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L'âge d'homme (extrait)
poèmes [ ]
Dès ma naissance, crier fut la première chose que j’ai faite proprement !

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par [Reumond ]

2012-08-13  |     | 



Illustration : L’homme se parlant à lui-même, selon Ingres.




Toute ressemblance avec des dieux, des situations et des personnes existantes ou ayant existé, ne serait que pure providence dont l’auteur de ces pages ne peut en aucun cas être tenu responsable.







Où est l’assassin de l’homme,
et quel est le mobile du crime ?

Car c’est un bruit que l’arc-en-ciel colporte de village en village, tel un spectre coloré : l’homo sapiens est un irresponsable de naissance !

Il est hypothéqué ! C’est inné chez lui et parfois même acquis par expériences ou par imprégnation !

L’irresponsabilité toujours couvre ses lignes et ses traits de caractère, car ce fangeux manque de maturité, c’est clair ! Tant que quelques millénaires ne viendront pas maturer la larve pour la mener à point, l’imago ne sera pas en corps pour voler de son propre zèle !

L’âge d’homme est devant nous et pas derrière, il n’y a pas de coïncidence, de hasard ou de destin, tout est une question de temps pour l’espace et d’espace pour le temps. Cet analphabète notoire, de l’Alpha à l’Oméga, est encore trop ignorant des causes et des choses de la vie. Le nouvel âge est loin, et loin encore est celui qui viendra pour nous ouvrir les yeux du cœur...

Pourtant depuis toujours, le désir planait sur les os, mais tout était encore virtuel !

L’appétence maraudait déjà sur les encres, grappillant quelques traits par-ci par-là, pour écrire les maux de la Terre et de l’hominien.

Les plumes à la proue raide des désirs, n’attendaient qu’un ordre pour tracer les mots, nous étions à l’aube d’un jour nouveau qui suivait une pluie d’étoiles, filantes et passagères comme de vieux souvenirs d’enfance.

(…)

Dès ma naissance, crier fut la première chose que j’ai faite proprement !

Puis vinrent les premiers balbutiements, puis les mots de plus en plus complexes qui voulaient coller aux sens embrouillés des choses, comme la peau colle aux muscles avec un bruit de chairs flasques.

Mon second grand cri étouffé de pudeur, fut un signal, celui d’une chair mûre pour tendre vers l’autre, s’y noyant dans l’amour ; surprise d’un premier orgasme qui fait carillonner les chairs, corner le corps, quand le ventre traversé d’un éclair de plaisir éclaire l’horizon d’un regard tout nouveau. Puis vinrent d’autres cris, de stupéfaction, d’admiration, d’émoi et de douleur, suivis d’assez près des mots pour les dire au dictionnaire des émotions.

Mon cri primal avait cette pauvreté d’être sans mot, l’incipit de la vie n’était qu’une proclamation de la nature, une excitation, un cri du corps qui veut vivre plus que tout, au-delà des matrices maternantes et des cols trop serrant et des institutions malades d’elles-mêmes.

Toutes mes vies antérieures, de poussière en poussière d’étoiles, et ma propre vie intérieure, de demeure en chemin, me conduisent à dire que le voyage est long « en corps » pour quitter le cocon et renaître à soi-même.

Long, pour se positionner face au monde, passer du petit écran plat au grand écran des espaces intérieurs.

Long, pour accéder avec humilité à sa propre réalité, rencontrer son vrai moi, dans la pauvreté des lieux intimes, comme on croise les dieux au miroir de nos yeux, au-delà des désirs, des attentes et des rêves dans les grandes solitudes, la nuit des sens et les silences glacés de l’espace-temps.

Dieu est un lieu ! Un bon lieu pour l’homme qui cherche son axe, son centre de gravité, son foyer du dedans au-dedans de sa propre parabole, là où tout ce qui est incarné devient médiation, lien intime de l’ultime, il nous faut penser « Lieu » si nous voulons trouver l’impossible étoile, l’homme, tel que Diogène dans la rue le cherchait.

Cet homme, il nous faut le chercher du bout des lèvres, jusqu’au bout de nos forces, comme l’Univers se fait et se défait jusqu’au bout des constellations, sur le bout de ses doigts étoilés, quitte à quitter nos idolâtries, nos superstitions populaires et nos besoins les plus animaux.

(…)

Le violon d’Ingres était-il un pinceau ou un archet ? L’homme est-il une bête infâme ou une créature de rêve ? Aux grands paradoxes les grands mythes, des plus anciens jusqu’aux plus modernes.

