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La collectivité
poèmes [ ]
Réflexion d'un âne sur la notion de collectivité et de démocratie

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par [Reumond ]

2012-01-09  |     | 





Le vivre ensemble n’est une évidence pour personne !

Sur fond de crise, sous les lumières clignotantes du sapin, caché derrière la Sainte Famille, entre l’âne et le bœuf de la crèche, j’observe le monde.

Il serait facile de dire : changeons de regard et de paradigme ; arrêtons de penser comme des bêtes pour panser le Monde comme des hommes ; mais dire et faire, ça reste des mots !

Je n’ai pas ici, la prétention de couvrir d’encre un seul mètre carré du champ politique, socioculturel ou socioéconomique, je regarde tout simplement en poète, comme un animal observe nos mystérieuses sauvageries, du haut de son cerveau limbique.

En terre d’exploration, je pose mon regard et des questions aussi, j’esquisse, j’initie des chemins d’aventure, je rêve…,

Le lecteur avisé avisera !

Plouf ! Sur la surface mouvementée de l’eau des jours, la conscience ricoche, plouf de moi à vous, truffé de bons, suis-je responsable de rebondir ? Responsable de l’autre ? Comme Levinas le donne à penser ?

Selon la vision humaniste de Sartre, ma propre volonté engage-t-elle l'humanité tout entière ? Entre subir l’enfer des autres et choisir les terres promises de l’altérité, l'homme serait-il condamné à vivre à vie, en équilibre instable ?

L’homme au monde est-il de moins en moins conditionné dans sa tête et conditionnel dans son agir ? Comme appelé à devenir de plus en plus authentique, de plus en plus libre de ses choix ?

Entre les pets de l’âne et les bouses de bœuf de la crèche de Bethléem, couché dans la paille je me questionne.

Au pluriel des questions, ne peut répondre qu’un pluralisme de choix, de réponses, de chemins.

Sous l’étoile venue d’Orient, en ces terres à défricher, à conquérir, entre l’animal que je suis encore, et l’homme que je ne suis pas encore, que de métamorphoses, que de transhumances, que d’interrogations existentielles, de migrations et d’échanges de modes de vie, des plus monotones aux plus variés, des plus simples aux plus modernes.

Comme on écrit une icône, on peut aussi graver l’amour dans la matière ; en couches de peaux, de poils, d’écailles ; en strates de conscience superposée, en multiples graphes, là où l’amour se dit, à tous les temps de l’infinitif du verbe être.

Le sens de l’existence, n’est-il pas l’être justement !
L’ouverture à l’autre, la transcendance des relations,

L’homme ne peut-il s’accomplir que dans le détachement, la désappropriation de soi, pour cet attachement fraternel ?

Toute entreprise humaine s’inscrit dans ce sens sacré de la Relation humaine, et toute institution devrait être la garante et la garantie de cette « Reliance ».

L’amour serait-il le lien social par excellence pour recréer du chez soi et aller vers l’autre ?
L'altérité est-elle la langue maternelle de la matière, le vocabulaire préféré de la vie ?
Est-elle le langage corporel de l’Univers ?

En mosaïques, subtilement imbriquées comme les pièces d’une symphonie ; en boucles sans fin, les questions tissent le Mystère, dans une gigantesque équation entrecroisant les variables de l’infini avec celles de l’Éternité.

C’est déjà l’Épiphanie ! Dans la crèche, sous les boules rouges et or du sapin, enguirlandé comme un sale gamin, dissimulé derrière ma sainte famille, je contemple l’Univers, il est multiple et complexe.

Tout ce que nous traçons est lumière pour le Monde, toutes nos traces y sont exposées comme une écriture sacrée, une complexe calligraphie sur la surface d’une gracieuse chorégraphie, dans une grande scénographie qui nous invite et s’invite d’elle-même à dépasser toutes nos convictions d’excités, toutes nos querelles d’écoles, nos discussions académiques alambiquées, ou nos débats rabbiniques, enfermés que nous sommes dans nos schémas paranoïaques, fiers de nos déraillements, heureux de nos acquis, de notre étroitesse d’esprit, enfermante, paralysante, soupçonneuse et monopolisante ; imbus que nous sommes de nos droits, privilèges et avantages sociaux, culturels, économiques ou autres.

