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Extrait de «Châteaux intérieurs»
prose [ ]
la dialectique des portes

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par [Reumond ]

2009-08-24  |     | 



Conclusion

Combien de livres ont été des portes sur notre chemin de vie et combien de portes se sont entrouvertes, rien que pour nous, avec brio ou en sourdine, se déplaçant par magie, s’ouvrant sur d’impossibles rêves, comme dans un livre de contes, de quoi rester éveillé toute la vie.
Au moment de sortir de ce livre, par cette porte-ci, à la fin de la scène, après un pèlerinage de 60 années de domiciliation sans aucun domicile fixe, je suis toujours là, avec mes soixante-trois années de porte à porte.
Je me tiens debout, ce qui convient à l’homme de boue que je suis, un terreux un peu fragile, mais toujours en éveil, surveillant les portes autour de moi comme on examine avec intérêt un jardin de château, un atelier d’artiste, une salle de musée, un salon de courtisanes ou un cabinet des curiosités.
Au bord des mots, au pourtour des images et des souvenirs, au seuil de ces maisons qui respirent encore en moi, je me tiens appliqué, respirant moi-même une dernière fois à plein poumon, les odeurs libérées en ces lieux fréquentés par des âmes en recherche de sens ou de paix, dans ces pièces toujours habitées d’un passé ancien et pleines de ces va-et-vient auquel je participe mystérieusement. Franchissant ces portes de lieux sacrés et profanes où tout subsiste au creux des murs et des parquets comme en mes propres neurones, je parle au nom des bouches d’aération.
Après la mort des uns, le départ des autres, de nouveaux venus, des tris, des déménagements, des réaménagements …, tout est resté sens, présence, prescience comme persistances, intériorité plus réelle que matérielle, tout est là à portée de portes. À vous en particulier ou de sortir de là, mais avant tout écoutez moi.
Avant de sortir par la petite porte arrière d’une conclusion jamais achevée, j’aurais envie de vous dire ceci, dans la singularité d’un entrebâillement intime. Entre deux portes, j’ai envie de vous dire quelque chose de ces entre-ouvertures par lesquelles je vous ai laissé entrer ou mis dehors dans un moment de mauvaise humeur, ou accueillis un jour ou vous étiez perdus. Je vous ai montré mes demeures, mes collections de mots, mes images et métaphores dans les iris bleus de mes iris bruns, sculptant pour vous tous des portes dans l’azur du ciel et ouvrant toutes grandes les portes de mon cœur pour transformer cette ouverture palpitante en œuvre d'art.
D’un chapitre à l’autre, d’une maison à l’autre, de l’extérieur à l’intérieur, inversion acceptée, ces portes furent entre nous un commun dénominateur, une porte commune qui me porte à croire que les douze portes de ces douze demeures sont liées entre elles et entre nous par un fin fil d’or, presque invisible au sens, mais tellement perceptible au courant d’air qui s’y perce sa route, comme pour en bercer le sens.
Raie de lumière dans la toile du temps en de célestes labyrinthes, portes de pierre, porte de bois ou portes de chair, porte des amours partagés, j’ai toujours trouvé porte à mon pied en ces espaces que je voulais ouverts sur le Monde et la vie.
Comme il nous faut bien passer par des épreuves pour entrer dans la vraie vie, combien de ces portes ont été des initiatrices, des inspiratrices des épouses et accompagnatrices d’entrées et de sorties, comme au théâtre des jours ; des preuves par neuf qu’elles sont à la levée du rideau, des lieux de passage, sinon des hauts lieux de partage. Pour vous j’ouvre les portes de mon cœur et transforme celles-ci en œuvres d'art.


