le pouvoir, le capital, le savoir ou la volonté de contrôler.

Certes, j’ai une sainte et saine horreur de tous les dogmes institutionnels, qu’ils soient religieux, académiques, universitaires, artistiques ou autres ; j’exècre donc toutes ces règles qui dé - terminent ce qui est beau, juste, bon ou vrai, en des principes moraux ou des objets et les choses servent de règle ou d’idéal pour tout un chacun.

J’ai mal aux définitions qui finissent le sens, car tout extrême est une fin en soi qui n’abreuve nullement ma faim d’infini ; tout extrême est comme une terminaison nerveuse qui souffre le fantômes (cf. douleurs fantômes) sur le corps d’un moignon. Au terme d’un voyage, c’est un terminus de trop ou un terme trop tôt comme aux confins des choses c’est toujours une borne de trop !

(...)

« The end » toujours m’attriste ; alors la joie au cœur, je rêve d’autres scénarios sans fin où l’éternité flirterait avec le cinéma, où les livres et le théâtre de la vie seraient une expansion infinie de scènes sans queue ni tête ; mais mes rêves et mes espoirs quels qu’ils soient ne sont-ils pas des extrêmes en moi ?
Là où la bête et la bêtise se confondent souvent l’extrême est roi ! Les radicaux de part et d’autre manquent peut-être d’intelligence ou d’imagination, on pourrait le penser ! Comme des ados frustrés, de gauche ou de droite, les extrémistes pourraient-on croire ne sont – ils pas des indécis qui toujours cherchent leurs propres limites à travers nous ?

Ainsi la perfection à des odeurs superlatives et les convictions bien tranchées des puanteurs extrêmes, parce qu’au bout de tout, le nec le plus ultra ou le comble de toute chose sera toujours un extrême, un trop-plein ou un trop vide !

Le centre, c’est là où l’âme et le cœur peuvent se croiser pour partager, là où la moelle des choses se loge à l’intérieur dans les entrailles même de l’extériorité. Ne suis-je pas moi-même à moitié plein de vides et mi-vide de plein ?

Je pense à tous ces extrêmes qui éprouvent ma vie, du dedans comme du dehors. C’est entre autres pourquoi les extrémistes et fondamentalistes de tout bout me font « peur » ! En quoi me ressemblent-ils ? Ne suis-je pas moi-même dans le déni, une sorte d’extrémiste du milieu, un fondamentaliste de l’entre-deux qui s’ignore ? comme une sorte de fanatique de la liberté ou un pervers du non-extrême, oui, un sombre prédateur de l’indéterminisme ?

(...)

Jacques (1) a dit «Mea culpa, c’est ma faute, c'est ma faute, c’est ma très grande faute d'orthographe… », car c’est une réalité ma-thé-ma-ti-que, le nez collé au tableau noir, l’enfant ne peut distinguer clairement les fautes. De même, le nez sur nos multiples écrans, nous prenons le risque de ne plus bien voir ! Le recul s’impose donc une nécessité pour avoir une meilleure vue d’ensemble ! Les murs de la classe, les grilles de l’école, les limites de la ville ne sont-ils pas de trop, alors que tout l’Univers conspire à s’étendre, et respire à s’épandre au plus loin que puisse nous mener la pensée, pour nous laisser la place afin d’aimer.

Alors que l’école et la vie buissonnières nous appellent à rêver large et libre, derrière son pupitre, l’enfant respire la colle blanche à l’odeur si caractéristique, c’est dans l’azur un nuage en forme de "girafe".

Décalcomanie – il aspire à des préaux sans lignes closes, mais l’odeur de la craie le ramène sur l’estrade, au pied du maître, le nez au tableau, alors qu’il aspire à respirer le grand large. Alors tans pis ! il défait ses ailes ailleurs, il ouvre ses portes au ras des nuages et s’envole encore jusqu'au prochain retour.

Le Temps et l’espace, c’est en quelque sorte le recueil des reculs possibles, c’est un flot d’heures dans l'entonnoir sans fond de l’impossible, et un flux de gamètes colorés pour ensemencer le Monde. Le passé et le futur n’y sont pas des extrêmes, mais des bandonéons pour danser quelque tango argentin avec les vents qui fusent de partout.

Le recul ne s’impose pas, il se dispose, il me dispose à voir avec un certain recul, à cultiver avec une certaine vision ; c’est ce que les spirituels entrouverts aux ouvertures nomment poésie ou philosophie. Toute naissance, connaissance et reconnaissance de l’autre dispose de la même manière un espace entre Je et Tu, pour qu’un discernement de recul protège des fusions mortifères et des étouffantes confusions auxquelles les extrêmes abreuvent les nécessiteux.

Car les zones d’incertitude, les réservoirs pleins d’inconnus (ues) insécurisent les extrémistes de tous bouts ; le doute, les ambiguïtés, les hasards… sont pour eux insoutenables ! Pourtant, le recul est un processus comme une procession. Il n’y a pas de véritable vie à vie et pas de dialogue authentique sans ce jeu virtuel de tous les possibles.

Comme le retrait d’un coït interrompu, le recul n’est pas forcément un rejet ou une lâcheté, mais plutôt un acte de courage, de lucidité ou même un acte de sagesse. Avoir le recul nécessaire sans se laisser coincer entre des mors trop étroits favorise la vie, le mouvement et l’être ; l’ouverture et la tolérance, c’est une certaine vision de la vie, des êtres et des choses que l’aveuglement des extrêmes ne permet pas !

(...)








(1) Jacques Prévert ne pouvait pas sentir tout ce qui aurait pu lui rappeler les geôles et les divers lieux d’enfermement. Il avait particulièrement l'anticléricalisme en bandoulière et une sainte horreur de l’autoritarisme, de tout conformisme et des ismes (les ismes sont bien trop souvent des voies sans issue !) les plus absolus. C’est pourquoi il n’aimait guère les garants des multiples institutions. Institutions qui lui ont d’ailleurs bien rendu en le récupérant, tout en occultant le réel dégoût que le poète avait pour les valets du pouvoir, les prêtres, les policiers, les militaires…







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