Même si montent les boucliers qui protègent les propriétaires du savoir et du pouvoir ; même si tonnent les canons des affirmations orthodoxes, laissons là tous « les lieux communs » et toutes « les idées reçues », pour trouver d’autres voies et d’autres lieux plus ouverts sur l’Univers et le prochain.

Prenons la plume, l’encre et le papier, cadeaux des rois marges, pour crier notre indignation.

Stylos, burins, plumes et pinceaux sont animés par ce même patrimoine, par ce même souffle vital, celui qui déplace les montagnes, lève la vague, ouvre les consciences, donne sens à cette mémoire collective et à toutes ces traditions humaines qui se valent.

Sous le sapin odorant, avec mon bonnet d’âne, je regarde simplement.

Frisson intense comme l’orgasme d’un soleil qui explose, l’extase d’un trou noir qui se perd en un trou de mémoire, violent de nuit à saigner la lumière du jour ; les grands frissons solennels de l’Univers malade d’amour me font frémir !

Ce grand frisson d’être, il est comme l’écriture, impossible à maîtriser, comme une ligne brisée qui s’étire de faim, en quête de subsistance, un grand trait de destinée prolongé à l’infini. Car la matière est faiseuse de rêves, la matière se fait nourriture et répercute de la conscience ; l’espace renvoie les idées mal reçues, c’est l’écho d’une intuition qui ne se fatigue pas d’être, qui ne se contente pas d’être, puisqu’elle réfléchit comme un grand miroir de cristal.

Où je vais, d’où je viens et vers quel futur ?

Au diapason de la liturgie de Noël, de toutes les fêtes des lumières, dans une lueur de ménorah comme dans clameur de la rue, les plus grands mystères de l’homme au Monde sont cachés par les apparences !

Les doctrines économiques et sociales fondées sur la propriété privée ou collective, les moyens de production et la surconsommation, visent-ils seulement à faire semblant comme un décor de théâtre, un miroir à alouettes, trompe-œil pour abuser des consciences trop malingres ?

Mais la vraie vie est derrière, dans les coulisses, dans ce passage de l'espérance, comme un cadeau qui serait celui de l’Univers au pied du sapin, dans le papier de l’espace et le ruban des ans ; un présent sans cesse présent, une présence sans cesse vivante, pour favoriser la croissance de tout et de tous dans la dignité même de la matière porteuse d’esprit et donc de vie.

Entre des doctrines et des régimes politiques, économiques ou sociaux voués à l’échec, entre un capitalisme radical et un collectivisme absolu, n’existe-t-il pas d’alternative ?

L’âne se frotte contre le bœuf, un pas vers l’autre c’est toujours un pas vers soi-même, ainsi, les Rois Mages se font Roi « Marges », tel un espace de partages et de dons.

En période de soldes, ne faut-il pas brader aussi l’amour ?

Nos sociétés postmodernes, caractérisées par la propriété très prisée et très privée des moyens de production et d’information, la primauté des détenteurs de capitaux, la concurrence entre les hommes et les sociétés, la recherche toujours plus mortifère de profits, ne sont-elles pas comme un gigantesque cancer, une enflure nauséeuse, dont nos propres tumeurs ne sont que des symptômes ?

L’alternative à la production, à cette boulimie de besoins nouveaux, à cette soif de possession sans fin, à cette distance qui s’accroît entre le Nord et le Sud, les pauvres et les riches, ne serait-elle pas là, là dans la voie du milieu, dans le vrai partage comme un passage obligé pour être plus ensemble, afin qu’entre nous le réel se dévoile, dans une épiphanie de l’amour ?

Les politiques et les problèmes de la cité ne doivent-ils pas être abordés autrement ? En tout premier lieu, ne doivent-ils pas être approchés par des philosophes et des poètes ; être retirés des mains des militaires et des gardiens de l’Ordre sacré ?

Comme nous l’avons fait pour le religieux, ne devons-nous pas séparer le politique de l’état, et sortir victorieux de ces dualismes entre gauche et droite, de cette rupture profonde entre la hiérarchie et la base, un espace vertigineux qui donne l’ivresse aux vivants.

Changeons de regard et de paradigme. Arrêtons de penser pour panser le Monde !

Une certitude très « Nouvel âge » ou très humaniste, l’Univers entier ne peu flotter que dans un bain d’amour maternel, alors rendons réel cet amour collectif !