La dialectique de la porte

« Au commencement, Dieu créa la porte, pour entrer dans le Monde des hommes sur la pointe des pieds. »

Lieu par excellence d’ouverture, de fermeture, de médiations et de négociation, nos portes sont liées à nos peurs de l’envahissement, à notre sentiment de rejet ou même d’abandon.
Portarius, la porta, la puerta, la porte, vrata en croate …, quoi de plus banal, de plus commun qu’une entrée de garage, de plus courant que la porte d’une maison, de plus anodin qu’une porte avec la clé sous le paillasson ou sous un pot de fleurs ?
Une pièce de menuiserie tellement ridicule sur le plan formel, mais tellement porteur, car l’insignifiance peut souvent cacher des signifiants qui sont des portes sur d’autres portes sur d’autres portes, comme un jeu de portes et de miroirs vers d’autres choses. Ainsi pourrait-on dire que la porte est le symbole des symboles.
Ce qui est quelconque pour les uns n’est-il pas exceptionnel pour d’autres, portes porteuses de souvenirs, d’images de passages, de commémorations d’arrivées imprévues, de débarquements, de sorties fracassantes ou de départs émouvants.
On reconnait une porte à ses fruits. On raconte même dans les trous de serrures que les portes des dieux s’ouvrent sur celles des hommes et inversement, donnant ainsi accès à deux voies, dont Janus avec sa double face est l’image de chair, chemin de bénédictions et de malédictions, porte des enfers et porte des cieux.
Le passage de la terre au ciel s'effectuant dans la médiane, il nous faut mieux marcher d’en l’entre-deux, dans le compromis, sortant des tentations primaires d’un dualisme sans solution, où le mal est à gauche ou bien devant, et où le bien est à droite ou derrière.
La bonne ouverture s’ouvre à la boucle du dôme, par la grande porte du soleil, qui symbolise la sortie du cosmos, juste devant chez moi, entre la haie de ligustrums bien verts, oléacées vivaces et rustiques qui me sépare des mauvais voisins et les hortensias de mon épouse qui m’associe aux bons prochains.
Pour revenir à la porte, à l’ouverture, c’est comme par où passe l'axe désaxé du Monde, le trou de la coupole, de la parabole, de la tente sacrée, du temple trois fois saint, du trou de la mémoire, des courants d’air entre le trou du c… de l’infini et le trou de nez de l’éternité ; c’est aussi, disent les spécialistes ès portes (de celles que l’on exporte jusqu’aux portes des étoiles), le sommet de la tête, la porte du troisième œil qui larme pour ne pas couiner, au risque de réveiller l’homme de sa torpeur mortifère.
C’est dans tous les cas de déclinaison de portarius , la porte étroite, cette que l’on cherche tous un jour de notre existence, comme une issue probable de secours, donnant accès au Royaume de Dieu ou des Cieux, au bonheur ou bien être, selon les convenances et les traditions. C'est ce qu'exprime un verset contesté de la bible des cuisiniers, quand elle parle du passage du steak de dromadaire au madère par le petit trou de l'aiguille de la lorgnette.
La porte peut se faire « le cadre », ébranlé, chambranlé même, d’autres souvenirs, d’autres passants d’un jour, outrepassant leur droit, de passagers calfeutrés de la nuit, de voyageurs de l’infime et de l’intime de l’entre-porte, pour entrer dans la vie, ou de l’ultime pour en sortir, qui sait peut-être même pour toujours, car passer une porte à « toujours » du sens, quel que soit l’humour et l’on a ou le sens que l’on prenne pour entrer ou partir.
D’ailleurs, les clenches pourraient vous les raconter de belles histoires, en oscillant de haut en bas, pour répondre « oui » ou « non » à vos bêtes questions existentielles ou à votre stupide curiosité bien trop humaine.
Que de portes entrouvertes, de loquets levés trop tôt à l’aube ou abaissés subrepticement, trop tard, déclenchés par surprise aux nids des flagrants délits, aux niches des pudeurs ; enclenchés en France ou clinchés en Belgique, sur des scènes de ménage ou de crime, des tentatives de poésie, d’évasion, d’infraction ou de suicide …
Oui, anodine peut-être, mais vous voyez bien que la porte est toujours porteuse de sens ; même les plus anodines, sont porteuses de sens pluriels : elles portent à croire, portent à rêver, portent à voir … toujours plus loin que tous les portiers de palace à étoiles pourraient y songer aux tourniquets fous des Hilton de par le monde. Même les concierges et autres cerbères de service, ne peuvent l’imaginer, cette réalité porteuse de sens, même les gardiens de portes de prison, ne peuvent répéter ce que portes se disent dans les entrebâillements à bouche décousue. Même les portes des cellules les plus cachées dans l’isolement le plus cachot, se disent au divan des lambris, comme les patients se disent chez leur psychanalyste, et les pénitents au plus sombre des églises.
Sûrement qu’il y a des portes « Top Secret » et des portes trop secrètes que tous reconnaissent comme des lieux sacrés de « Visitation », de sainte habitation et même d’initiation, des passages et portes privés, de rien, parcourues par des courants d’air de l’Esprit de Tout. Qu’il vienne le vent et s’en aille, la vie a toujours raison de fluer, de s’ouvrir vers d’intrépides béances.
