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Mâle Brough s\'en va-t-en-guerre...
prose [ ]
Une rivière coulait sous sa peau, il la nomma « Amère » puisqu’elle ne parvenait pas à le désaltérer.

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par [Reumond ]

2011-04-29  |     | 



Une rivière coulait sous sa peau, il la nomma « Amère » puisqu’elle ne parvenait pas à le désaltérer.

En vain, il avait déjà fait deux fois, « Torrent de Vie », un programme spécifique donné aux États-Unis, puis dans toute l’Europe, pour restaurer la personne dans sa vie affective.

Ayant appris que j’avais moi-même participé en 95, avec deux autres intervenants, à Bruxelles, au lancement de ce programme en Belgique, et cherchant un lieu de psychothérapie personnelle, pour parler de ses souffrances et de ses dépendances sexuelles, Job, nommons-le ainsi, vint sonner à ma porte.

De rives en dérive, de fantasmes en délires, tout autour de Job, était raz de mariées ! Ne pouvant plus rien contrôler, comme un gigantesque flux de vagues déferlantes, il était au bord de la dépression.

Reconnaissant sa profonde « impuissance », paradoxe d’un pauvre diable, face à ses propres démons, et cherchant un chemin de restauration "spécifique", entre la cure psychanalytique et la cure d’âme, Job était ouvert à tout chemin nouveau qui s’offrirait à lui.

« Je suis dépendant du sexe » me dit-il, sans broncher, « Comme d’autres sont accros de la montagne ou de l’alcool »

La référence à « La montagne » était signifiante, comme toutes les références à des « mamelons » qui sont d’emblée des pistes à parcourir, des images à décoder, des associations à distiller de l’or, des pentes à gravir, côte à côte, des perspectives avec de beaux chemins à sillonner.

Sur le chemin d’Emmaüs où sur la route de Compostelle, la présence ne marche pas "à côté" des disciples, mais en eux pour faire chair entre eux ! Ils ne vont pas vers le temple, mais vers eux-mêmes !

Ainsi et comme toujours, chaque histoire personnelle est faite de beaux paysages à visiter ensemble, de routes à explorer, de mythes familiaux à approfondir , de lieux à révéler, et de croyantes portées à même le dos courbé, de nouveaux visages aussi, pour croiser ou dénouer les chemins; et surtout, surtout de gens, de gens qui deviennent au fil des rencontres « des personnes uniques », des fils de rendez-vous, des liens, comme faits pour la rencontre et l’ouverture !

C’est toute la grandeur et la misère d’un homme à l'affût qui venaient de sonner à la porte de mon cabinet ; comprenant après 50 ans de battus, de chasses à courre de jupons, que tous ces cors, les uns enchâssés aux autres, ne parviendraient jamais à éteindre son feu interne, à calmer ses nuits, à étouffer et à chasser ses bruits intérieurs, ses souvenirs douloureux, ses expériences heureuses ou malheureuses, avec toutes ces contradictions et peurs du changement…,

Dragueur invétéré, Job ne draguait que de grosses mines explosives !

Sa quête était celle d’un homme lui-même pourchassé !

Courir après quoi ?

Après qui, exactement ?

Quel fantôme fallait-il dénuder ?

Quels jupons spectraux animaient son âme de grands froufrous stériles ?

Les pensées de Job étaient méandreuses comme en d’impossibles labyrinthes.

Job restait mû et emprisonné par cette pensée magique que « la prochaine » serait toujours la dernière, et la bonne aussi, l’Affaire majuscule de sa pauvre vie minuscule; tel un coq de bassecour qui batifole la plume au vent et cabriole de volière en nids-de-poule, Job chutait, car chaque expérience était en creux !

Sisyphe chaque fois retombant de ses hautes sphères, de ses rêves les plus fous, comme dans un cauchemar, Job grimpait sur tout ce qui bougeait, gravissant des créatures plus ou moins ravissantes, brunes ou blondes, rousses ou autres…, tout ce qui soulevait de la poussière de femme, mesdames, tout ce qui berçait des odeurs de féminité…, toutes, avaient sans exception aucune, son attention et ses pressantes intentions:

Un voile, un corsage, un pied, un regard, une bouche…, et c'était la folie ! Il vivait aux déhanchements des formes ; coquette ou pas, à quel sein se vouer corps et âme, telle était sa question ?

Grandes perches ou petits bouts de femmes, tel un Procuste, les coucher dans son lit pour se mesurer à elles, était pour Job une nécessité vitale !


Comme un alpiniste fiévreux, il montait sur les femmes les plus rigides, s’accrochait aux plus charnelles, gravissait toutes les poitrines de filles, de mères, pour conclure son affaire, avec un sentiment de victoire, par de longs râles paroxystiques, attestant haut et fort, qu’il était parvenu au sommet de l’orgasme, comme on sailli un Cervin, après avoir escaladé ses propres difficultés !

