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Poezii Romnesti - Romanian Poetry

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Zoom (extrait)
prose [ ]

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par [Reumond ]

2011-09-18  |     | 




(…)

La question qui taraude Alexandre depuis sa confirmation, en 1984, quand Monseigneur Labille lui imposa les mains pour recevoir l’Esprit Saint, pourrait se réduire à ces quelques mots, ces trois simples mots, comme pour dire trois personnes simples :

Comment photographier l’invisible ?

Ce jour-là, en la basilique Notre-Dame d'Espérance de Charleville-Mézières, le regard de l’adolescent était perdu parmi le miroitement et les jeux de lumière des vitraux, et en particulier celui de la résurrection.

Pourquoi la lumière qui traverse les vitraux, si beaux soient-ils, vient-elle toujours de l’extérieur ? Se demandait-il, quand l’Évêque après avoir étendu les mains sur lui, interrompu sa réflexion en prononçant les paroles rituelles :

« Sois marqué Alexandre de l'Esprit-Saint, le don de Dieu ».

À grand renfort de flashs, tous les parents photographiaient la célébration, mais les yeux oints par du Saint-Chrême voient-ils plus loin que les objectifs tournés vers l’événement ?

Ce sacrement rend-il plus clairvoyant et moins stupide ?

La véritable lumière viendrait-elle toujours de l’intérieur ?

L’exemple excellent, en serait l’image du saint suaire de Turin ; ce linceul sacré aurait été créé par le rayonnement émanant de l'Homme lui-même ! L’homme y serait sa propre source, sa propre origine née de toute origine, produisant l’image rayonnante figurant sur le Saint-suaire comme sur la perspective d’une humanité en devenir; la diapositive d'une humanité en marche !

Ce vitrail de lin, c’est l’image même de l’homme virtuel, qui est déjà là, mais qui paradoxalement, n’est pas en corps.

L’être imprimé sur le Saint-Suaire de Turin, égalerait la plus merveilleuse des photographies prise au moment même de sa résurrection.

Une sorte d’instantané de l’homme transformé en profondeur par l’épreuve, en preuve vivante de la résurrection.

Comme un vitrail qui explose pour se recomposer tesson par tesson toujours plus beau, comme le phénix renaissant de ses cendres encore plus chaudes et colorées, le corps du Christ se serait de même dématérialisé pour se rématérialiser instantanément autre.

Tout autre, autrement, dans un ailleurs probable, laissant derrière lui, une histoire, un flot de paroles, des bonnes nouvelles et sur ce linceul, ce drap d’amour, l’empreinte indélébile d’une trace photographique unique de celui qui est, une image tridimensionnelle qui vaut bien tous les signes et toutes les photos du monde par sa transparence; clarté générée par toutes les énergies de l’amour mise en branle dans la création.

Comme pour souligner dans un jet de lumière, un feu d'artifice pour les générations à venir, afin que l’on sache par l’alpha et l’oméga, que tous négatif peut se transformer en positif.

Toutes les particules élémentaires, protons et neutrons, s’exprimant ainsi dans une seule prière symphonique et lumineuse, celle des ondes électromagnétiques et des rayons gamma, pour attester que l'esprit est au cœur de la matière et que la matière elle-même est au cœur de Dieu, une source lumineuse.

(...)


DE LA LUMIÈRE


Que la lumière soit !

Prenez votre juste temps de pose ; que les yeux s’ouvrent,
la persistance rétinienne fera le reste, l’illusion de continuité satisfera vos sens et votre rétine le temps qu’il faudra.

Même si l’image semble plate, elle respire encore, la lumière la travaille de l’intérieur !

Elle ne clignote pas, je ne cligne plus et pourtant, la vie passe, l’univers s’épand, les gens bougent, le mouvement continue, c’est la vie, visible et invisible…, même si mes neurones, objet de toutes les tensions du monde, ne remarquent rien, rien c’est toujours quelque chose, autour de nous et dans l’ailleurs, il y a toujours quelques riens, quelques photos qui sont tout pour nous !