Rendre réel, c’est réaliser un bout de rêve, accomplir quelque chose qui est de l’ordre du lien, c’est un gros morceau de conscience que l’on partage comme une tarte aux fruits de la rencontre.



La collectivité n’est-elle pas la collecte des dons uniques de chacun ?

Croyez-moi, les cultures alternatives sont des pépinières pour demain, ainsi mon jeune voisin gothique fait école sans le savoir. Dans sa veste baroque, il côtoie l’étrange et de bizarres figures pâles qui ont tout à m’apprendre de moi.

C’est bizarre, mais c’est comme ça !

L’insolite ouvre des portes, l’étranger parle de nous-mêmes, l’inhabituel fédère autour de lui, et l’anormalité change le regard et la donne !

« Aimez vos ennemis ! » qu’il criait très fort entre les cheminées, sur les toits de tuiles rosées. Le vent est comme ça ! Aujourd’hui, après ce dernier Noël avant 2012, je comprends ce cri des âtres qui est aussi celui des êtres !

Dans le tourbillon des générations, en ce grand bestiaire humain, l’appât de l’étrange est une boussole sûre ; je saisis ainsi le nord de la conscience, et ce en quoi les contraires et l’exotisme attirent l’œil comme des aimants, et captent l’amour comme un cœur ouvert ; je comprends dans ma chair distendue en quoi l’étrange étrangeté nous appelle à aimer toujours davantage !

Dans sa grande cape « gothic » en simili-cuir noir, et bien chaussé dans ses boots new-rock, mon jeune prochain se fait différent pour se rendre plus proche ! Car look, looking, looping, conversion et « recherche de sens » vont bien ensemble, comme le rock cogne le métal sur le mental, pour faire gong, flash, vrai, nous réveiller et nous sortir de notre torpeur en ce début d’année 2012.

Nouvel An, nouveauté sans cesse nouvelle ; comme il déploie ses ans, le Monde étend ses ailes dans les hauteurs indéfinies de la culture. Autour de moi, une musique tonitruante monte, en même temps qu’un feu d’artifice flamboie.

Le disc jockey n’est pas d’ici, c’est une bonne nouvelle, il est d’ailleurs, c’est une actualité qui peut m’actualiser !
Venant d’ailleurs, il me mène forcément autre part, en des ailleurs neufs comme l’œuf frais, pour « percer le voir » au-delà de la coquille des apparences, c'est-à-dire « creuser l’intériorité » en toute immunité.

Il est minuit chrétien…, réjouissez-vous le Verbe s’est fait chair !

Ne cherchez pas les géniteurs ni les producteurs, « Engendrer dans le Réel » n’a rien à voir avec la sempiternelle « Production » ou une très Sainte reproduction ! Engendrer dans le réel, c’est infiltrer l’Universel, dans des paysages qui sont ceux de l’Eternité ; c’est élargir sa conscience, franchir le seuil de l’animalité pour devenir plus humain.

Congratulations, bises, regards pétillants comme le mousseux des grandes joies partagées. En ses jeux de lumière, le DJ ailé est monté sur le dos d’une comète, dans des scratchs intersidéraux, il déplie la musique, fait tourner les miroirs que palpite partout les éclats de Noël.

Étoiles virevoltantes, corps dansants, sons vibrants et rythmes angediablés du djembé des cœurs émoussés par l’allégresse ; du grave vers l'aigu, do, sol, ré…, là par quatre, comme les Mousquetaires ou les quatre vivants…, la mesure éveille fermement, elle réveille.

Le son se fait émerveillement ! Ça clame, déclame, râpe ou slame à tous les vents…, c’est la diversité absolue sur le fil accordé de la vie qui vibre comme cordes de violoncelle sous l'archet courbe des ans.

Pizzicato, de saillie en saillie et de génération en génération, la vie ouvre ses portes sans distinction, car comme l'alto, la vie se joue assis, accordée en quintes, tenue entre les jambes, se jouant des conflits et des octaves, au dessous des violons comme des dessous de table. C’est bien vrai, on dit souvent que l’alto est l'instrument le plus proche de la voix humaine, et j’ai le sentiment que j’écris indélicatement alors que vous me parlez !