Car toutes les fables, tous les contes, toutes les créatures fantastiques et légendaires sont en somme « Humaines » ; elles sont en l’homme, hôte de l’hôte, comme l’inconscient collectif s’invite dans le privé pour parler du public.

L’homme qui cause est le lieu excellent et privilégié, entre les terres extérieures et le Ciel intérieur, le lieu d’une étonnante histoire tissée de temps et d’espace, d’animalité et de divinité.

Oui, tous les dieux de la Terre et du Ciel sont ainsi en lui, car l’homme, cette créature incroyable est un prodigieux « contenant », une citerne fissurée, pourvue d’un invraisemblable « contenu » tout fragmenté. Il est le signifié de tous les signifiants et toute l’insignifiance de tous les signifiés, car sans lui, rien ne serait « causé ». Alors, il ne s’en prive pas !

Du Serpent à plumes au Phœnix, du Monstre du Loch Ness au Minotaure, de la Bête du Gévaudan aux Sphinx, Anges et Démons, Naïade et Silène, Âme en peine et Béhémoth, toutes ces créatures de la littérature et de la Bible, tout comme les dieux de l’Olympe, sont tous au-dedans de l’homme comme l’homme lui-même est au-dedans d’eux, gravé de hiéroglyphes dans une mythologique réalité.

(…)

Le Sphinx était-il à plumes ou à poils, couvert d’écailles comme nos ancêtres d’un jour ou avait-il une peau semblable à celle d’une adolescente ? C’est parce qu’il était sans le poil qu’il prit un jour la parole au mot, puis causant faisant, il prit un jour la plume pour décrire et écrire ses maux, toutes ses questions et puis quelques fragments épars de réponses répandues comme la vie sur Terre.

Car face à nos Démons intérieurs et autres Sphinx, nous sommes comme des enfants nus dans une forêt d’épines, dépourvus et livrés aux désordres de notre imaginaire.

(…)

On implore comme des êtres inquiets, on quémande l’amour, la paix et le respect, on demande plein d’attentes ; on écrit et on peint comme des traducteurs, des interprètes et des faussaires ; on mange comme des animaux ; on baise comme des ânes ; on se bat comme des brutes ; on dort comme des mammifères ; on pense en primate, on travaille et on s’écrit comme des bêtes de trait ; et ainsi de suite, par loyauté, par obsession ou par habitude ; pour ne point contrarier Dieu ou pour ne pas chiffonner nos chromosomes.

Quand on pense la vie ou l’amour avec son cerveau reptilien, on ne réfléchit pas, on est juste un système neuro-végétatif autonome, en pleine action. On respire, on déguerpit, on lutte, on se dispute, on s’accouple et l’on bouffe, ainsi de suite jusqu’au recommencement.

Vercors voyait en l’homme « un animal dénaturé », mais n’est-ce pas justement l’appel de la chair qui procède de la Nature, de se dépasser en surpassant la Nature ?

Comme les acouphènes peuvent masquer de leurs sifflements intempestifs (ou de leurs bourdonnements parasites), les mélodies les plus harmonieuses et les musiques les plus angéliques, les bruits du cerveau et ceux de nos idées fixes couvrent souvent les réalités de leurs mots les moins ajustés.

Quand on pense la nature avec son cerveau limbique, on sent, on est un être affectif et même parfois affectueux, plus ou moins sentimental et nostalgique, mais on ne discerne pas vraiment la réalité au-delà de nos instincts et de nos sensations !

On résonne avec nos émotions, on se perd en nos émois, en familiarité, en émotivité et parfois même en religiosité. On déteste tout ce qui ne nous ressemble pas et dès lors, communiquer nos différences, nos désaccords devient une tâche impossible.

Goethe, ne s’y trompait pas, lui qui disait « Parler est un besoin, mais écouter est un art. », un Grand Art, comme qui dirait « Le Grand Œuvre », une véritable alchimie des pulsions, des émotions et des réflexions.

Ne dit-on pas de manière amusante qu’entre ce que nous imaginons, ce que nous pensons et ce que nous exprimons, il y a déjà d’énormes abymes ? N’y a-t-il pas mille manières d’exprimer les choses, avec son corps, ses mots et ses attitudes.

Entre ce que Je veux dire à Tu, et ce que Je crois dire à Tu, ce que je dis effectivement à tu et à toi, et ce qu’ils ont vraiment envie d'entendre en fonction de leurs propres attentes, quel chemin d’écoute !