Alors que les obturateurs obtus se taisent !

Vous avez beau pâlir de peur ou pire rougir de honte, tous les naturistes et nudistes des régions tempérées le savent, quand le corps prend la lumière, quand il se pend à la lumière, la lumière prend corps, c’est ainsi depuis la nuit des temps où tout était lumière !

Comme la peau respire à l’air et se charge de vitamine B pour la plus belle des patines de bronzage, la pellicule elle-même se pigmente d’un léger voile, qui dit une présence.

Et la lumière fut, fuse, fume…, la surconsommation mondiale d’images à travers tous les médias, révèle combien est profond ce besoin de représentations ; partout flashs et stars disent notre soif de luminosité et de transparence.

Si le créateur lui-même sépare la lumière d’avec les ténèbres, c’est qu’il avait nécessairement quelques notions de photographie, et que le photographe également à quelques idées de ce qui est divin !

C’est dans le secret des cœurs et dans celui des chambres noires, et seulement là que les ténèbres brillent comme la lumière que la vie peut naître.

Si la lumière qui est en nous est un guide fidèle, alors la photo mettra en lumière ce qui est essentiel.

Gloire à la lumière qui met l’ombre en relief et louée soit la pénombre qui nomme Lumière son sauveur !

Ce qui forme l’un, crée l’autre, pour que la première luise dans la seconde, même si certains hommes préfèrent le noir à l’admirable lumière, la vie mettra toujours en lumière ce qui est caché.

Si la photographie est ma lumière et mon salut qui est Dieu et où est-il ?

Comme les mots se font doux au contact de l’amour, d’où vient cette lumière qui enveloppe la pellicule d’un manteau lumineux. Belle, douce est dorée, elle est la lumière des icônes, celle de la parole qui fait vivre, la lumière du réconfort, de l’espérance

(…)

La poésie comme la photo sont des sentiers graphiques, des chemins d’humanisation ; mais entre nous, où est le chemin qui conduit à la vraie lumière ?

Où se divise-t-elle entre l’intérieur et l’extériorité ?

Où se trouve la véritable lumière qui ne trouble pas les paupières ? La lumière inaccessible qui demeure fidèle, surtout dans la nuit la plus profonde ?

Quand je serais chômeur comme un Dieu repu de création, en cette belle fin de semaine constructrice, je sais que ce jour de shabbat, quand je n’aurais plus besoin de flash, ni d’aucune lampe, je me passerais de zoomer ; je serais devenu éclatant, incandescent, parce que dans mon labo photo la lumière rouge est bénéfique et sanctifiante.

Si l’œil du photographe est sain, alors son corps jusqu’aux objectifs sera dans la lumière, entièrement éclairé par une vérité tout intérieure, une pure intériorité qui est pellicule en soi, comme la lumière du monde.

La photo donne corps à des choses, elle leur insuffle la lumière comme un souffle vital ; et nous renvoie à nous même, pour toucher notre propre film, à notre propre fin, nous révélant à nous-mêmes.

Une lumière venant du ciel resplendit, mais ne serait-ce que l’effet des réflecteurs qui dispensent dans l’invisible leur mystère lumineux ?

Si les photographes sont des enfants de la lumière, alors qu’ils soient aussi des lumières pour le monde ?

Tout, tout autour de nous, est prise de vue et prise de vie, c’est-à-dire une prise de position. Alors, nous laisserons nous émouvoir par les images ?

L’objet de nos prises de vue, va-t-il nous attendrir, nous rendre sensibles comme une pellicule compatissante ?

Serons nous en définitive, les zoomeurs zoomés et les chasseurs chassés, fragiles et humbles de la pellicule, ou resterons-nous de marbre blanc comme la paillasse d’un labo photo ?

Pour les sujets et objets figurant sur toute photo, l’homme constitue la principale menace, il est un prédateur de pellicules, car la photo est un être à part entière produit par un photographe qui est lui-même un être particulier, solitaire, ombrageux et lumineux, tout à la fois, qui va, zoom faisant, là où les autres ne vont pas, qui prend son temps de pose, alors que les autres passent.