La communication c’est le partage entre les uniques que nous sommes tous, sa tessiture c’est le tissu des nerfs, c’est l’intention même des sons, entre le tragique et l’espérance, l’ordre et le désordre, la vie et la mort ; le marasme et les bleus incidents, les changements et les choses qui semblent stagner ; mais pour finir, tout est grâce !

L'appel vers l'autre, le cri, c’est toute l’étendue de l’échelle des sons couverte par la voix d’une personne. Passion, flexion, tension, réflexion, compassion… c’est la vibration de la conscience, les battements du disco, ça saute ! Hip, hop … Farandole dans les airs, ça bouge, ça vit, dans tous les sens !

Comme les satellites qui dansent la gigue entre Terre et ciel, les anges y sont des platinistes qui rythment nos vies sur la table de mixage des événements qui tournent fou. Au ciel c’est la cacophonie, à terre ça tremble, j’ai le vertige entre ces deux eaux !

Comme le DJ aux commandes, l’ordre et le désordre font musique et trouvent l’harmonie dans le chaos. L’étranger m’enlève sur le macadam des espaces vinyles, mixage de mixages, platine de platines, CD de CD, DVD de DVX, poussière de poussière ! Ne sommes-nous que des informations, des Bits issus d’un Big Bang passé, présent ou à venir ? Des bits à la dérive des démesures sur les consoles numériques de l’espace déplié, emportées par une belle valse, celle du temps ?

Ne sommes-nous que des notes positives, dans l’étrangeté créée des espaces favorables à l’opportunité des rencontres ? Ce qui semble couler de source, comme l’acier coulait à Liège, jadis, dans les hauts fourneaux de l’évolution ?

Rien de plus beau n’existe qu’une constellation ! Comme lorsqu'un DJ met sa main sur un disque pendant sa lecture, interrompant ainsi la rotation des planètes comme celle d’un vinyle. Je déplace mes mains d’avant en arrière, jusqu’à l’extase.

Hardware, software…, Minuit dans les feux de Bengale de l’espace-temps, avatar d’un espace rock et d’un free-jazz mixés dans la hard machine des horloges atomiques qui cognent les minutes dans nos tempes et nos artères comme percussion de métal.

Ponctuation sans fin d’un espace qui s’étire au réveil. C'est la fête dans les yeux, la tristesse dans le coeur !

Punk, mods, skinhead, techno, il faut de tout pour faire un Monde ! Quel que soit la sous-culture, elle adopte des codes qui lui sont propres ; à l'écart des masses préfabriquées, des médias de masse, voire même en décalage avec la société. Les cultures alternatives sont de Grandes Écoles pour apprendre à accueillir la différence sans la niveler. Les sous cultures expriment comme mille symptômes nos propres pathologies, elles sont les miroirs de nos propres méandres !

Le fou, l’artiste, l’extravaguant, marchent à l’aveugle sur des chemins qui nous semblent déraisonnables, comme la peine de mort, 2012, l’excommunication, le XXI siècle, une tension, un tour de poitrine, la quatrième dimension ou l’existence d’un 6e sens, car nous avons ce besoin mortifère de mettre les choses en codes, en chiffre et en tiroirs. Nous avons au plus profond de nous cette fascination des choses circonscrites, définies, rassurantes, sous des emballages couverts de noms savants, d’étiquettes et de formules ad hoc.

Au grand paradoxe d’un libéralisme qui enferme la liberté, d’un conservatisme qui contribue à freiner l’évolution et d’une fraternité qui sépare les frères, les idéaux avortent parce qu’ils ne sont pas encore humains !

Les mors des banques et des finances imposent leur avidité et leurs funestes procédés pour fabriquer des inégalités, sous l’autorité des lobbies, de leurs nouveaux papes et de leur cour de récrécapitalisation.

Du haut de leurs tours d’ivoire, nos Institutions perverses post-modernes (ou post-mortem), produisent des instruments sophistiqués qui ont remplacé ceux de l’inquisition, des machines à la mode pour confectionner l’humain, de pieds en cap, entre la liste des faits d’armes et des faits d’argent.

Les différents, en ce qu’ils sont différents, cheminent en dehors de ses chemins largement balisés par toutes les machines à formater les corps, à fabrique du besoin, à standardiser les pensées, à normaliser les comportements…

Les différents dans leur différence, désire en dehors de l’appareil, en dehors des institutions à configurer, des outils socio-culturalisant, etc.

