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- - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - 2026-11-03 | |
si je feuilletais le Deutéronome
les ongles noircis-jaunis par la fumée épaisse du cigare les mots s'effondreraient au Horeb de la langue acérée de Moïse les pieds d'Abraham, d'Isaac et de Jacob foulent le désert des plaines inconnues du pays de Moab au premier jour du onzième mois le temps a verrouillé l'année impaire de quarante maillons d'argent les murmures ont éclairci les commandements laissant les mots dévoiler le vice de l'habitation sur la montagne dans la vallée au sud de la mer les rivages ont sculpté des étoiles un nombre et le ciel j'allume la radio publique et j'écoute ses tourments comment ils se heurtent à la solitude nous ne sommes pas seuls bien sûr les tribus partagent des hommes en jeans et des électriciens habiles et des charpentiers aux marteaux en forme de faucilles et de jambiyas je connais des chefs au front rugueux je les vois chaque jour à la télé se quereller avec les juges des affaires publiques jugés comme des gouverneurs issus d'autres peuples la sagesse est attribuée aux décadents le plus jeune et le plus âgé des frères cherchent à travers les jumelles la raison trop lourde essayant de l'apercevoir avant l'étranger on ne meurt pas avant l'heure le sommeil n'effraie pas la chouette dans le creux de l'arbre où Ève a défait les perles de ses parents, leurs fantasmes projetés dans des chambres hyperbares le désert terrible, les histoires des Amorites le décrivent des mondes tortueux de nomades se rassemblent en cercles concentriques en chaînes de plomb et les balles frappent avec douceur chaque tour, chaque citadelle on dit que la reconstruction des bâtiments est un revêtement de pierres venues des eaux de l'Euphrate des visages ensanglantés, peints par les mains entrelacées de la lumière se transportent des céramiques vers des vases d'expansion en Égypte la voix des mots s'emporte dans les mégaphones, sur les routes, en vain la route que nous devons emprunter est une autoroute à sens unique on ne suit pas la voie ferrée vers le soleil on ne part pas dans le désert sans nommer les fils rebelles de la mauvaise lignée à la radio on lit l'histoire du mont Séïr sur lequel elles sont sorties en tumulte les abeilles oublieuses, suivant la piste vers Horma devant nous la mer Rouge n'est qu'une traînée autour des yeux, à travers la lentille, on entrevoit douze hommes de la tribu d'Anak la fumée épaisse du cigare se recouvre d'une brume d'aquarelle de Hesbon.
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