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Visualisations: 925
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- - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - 2025-03-03 | |
On a parlé.
Longtemps. Trop longtemps. La nuit glissait sur les murs, des ombres lentes, des mots brûlants, des soupirs lancés comme des pierres dans un lac d’attente. On s’est tenus là, toi et moi, fragiles équilibristes sur un fil de silence. Tu n’as pas posé la main, mais ta voix l’a fait. Plus douce, plus lente, chaque syllabe comme une paume effleurée, comme une braise sous la peau. J’ai murmuré des réponses que je n’aurais pas osé crier. Toi, tu as soufflé des questions qui tremblaient sur ma nuque comme une caresse en suspens. On s’est aimés en phrases. On a joui en pensée. Puis l’aube est venue, froide et blanche, et nous a trouvés là, vidés d’un plaisir qui n’a pas eu lieu. Épuisés comme après l’amour, le souffle épars, comme une mer sans marée.
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