C’est en quoi, les sous-cultures dites alternatives, sont, entre autres, des viviers vivants, de vivantes provisions de conscience, qui glissent, au grand risque de s'uniformiser, entre les mors à normaliser du Communautaire avec son grand C.

Considérées péjorativement, ou trop facilement comme des contre-cultures, socialement et politiquement incorrectes, les cultures alternatives cultivent l’alternative comme les esturgeons de Noël, entre les mailles fragiles d’un certain élitisme, au risque des récupérations toujours possibles.

Il sont plus que des effets de mode, plus que des réactions culturelles de quelques personnes associées, ils sont l’émergence même d’une conscience qui s’éveille à autre chose que la norme, autre chose que la donne des Canons. Tout est donc une question d'intention sous-jacente, les sous-cultures préparent l'avenir de l'Humanité, en mettant une différence au service de la réalisation d’un projet plus humain.

"La théorie se nourrie de l'expérience" dit l'âne, "Et bien moi", répond le boeuf, " je préfère le foin."

En ne faisant pas comme tout le monde, la culture alternative, éveille quelque chose qui est de l’ordre de la conscience pour l'avenir de l'Humanité. Cette différence est un chemin et l’acceptation de la différence un édifice à construire ensemble ; car il ne peut exister que de la conscience libre, c’est la seule qui « réalise » c'est-à-dire, qui fait du réel pour évoluer. C’est le travail que chacun fait pour devenir lui-même, un ouvrage qui ne peut être fait par nul autre ! Chacun de nous, dans son acceptation de l’autre, c’est-à-dire d’un prochain différent de moi, est responsable du tout. Ainsi, je deviens responsable de l’autre dans sa différentiation à laquelle est reliée la mienne.

Bêtes à poils et à plumes, avez-vous remarqué comment les vents nous poussent à aller vers les autres ? Certains nomment cette aimantation l’altérité, d’autres l’instinct ou l’amour, mais qu’en est-il vraiment, si on peut le savoir ?

Durant les fêtes de fin d’année, j’ai rêvé que je quittais les rives de la démagogie, là devant moi, sur la mer des Sarcasmes, pour voguer vers d’autres gens, d’autres visages aux couleurs de gouaches ; quand l’esprit vint à ma rencontre, car l’esprit vient à la substance, toute la matière aspire à l’autre, à la connexion, à l’interconnexion, aux relations multiples par le truchement de tout, faisant lien de tout sens et feu de tous liens.

Minéral, végétal ou animal, le Monde a besoin d’être amoriser à fond les manettes ; comme l’enfant qui vient de naître fragile et vulnérable, l’homme dans l’Univers entier, en toutes ses composantes, à un profond besoin d’amour personnel !

En 2012, plus que jamais, c’est un monde de synthèse qui glisse entre nos doigts ; un univers de rapports plus ou moins difficiles, de liens plus ou moins serrés, de méandres au cœur grandes complexités, de causes et de grâces multifactorielles, c’est un milieu que certains diraient divin, un tissu où Grâce à tout est à cause de tout, ce tout est un don éternellement donné, dans l’infini des grandes nébuleuses. Et c’est du bon !

Bien que l’Évolution et la sélection naturelle soient des critères de démographie souvent galopante comme le poulain se joue de l’espace et jouit du temps ; sans être des modèles pour nos démocraties, mère Nature nous dit toujours quelque chose de nos propres comportements et des chemins à préserver ou à prendre.

De l’hémisphère sud jusqu’au Nord les vents circulent librement ; l’esprit se gorge de paysages époustouflants, c’est bien la vie qui déborde de vie et s’émeut d’elle-même quand l’amour s’emporte à créer du nouveau et s’exporte ainsi, bien au-delà des horizons glacés en de grandes migrations vers des terres plus tièdes et plus accueillantes.

Ainsi, les idées voyagent, d’un hémisphère cérébral à l’autre, les états de conscience s’éparpillent de lieu en lieu , les états d’âme perlent sur les fronts, les états d’esprit scintillent, les tempes grisonnent, les peaux se rident, manque de peau ! Pour que la matière grise donne le jour à des désirs toujours nouveaux.