Dans son désir de faire du sujet, du réel, comme la mère qui ne sort jamais sans sa fille, pour affronter les vides de la vie, le photographe ne quitte jamais son domicile sans son appareil, il va zoomer l’endroit, zoomer l’instant, où aucune âme ne va à par lui, car il se croit téméraire, comme tout aventurier de l’instantané.

Couvrant des reportages, des événements…, en des panoramas que couvre l’objectif, zoomant à perdre la raison ; le photographe est-il toujours conscient qu’il fixe pour l’éternité, un petit fragment de l’univers, comme un tesson de la réalité de la Réalité, en un instant infini ?

Pour que l’objet s’expose, quand les écluses des obturateurs laissent passer la lumière, c’est le temps à l’arrêt pour l’espace qui se pose.

Les zooms se nourrissent-ils des émotions, comme l’œil de l’exhibitionniste se nourrit des troubles qu’il suscite ?

Il faut gratter profondément la photo, avec des ongles acérés, jusqu’à l’usure, pour percer le voir du cliché. D’abord, la couche mate, brillante ou satinée, la fine pellicule de protection, celle de nos préjugés, enfin, nous devons griffer plus en profondeur, pour dégrader et trouer le papier lui-même ; afin de passer outre les apparences, au-delà des clichés trompeurs, en évident les évidences, enlevant la couche de leurre, les stéréotypes les plus sûrs, pour voir par transparence paraître la lumière, jusqu’à l’intériorité réelle, au verso de toutes choses.


DU CLICHE

(…)

Attention, on ne bouge plus !

Lorsque le photographe prend son appareil photo en main, prend-il véritablement sa vie en main ?
Quand il saisit entre ses doigts fébriles, son objectif, qu’il le pivote dans tous les sens, est-il toujours conscient du sens ?
Lorsque le photographe prend en main son appareil photographique, est-il de la graphie
prend-il véritablement sa vie en main ?
Il entre dans la vie et en réalité comme on entre dans les ordres, mais saisit-il toute l’importance du geste ?

Entre objet, objectif et objectivité, et sujet, subjectif et subjectivité…,
derrière l’appareil ou devant l’objectif, entre le viseur et la cible, comment se positionne-t-il ?

Masturber le zoom, d’avant en arrière, est inutile, et cela rend aveugle, il faut plutôt entrer dans la dimension spirituelle ou philosophique de la photographie, pour bien en comprendre l’essentiel, afin de convertir son regard à la lumière pour percer le voir d’un cliché trop facile ou trop évident.

Il entre en réalité et affronte comme David avec sa fronde, toute la complexité des choses ; tels les choix de la vie, avec toutes leurs données familiales, politiques, socio-économiques, culturelles et religieuses, administratives ou purement opérationnelles :

-Quel regard faut-il avoir sur tel sujet, tel objet ?
-Quelle pellicule faut-il employer et de quelle sensibilité ?
-Lumière naturelle ou artifice – flash ou projecteur ? Quel éclairage pour faire et défaire les ombres nouées de lumières ?
-Quel angle d’éclairage, quel plan et quelle perspective dans la vie ?
-Quel projet et quelle ouverture de cœur et de diaphragme ?
-Quelle durée d’exposition pour telle distance ?
-Quel format et surtout quand cliquer ?

Et il en est de même pour toutes les questions existentielles et toutes les relations humaines !

Entre nuances chaudes ou froides, recul ou nette avancé, netteté et flous artistiques, toutes ces questions peuvent mettre très mal à l’aise l’humain le plus résolu comme le photographe le plus expérimenté. Elles peuvent embarrasser jusqu’aux plus sages et même arrêter jusqu’aux plus fous.

Face à l’objectif et à la complexité de l’univers des choses, dans les choses de l’Univers, en toute incertitude, existe-t-il des réponses à toutes ces inconnues ? Même si le sphinx se faisait tirer le portrait, il n’aurait aucune réplique à ses propres énigmes.