Dans une maison sans âme, ans esprit, les portes sont condamnées d’avance, elles se dessèchent et meurent travaillée par les vers, la poussière ou l’humidité; car l’âme d’une porte c’est son esprit d’ouverture, et l’essentiel dans cette ouverture, cette bouche de maison comme il y a des bouche de métro, c’est d’y faire jaillir l’eau, la fraîcheur, le sourire, d’y faire surgir les fleurs à fleurs de blessure, de conflits, et de nouer ou renouer des contacts, nouveaux autant que diversifiés.
Passer pour passer, sortir ou entrer en tant que tel, n’a pas beaucoup de sens ou même d’intérêts, ce qui est Essentiel, avec Majuscule bien sûr et point sur le Ciel, c’est « le chemin » que l’on prend, « le passage », la porte d’où porter son regard pour mieux porter des fruits, de porte en ouverture, comme une vigne émondée se gorge de raisins déployés à profusion, là justement où la blessure révèle l’être au cœur du fruit, où pépins et noyaux disent la vie ; dans la fissure de l’entrebâillement des portes, il y a toujours de l’espoir !
Poignées de cuivre, poignée de fer, de laiton ou de bronze, elles en ont serré des mains, des petites menottes d’enfants ayant difficile de les atteindre, et de grasses mains de cuisinières à l’ouvrage, des mains tremblantes à l’aube de quelque moment important ou au soir d’un grand départ pour un ailleurs incertain.
Poignées de fer, j’irais droit en enfer, poignée à poing fermé par un désir de non-retour, poigné à pleines mains d’amis dans l’abondance fraternelle, poignées ouvertes sur l’accueil quand le portier passeur, se fait semeur de grains.
Poignées de porte sans garde et sans pommeau, que l’on tient à main nue comme poignée d'épée pour toucher droit au cœur, poignées ensanglantées, poignées que l’on retient la valise dans l’autre main, comme une poignée de frein.
Certaines poignées de porte se sentent spécialement disposées pour être tenue par plusieurs mains, comme l’espagnolette de l’amour se fait poigner de toutes extrémités se prenant les poignées à deux mains.
Les portes s’ouvrent, le rideau se lève, la scène s’éclaire comme jaillie le soleil au lit de l’horizon : théâtre, opéra ou cinéma, l’ouvreuse se donne à aimer, à distribuer les places assises. Au spectacle, la porte est reine ! Articulée ou désarticulée elle reste sensible aux scènes, à la beauté et aux décors. Elle connaît tout du répertoire des drames, des trames de l’amour, du sérieux des choses de la vie, des thrillers, des policiers, des films d’action, des moments épiques, des instants d’épouvante, du rouge et du noir, des comédies à la pointe de la mode, des dessins animés, des drames de l’amour à raz les manettes …, après des poignées de porte résistantes, combien de poignées de main chaleureuses, fraternelles, amicales, cordiales entre deux portes de salon, deux coups de pistolets, deux baisers, une scène de lit, derrière des portes entrebâillées.
Les manches, les anses, les bords et les poignées de porte connaissent nos gestes par cœur de main… Combien de gestes habités par la peur, la rancœur ou l’envie, combien de poignées de main récalcitrantes ?
« Le portail du Monde est au bout de Ma Plume » dit l’Ange, « le péristyle de l’Univers est à la fine pointe de mon porteplume » lui répondit le poète.
Ainsi depuis la nuit des encres, Anges et poètes, messagers de l’Amour, écrivent-ils ensemble, entre deux portes, dans la cour intérieure des grands espaces séraphiques.
Mon porte-bonheur sur les genoux je vous écris, et si vous n’êtes plus là, que le vent lui-même répande mes réflexions de porte en porte.
Je me souviens bien de l’entrée de ma caverne, il y a juste quelques centaines de milliers d’années, entrée sans porte aucune ouverte aux vents et aux envahisseurs, avec ses bacs de mots fleurs où je cultivais mes premiers poèmes sur mes premiers recueils de cailloux.
Je me souviens, hier encore, à la campagne, au fond des jardins, les portes de toilettes, de cœur à cœur découpés dans le bois, se parlant de tout et de rien, entre deux nouvelles colportées par le papier journal, découpé en carré, pour essuyer les fesses des hôtes de ce lieu.
Je me souviens, qu’il en est des portes comme de la métaphysique, passer leurs limites, les outrepasser, c’est de l’ordre du paranormal, c’est comme d‘entrer dans un nouveau paradigme, celui de la méta construction, une menuiserie à la mesure d’un Saint Joseph, avec ses linteaux en guise de ciel, et ses montants pour soutenir les linteaux sur des lisses bien encrées pour soutenir les montants. Ainsi se déploient l’horizon, les perspectives, les points de fuite sur des centres de gravité bien incarnés comme des planchers, telles des hanches d’une ballerine du Bolchoï.
Le berceau est là, à portée de seuil, à la périphérie de ces maisons et de ces corps célestes où les signes du Zodiaque vous font signes en décrivant votre caractère unique, grâce aux énergies représentées par les planètes et les maisons qui correspondent à des domaines de votre vie quotidienne.