C’est la vie ! En abondance.
Dans ces grands chambardements, quelle que soit la position dans laquelle on le regarde, l’homme est un être de création et de désir ! En équilibre instable, entre apesanteur et lourdeur pitoyable, un être qui aspire malgré tout à cette liberté d’être lui-même et nul autre !

Et seule une véritable démocratie est capable de le porter à cela !



Dans la mouvance de l’Évolution, dans les révolutions de planètes et des idées,
qu’en est-il de cet animal démocratique ? De cet homme mitoyen du singe et citoyen du Monde ?

Ça stagne ! Pensez-vous… mais il y a toujours ce vent qui vient d’ailleurs avec ces étrangers qui viennent aussi d’ailleurs. Et c’est du Bon !

Mais rassurez-vous, il y aura toujours de nouveaux printemps, suivis d’étés gorgés de fruits bien mûrs, il y aura d’autres automnes féconds et des hivers bien neigeux pour fomenter d’autres révolutions…, entre l’ordre et le désordre, il y aura toujours plus de conscience, davantage de choses à vivre ensemble, et toujours plus d’informations à partager. C’est la vie en Bits, en pixels, en mots… pour le meilleur comme pour le pire !

Mais avant tout, l’homme en marche, l’homme en chemin, est-il capable de démocratie authentique ? L’homo sapiens sapiens est-il mûr pour cette gravité de la vie qui se veut plurielle ? Est-il prêt pour cette grande aventure de la liberté et de la vérité sur soi-même ?

Depuis la nuit des tempes grises, et des plus profondes préhistoires qui imprègnent nos os, jusqu’aujourd’hui, tout semble répondre « Que oui ! »

Car ce qui semble caractériser la démocratie, c’est en particulier l’émergence en son sein de sous-cultures des plus variées.

"À la réalité des collectivités humaines, il y a un passé et à devenir, un extérieur et une intériorité, c’est de cette dernière que peut sourdre la vie profonde" souligne l'âne.

Arborer des tatouages ou des piercings, choisir de vivre dans la rue, ou nu dans la forêt, de peindre des natures mortes ou de faire de l’art conceptuel, de se droguer en ville ou d’y rouler en vélo, écrire des poèmes, produire des tags ou fabriquer soi-même son électricité…,

Tatouages, piercings, drogues, créations artistiques, tout a un sens, tout est « liens » en ses micros-cultures auxquelles nous adhérons, avec leurs langages multiformes, ses tabous, totems et autres différences qui font de ses sous-cultures un terreau des plus fécond.

Ce qui en fait, indique une véritable démocratie, ce n’est pas « la république » qui nous appelle, mais bien « Le peuple » qui la compose dans sa plus grande diversité, celles des itinéraires et des personnes, avec toute l’unicité que suppose chaque identité, dans des ensembles et sous-ensembles des plus variés.

C’est ça la démocratie qui croit en nous et celle à laquelle nous croyons encore !

C’est cette capacité à produire des symptômes pleins de sens ; ce qui est insupportable pour tous les garants du pouvoir, pour la multitude des gardiens du savoir, comme pour tous les possesseurs de biens.

La personne que l’on berne à coups de discours bien pensés, que l’on soule de démagogie ou de produits de consommation à en avoir la nausée, la personne que l’on endort avec des contes pour grands, à coups de problématiques-écrans, de TV réalité, perd le sens du sens.

Cris de douleur, destruction, mort…

Avant les fêtes, pendant et après les réjouissances, je reste interloqué et bouleversé par tant de violence, par toute cette menace d’un marketing de masse, par tant de culture mercantile, tant d’individualisme et d’horreurs.

Ne prenons plus les gens pour des cons ! Le Monde est malade de vie, depuis son origine sans origine, il souffre de l’existence et nul n’est exclu de cette gestation.

Ce monde en ébullition est comme une folle bille d’acier dans le jeu de flipper d’un univers en pleine croissance. Mais quand naît l’enfant, avec puissance et émotion, quand l’improbable prend chair, au-delà des difficultés, il nous faut encore croire en tous les possibles !

L’âne examine le bœuf, le bovidé dévisage le bourricot, ainsi de suite en alternance.

En écoutant et en regardant vraiment l’autre, en accueillant l’événement comme un regard, comme un corps offert à l’amour, une volonté et un désir à décoder, on s’ouvre soi-même à ce réalisable, on rend réel cette réalité ; on ouvre en cascade, les portes d’un pas de démocratie.