Conquête de terres promises à l’entrecroise des chairs suantes, courtisant agressif, souvent menaçant, il connaissait tous les rouages du chantage affectif et tous les nœuds des corps de femme. Escaladant les reins, franchissant les membres épars, parcourant de long en large l’objet de ses désirs, à coups de griffes, de langue, pour y planter en fin de compte, son drapeau, avec un air triomphateur qui ne trompait pas les miroirs.

Il fréquentait les prostitués, pratiquait avec brio le harcèlement téléphonique, plantait sa tente durant des jours sur certains sites Internet ; complotant, tramant en cachette, mais il le savait bien, il ne trompait que lui-même et quelques bons Anges complaisants.

En me parlant, comme sur un champ de bataille, il se remémorait ses faits et ses méfaits, les maux devenant mots, et les paroles des chants, comme dans un air populaire :

Mâle Brough s'en va-t-en-guerre, mironton, mironton, mirontaine ;
Mâle broute s'en va-t-en-guerre, couchant et découchant,
Au chant du coq, au coucher du soleil, à la pleine lune…,
De lits en chaumières, et de femme en flamme,
Ne sait comment il reviendra, et quand il reviendra, de drap en drap,
Ne sait s'il reviendra ...

Chaque jour était pour lui, celui d’un combat avec ses propres démons, d’un débat avec lui-même et sa propre conscience ; hic et nunc, il ne supportait plus attendre, voulant tout, tout de suite, Job était sans cesse à la recherche du sein des seins, pour combler ses besoins, apaiser sa chair de créature insatiable, la peau tendue comme les voiles d’un bateau, il naviguait la vie avec son sexe.

Désirant de tout son corps, tout ce qui était en creux ou en relief, en noir ou blanc, gros ou mince…, tout était « Bon » pour atténuer sa faim, ramollir ses veines, et calmer pour un temps ses pulsions viriles.

De récidive en rechute, d’échecs cuisants en pénibles revers de médaille, depuis quelques années déjà, il recherchait une aide, une prise en charge psychologique ; comme le cerf qui recherche la biche, c’est-à-dire lui-même.


Épilogue


« Qu'il me baise des baisers de sa bouche ! »

«Mon bien-aimé est semblable à la gazelle, ou au faon des biches…,»


Durant une année de rencontres hebdomadaire, en mâle dominateur comme pour cacher ses pauvretés et ses faiblesses masculines, il se montrait belliqueux ; les sens en éveil, toujours aux aguets, jamais satisfait…, comme hanté par un passé qui continuait malgré ses efforts réels à faire de l’ombre à son présent.

Durant nos entretiens, le "Cantique des Cantiques" me revenait sans cesse, ce texte biblique m’habitait comme on est habité par une présence aimante, tout comme l’amour abrite l’amour tout contre lui !

Si la psychanalyse a justement pour but essentiel de réaliser l’homme en nous, c'est-à-dire de le rendre plus réel en assumant les inévitables manques, la cure de parole que nous avons pratiquée ensemble, comme on pratique une poésie pleine de métaphores et de jeux symboliques, à permis à Job par la suite, de laisser tomber pas à pas, ses protections trop rigides ; par l’esprit même des mots dits, par le verbe conjuguait en « Je », et par la communication de l’unique en lui et entre nous …, tout à concouru de la cause à la grâce, à faire découvrir à Job, son intimité profonde et son unicité.

Retrouvant l'origine de ses blessures comme on recouvre la vue, reconnaissant cette genèse, les faits et leurs conséquences, s'acceptant ainsi pour mieux aller de l'avant...,

Au fil des mois, l’altérité semblait s’installer, révélant le vrai Job, et cette dimension infinie, éternelle qu’il semblait avoir fuis durant tant d’années, dans une transparence et une intériorité où l’image de sa mère, quand il avait 12 ans, semblait avoir laissé des traces indélébiles.

Comme une imprégnation tenace, une forme de fixation qui était en train de se dissoudre.


Depuis trois ans, sur ces traces, nous avançons, l’un et l’autre, à reculons, avec respect, comme sur une terre sacrée, pour ne surtout rien effacer de ce que l’amour à blessé et de ce que la tendresse à laissée.

Progressivement, le cri du cerf en rut avait laissé place au cri du faon blessé, puis, mot à maux, larme après larme,les émotions laissaient place elles-mêmes à des paroles curatives, comme le lait et le miel coulent sur nos plaies, comme plongées en de chaudes sources thermales.


"Montagnes et collines, chantez et dansez de joie", car le vrai Job arrive !

Sinaï ou bien Falaise, l'écho dit toujours la vérité toute entière, pour que les mots libèrent des maux !

Regarde devant toi Job, écoute l’écho de l’espace-temps, admire et contemple-la, la vie !

« Je suis celui qui est » dit le « Bon Lieu », et là où « tu es toi » Job, je suis pour que tu sois !



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