« Toc, toc … »
Quand on fracture une porte, c’est nos os même que l’on fracture, tant les choses, les objets et sujets sont liés dans l’Univers. Quand on frappe à une porte, c’est dans l’embrasure même de nos chairs que toutes les portes se répercutent, coups après coup, tam-tam des corps de portes, des corps de garde, cohorte des tambours de bronze, des gongs de gonds, pour la retransmission d’un message, pour l’annonce d’un évènement heureux, d’une visite tant attendue. L'entendez-vous en vous, ce battement sourd, ce tambourinage d’âge en âge, de poings en nage sur un bois suant de bruit ? L’entendez-vous ce cognement impressionnant, ce rythme régulier en nos veines, remplissant l’air de ces sons de portes ébranlées et branlantes ?
À distance, même avec interphone sophistiqué, les portiers électroniques ne sauveront ni les ouvertures, ni la planète ! Il arrive parfois que les portes se bloquent, qu’elles nous trahissent, pour notre bien, restant fermées à tout jamais, ou bien les portes s’ouvrent trop vite sur d’impossibles paysages à vous couper le souffle.
Il y a des portes qui empêchent même de parler tellement elles sont closes et bâillonnées, des portes capitonnées de cuirs rances, qui permettent de gueuler, de pleurer avec des grincements de dents et des colères de tous les diables, des portes qui facilitent l’envol, des portes plus grandes que notre cœur, plus ouvertes que notre esprit … Ainsi, Charon, Raphaël, et bien d’autres Stalkers d’entre les passeurs, ont fait du porte-à-porte, chez vous, chez moi.
Le portier n’est pas toujours honnête, certains se prennent pour dieu et voudraient vous faire entrer dans leur propre réalité, dans leurs fantasmes, leurs projets, c’est-à-dire leur vision d’un monde passé, présent ou à venir.
Nous les premiers et chacun à sa manière est un portier plein d’attentes et de bonnes intentions, il y a en chacun de nous un concierge amer, voulant faire passer l’autre, pour ce qu’il n’est pas et là où il ne veut pas aller ! Et pourtant, tous les passagers des portes vous le diront à gonds déployés, vous avez tout l’avenir devant vous et plus de 360° de portes qui vont avec, pour traverser les gués, franchir le pas, aller de l’avant en des terres nouvelles comme inexplorées.

(…)

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