La collectivité humaine, dans sa véritable expression, c’est ce pas, ce passage, et c’est un véritable appel et une performance pour chacun de nous !

C'est élémentaire, mon cher Newton, comme tombe les bombes ou les pommes de la discorde ; encore une fois, dans une société d'hommes où l'on vise à produire et à consommer des choses, plutôt qu’à faire de l’être, plutôt qu’investir dans l’homme, toute démocratie ne peut que se transformer qu’en leurre.

Mais comment affranchir les hommes pour qu’ils travaillent à construire cet espace de liberté personnelle, où malgré les obstacles, l’homme pourra progressivement quitter ses sécurités, pour aller dans le sens de l’homme, identifié comme ouverture à l’autre ?

Entre les données communautaires et les données personnelles, quel est le sens de l’homme ? Où se situent l’ordre social, l’ordre naturel et les priorités ?

Dans nos société et systèmes, le sens premier de l’homme est comme toujours asservi aux institutions. Là est le dilemme auquel tout philosophe est confronté !

Entre les institution et les personnes, ce qui parait simple est toujours complexe ! Cette complexité d’interactions requiert avant tout la préhension et l’acceptation de toutes les variables personnelles et collectives ; mais comme nous avons un tel désir d’exister avec un tel besoin de reconnaissance, l’institution, notre pire ennemi, tel un parent vicieux, nous donne notre propre identité pour qu’à notre tour nous puissions

Notre propre incapacité à aller dans le sens de l’être, reste liée à ce dilemme. Mais comment se démarquer, mettre des marges ? Là se situerait la véritable démocratie comme processus du vivant pour agencer l’institutionnel en mettant en place l’humain.

Parole de bœuf, cadeau de Mage, l’épiphanie, c’est incontestablement la « manifestation » de cette marge, de cette transcendance de la relation personnelle toujours possible. C’est justement cette dimension à réaliser, qui transcende l’espace et le temps.

La Crèche, la contemplation de l’autre, l’adoration de l’étranger, c’est pour aujourd’hui !

Peau d’âne et corne de bœuf ! Dans le courant de cette merveilleuse aventure, l’homme qui vient, ne peut s’accomplir comme Homme que dans cette « Reliance » qui participe d’une altérité vécue de l’intérieur avant de s’exprimer au-dehors.

Il nous faudrait croire en cette fraternité spirituelle authentique, en l’homme qui vient, entre homme de bonne volonté, comme nous croyons en l’enfant qui naît. Et cultiver cette « sincère amitié » entre l’étranger en nous, sans le ciment d’une intériorité profonde n’est pas possible !

Ce refus d’être, ce déni ou ce délit d’inhumanité peut se traduire chez chacun de nous, par une forme de matérialisme qui détermine les paramètres de notre quotidienneté.

Le véritable « matérialisme » serait celui d’un animal humain qui refuserait de dépasser sa condition matérielle, en y restant fixé dans une pathologie qui l’affecte comme un clou.

Car, paradoxalement, la matière est justement en état de perpétuel dépassement, de même, ce perfectionnement de soi jamais parfait, dans l’ouverture à l’autre, c’est un pétrin, un chemin perpétuel pour rendre l’espace accueillant et prendre le temps de nous ouvrir à l’autre.

Il semblerait étonnamment que ce lien fondamental qui fait de nous des hommes, ne peut exister qu’en dehors des institutions, des religions, des sociétés initiatiques, parce qu’il vient du dedans et pas de la réalité extérieure.

En guise de début à tout,

« Ils entrèrent dans la maison, trouvèrent l'enfant avec Marie, sa mère, et, se prosternant, ils l'adorèrent ; puis, ouvrant leurs trésors, ils lui offrirent des présents : de l'or, de l'encens et de la myrrhe. »

Matthieu dans son Évangile nous raconte que ces Voyants, visiteurs venus d’ailleurs, de l’étranger, voyant dans l’enfant ce que nous somme appelés à devenir, en nous apportant l’or, la myrrhe et l’encens, nous rendent « Hommage » c'est-à-dire nous encouragent à devenir Homme.

Quel homme ?