Entre ce que Tu crois entendre de Je, et ce que Tu a entendu et ce qu’Il avait inévitablement envie d’entendre ou envie de comprendre, et ce que Tu en définitive saisie de Je, quels jeux de Je à Tu !

Il y a toujours mille jeux et combinaisons possibles, autant de difficulté qu’il y a d’unique à communiquer, et autant de chance de communique que de gagner au Tiercé.

Alors, arrêtons de communiquer, taisons-nous une bonne fois pour toutes, n’essayons même plus, c’est du temps perdu et de l’espace abimé.

Mais il existe peut-être une solution pour sortir de ce dilemme entre le bruit et le silence !


ECRIRE L’HOMME À TRAVERS LE MIROIR

Ne plus causer (parler ou écrire) ne semble pas la solution à notre problème de communication ! Mais si déjà, nous nous abstenions de causer comme si le réel était entre nos mains ! De dire et d’écrire comme si nous étions déjà des humains, et même si nous sommes bien capables de discriminations, nous sommes encore tout à fait inaptes à distinguer le fil même d’une réalité, proprement dynamique, dans toute cette complexité des pelotes d’Univers.

Maladroits que nous sommes, comme des propriétaires de cortex trop logique, hôtes d’une intelligence trop rationnelle et trop concrète, et malhabiles encore de nos deux hémisphères, comme de grands singes trop nuls.

De la monstration d’Adam

En ce jeu de piste, proprement humain, c’est le grand et fabuleux Michel-Ange qui de quelques coups de pinceaux déterminés nous met sur l’un des chemins de l’Homme.

À gauche, un Adam nu – à droite, Dieu le Père, tout vêtu d’anges et de gloire.

Dans sa célèbre et superbe « Création d'Adam », cette fresque de la Chapelle Sixtine, au Vatican, Michel-Ange nous monstre et nous démontre un Adam « gaucher », et imberbe, dépliant nonchalamment un bras gauche vers un Dieu volontaire, barbu et droitier. Après avoir observé attentivement les personnages de la voûte, ce qui frappe le regard, c’est l’espace entre le doigt humain et le doigt divin, l’espace nécessaire, indispensable à la vie et essentiel en toute véritable relation.

Le mythe de la création d'Adam par la main droite de Dieu serait-il le « prototype » même de la création de l’Homme gauche ?

Est-ce pour nous signifier cela que Michel-Ange a peint La Création de l’Homme avec tant de détails ?

(…)

De gauche à droite, avant - après, dedans - dehors,
Au ciel et sur la Terre… etc.

Et si nous arrêtions de percevoir le monde dans un miroir où tout est complètement inversé ; et si nous nous dépossédions de cette « pensée magique » propre aux enfants et aux peuples dits primitifs, de cette pensée erronée qui fait de nous des animaux de l’évidence, tout évidés d’eux-mêmes.

Que l’on trousse les mots ou que l’on se retourne, c’est toujours une question de changement de regard.

Et si nous apprenions à aller au-delà de ce que nous font percevoir et donc concevoir nos cerveaux les plus primitifs. Si nous échangions notre conception des lieux et du temps contre de nouveaux paradigmes proprement humains.

Mais comme nous percevons toute chose en un « Inversus realis », il nous faudrait travailler nos rétroviseurs, intervertir les choses de l’amour et de la liberté ; transposer les choses du quotidien, de la vie, convertir notre réalité, nous retourner sur nous-mêmes, approfondir nos images et nos clichés, permuter nos pensées, retourner nos idées comme ont retourne des chaussettes, mais en mettant le fil à nu, pour le tirer dans le dépouillement, en apprenant progressivement à nous jouer des paradoxes et des énigmes ;

En faisant nous-mêmes cette expérience « du causer » à travers le miroir, cette expérience de percer le voir de toute chose, remettant en question nos réponses, et nos questions sur l’établit, en déchirant les voiles, en passant outre les émotions primaires comme le peintre le fait avec les couleurs ; outrant la Nature, évidant la Culture, fouillant les évidences en allant voir toujours plus profondément ce qui se passe sous l'iceberg, outre glaces et tains, ou derrière l’Iconostase là où les dieux se fondent comme des mythes anciens.

(…)


Extrait de L’âge d’homme (essai)

Un texte à lire et à relire à l'ombre des sens et des essences parfumées, en prenant tout son temps, car poussière de poussière, nous avons toute l’éternité devant nous !

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