Face à notre inconnaissance de la réalité et à l’autonomie de la lumière éclairante et de l’homme pas toujours bien éclairé, est-il toujours possible de maitriser toutes les variables ?

La relativité et la relation entre tous les éléments en « Jeu » quand ils ne sont pas en « je », montrent comment ils peuvent affecter l’un ou l’autre choix de vie, et nous conduire ainsi à devoir sans cesse réguler, moduler…,

Action, réaction rétroaction, de médiation en remédiation, revoir les objectifs, les filtres, et changer de regard.

(…)

Entre les diapositives et le papier glacé, pourquoi et comment modifier tous nos clichés, tous les stéréotypes ? Il me semble indispensable, aujourd’hui, de remplacer le zoom du quotidien par un téléobjectif singulier.

Compliquée, mystérieuses…, la vie comme la photo, nous fait entrer en je et en tu, avec tous ces les éléments physiques, psychologiques et même spirituels, contenus dans la lumière et ses jeux d’ombres.

Depuis le jour où nous sommes nés, ou pire, parvenus à quelques réussites, la photothèque et la cinémathèque de notre disque dur personnel sont impressionnantes - mais quand faisons-nous !

Entre le non-dit des images et le trop suggéré, y regarder de plus prêt, voir plus loin que le bout de notre objectif, au loin, ailleurs, survoler du regard, se souvenir et prévoir ; le zoom, le panoramique, comme la mémoire, sont nécessaires à toutes les opérations de l’esprit, comme à celle de la photographie.

À travers les générations, le film conspire contre le tirage sur papier, la mémoire nous fait défaut ; les photos égarées signifient le manque, et témoignent des carnations de l’ombre ; le pays des clichés perdus symbolisent l’oublie ou le déni…,

Entre négatifs et positifs, la pellicule se la joue belle ; dans leurs bacs, le révélateur est toujours trop dilué et le fixateur trop instable.

C’est ainsi depuis que les images s’exposent à la ressemblance !

En plan rapproché, le cliché peut signifier la chair de l’autre, mais il atteste aussi d’une absence ! Il est l’ombre d’une obscure absence, dans la lumière trop voyante d’une présence par défaut.

Image ou ressemblance…, la photo ne dira jamais rien de la véritable incarnation, l’instantané le plus admirable dissimulera toujours la divine présence.

C’est toujours par contumace que le photographié se présente !

(…)


DE L'INSTANTANÉ

C’est parce qu’elle est brève cette extraordinaire vie, que chaque instantané est précieux comme un diamant bien taillé, comme un trésor enfui au plus profond des polaroïds.

La vie, cette aventure hors de prix, on ne peut la vivre que dans un flash, et la saisir que dans la splendeur d'un éclair fulgurant ; tel un instant inconcevable ; une éternité telle qu’elle brouille les cartes de la durée et tous les clichés sur l’existence, en rendant cette vie si particulière qu’on pourrait presque y croire !

Comment ne pas rater son cliché, ne pas gâcher sa pellicule en cet instantané de vie ?
Comment ne pas louper, entre l’objectif et la pellicule, cette image d’un moment favorable, cette grande beauté en ce laps de bonheurs ou de malheurs infinis ?

Comment ne pas passer à côté de cette première et dernière chance, inoubliable, en cet unique instant d’opportunité, qu’il en fait pleurer les yeux, pour mieux saisir tout l’enchantement d’un émerveillement sans fin .

Lâcher prise, zoomer à l’aise, respirer, arrêter le zoom, tourner la bague, cadrer le sujet pour le laisser filer et vivre de sa propre vie ; vivre dans cette dimension de l’espace, créant la perspective des ailleurs comme ultime profondeur de l'instant.

Comment ne pas perdre son temps, le temps d’un clic, d’un déclic, pour ne pas faillir à la condition même d’un photographe trop humain, trop fragile, dans la preuve noire, sur blanc d’une épreuve réussie ?

Brillant ou satiné, l’instantané, c’est la « Photo » dans tout ce qu’elle a de plus nu, criante, dans ce qu’il y a de mieux dans l’heure et dans l’intervalle ; dans l’infime communion des nuances entre les lumières et les ombres, les vides et les pleins, les mouvements et les rythmes…, qui font ensemble que l’Œuvre est unique et achevée.

L’instantané, c’est comme une icône, comme une porte ouverte sur l’autre , une tout autre perception immatérielle et intemporelle de l’homme et de l'univers ; c’est la situation et la condition consubstantielle d’une rencontre entre impressions, événements, circonstances, en des lieux donnés en partage autour d’un temps à l’arrêt.

L’instantané c’est un temps d’élection ; c’est l’opportunité absolue d’une occasion qui ne se présentera plus jamais ; comme un amour, un moment hors jeu, hors normes et hors marges, en un point fulgurant de convergence et d'inflexion.

En un point de rupture de l’espace-temps, une illumination et un basculement décisif dans l’éternité, qu’aucun cadre ne peut enfermer.

Dans l’instantané il y a quelque chose du kairos, de l’ombre au-delà des ombres, et de la lumière au-delà de la lumière, entre un avant et un après, c’est une transfiguration de l’objet en sujet, le travail du verbe, le point de convergence de tous les points de repère de l’ailleurs ; c’est l’éclairage au-delà de la matière, un ensemble d’éléments qui captent la bonne lumière, comme le cri angélique des pixels.

L’instantané c’est un moment d’égarement ou (et) de folie ! Car exister simplement ne peut suffire, il faut créer du réel avec toutes les déficiences de la réalité, et créer de la réalité avec tous nos propres manques.

Montaigne l’écrit dans ses Essais,

« Pourquoy prenons-nous titre d’estre, de cet instant qui n’est qu’une eloise (un instant) dans le cours infini d’une nuict éternelle et une interruption si briefve de nostre perpétuelle et naturelle condition ?

Ne pas être créateur en cette vie unique, revient à exister comme objet de rebut, à séqu’estrer l’être en nous, pour ravir la vie en soi.

Funeste Destin que de se contenter d’exister au lieu d’être son propre lieu de création, sa propre source créatrice, son propre lieu d’origine dans un instantané lumineux qui dit l’infini de l’être.

Les photographies et clichés dits instantanés sont obtenus par une exposition de très courte durée à la lumière de Dieu ; des auteurs comme Maître Eckhart, Tolle, dans Le pouvoir du moment présent, le souligne avec insistance ; vivre l’instant présent c’est faire de toute sa vie « un instantané », être présent au Monde et aux autres, exige cette présence à soi-même ; et dans l’éternité de l’instantané, le photographe répond à cette invite du ciel, à cette vocation première, comme à une sollicitation pressante qui monte de la terre, une envie impérieuse de respirer la vie.

(…)

Même si la vie semble un rien dans l’infini qui dépasse notre entendement, pour celui qui est peu ouvert à la lumière, comme un diaphragme atrophié, la vie est quelque chose qui est comme un néant dans l’éternité des ombres sans lumière.

Face à l’inconnaissable réalité quotidienne et l’inconnaissance du réel, il y a urgence à vivre d’instantanés qui ont le goût du miel et la saveur du lait.

Comme un fond d’écran, qui serait celui de la vie même, il nous faut voir toutes choses sur un fond d’infini aux couleurs d’éternité.

Dans le temps infini de l’instantané, la vie est un instantané court et bref comme un pet d’ange dans l’éternité ; un flash fugitif qui se réduit à une étincelle dans l’immensité de la Voie lactée.

La vie ne serait-elle qu’un soupir fulgurant comme un cri dans une nuit sans lune ?
C’est parce qu’elle est brève qu’elle est belle ! En elle, il n’y a pas de hasard, mais rien que de la lumière et des ASA (1) pour la capter.

(...)

(1)Américan Standards Association (ancienne classification pour la sensibilité des pellicules).


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