Alors, je doute, donc je suis ! Et encore j’en doute, la preuve par l’incertitude et l’épreuve, qu’il n’y a rien de bien neuf dans ce monde d’incertitude, rien de bien nouveau depuis Diogène, en cette brève histoire du temps, et en particulier en ce début d’année nouvelle ?

Sous l’angle de la métaphore, j’aimerais clôturer ma réflexion, comme je l’ai commencé. Mais l’humilité autant que l’humanité me manque, plus que l’or du monde !

S’il est difficile de poursuivre dans la voie du changement vers une réelle humanisation, c’est qu’il nous faut peut-être rendre carrément toutes nos copies anciennes, nos plans d’existence rassurants et nos multiples projets de vie ?

La Terre souffre, c’est une certitude, même si je me méfie des certitudes ! Mais que de folie autour de nous, que d’inquiétude, de souffrance !

Partout l’individu semble perdre le Nord, s’égarer dans tous les sens du sens ! Ce n’est pas une fiction, mais « une virtualité » !

Une vision trop étroite pourrait nous faire prendre les conflits pour des lanternes, nous faire croire que le monde est malade de ce qu’il est, mais en réalité, entre nous : Il souffre comme une parturiente de ce qu’il n’est pas encore.

Alors, avec tout ça qu’en est-il de la collectivité et de la démocratie ?

Face à ces deux concepts énormes comme un mystère insondable, le premier pas en serait peut-être l’acceptation de nos faiblesses, la reconnaissance de nos incapacités d’être, l’identification de nos pauvretés, en gardant bien au chaud ce désir d’avancer, cette soif d’être, ce qui est notre destinée, nous n’avons rien de mieux à faire que d’accepter notre inaptitude.

Car la véritable démocratie c’est le partage de nos précarités, de nos inconstances et de nos propres inconsistances, mais nous y reviendrons !

Arrêtons de sauver les banques, de nous acharner sur nos richesses, il n’y a pas d’autre option que la conversion, le bouleversement radical dans un saut de paradigme. Ce qu’il nous faut en ces fêtes de Noël, c’est une véritable révolution pour atteindre cet objectif, c’est là, dans ce passage, que « l’étranger » au sens large nous est indispensable comme l’air aux volatiles et l’eau au saumon.

Acceptons notre animalité afin de pouvoir la dépasser ! On ne peut échapper à ce préambule qui est gravé de tout temps et en tous lieux à l’intérieur de nous.

Sinon, nos problèmes resteront nos solutions, nos obstacles demeureront dans notre insuffisante capacité d’être vraiment nous-mêmes. Oui, pas des stars du système, de super héros de téléréalité ou de magazines ; de vrais hommes comme dans mes films préférés, ou de vraies femmes selon les attentes des uns et les médias à la mode, car cette forme de reconnaissance semble-t-il mène à la mort lente.

Il en est de même pour l’humain comme pour le secteur économique, « La Croissance » comme l’Enfer sont pareillement pavés de bonnes intentions.

Pas par ces formes de condescendance qui sont des enfermements, mais par la seule valeur de la tolérance, vis-à-vis de nous-mêmes pour aller vers l’autre, dans un mouvement d’écoute et de beauté morale.

L’obligeance comme tous devoirs s’opposent à l’être. Devenons nous-mêmes, non par droit, mais par nécessité existentielle.

Accepter de vivre, d’incarner, de mettre en mouvement ce que nous sommes vraiment, c’est-à-dire « des larves d’homme » en pleines métamorphoses n’est pas simple, mais le pas à faire n’est pas de l’ordre du faire, ni de l’avoir, mais de l’être, être plus, dans un énorme appétit de tendresse, comme sur Facebook, devenir amis, devenir amour, tous ensemble, pour élever entre nous des murs de respect qui préservent les uns et les autres en étant en même temps des lieux à taguer l’altérité.

Insistons bien pour souligner que toute révolution, tout changement de paradigme, aura toujours son flot de parasites et d’individualisme.

Nous serons toujours malheureusement confrontés à des majorités face à des minorités, à des tensions socio-économiques, culturelles et religieuses, avec leurs crues de coupables, leurs flux de victimes et d’irresponsables à la pelle.

Spéculateurs et profiteurs de tous genres, pique-assiettes de la crise ; spéculateurs de souffrance, d’antidémocrates, chercheurs d’or, d’avantages fiscaux ou autres il faut de tout pour défaire le Monde !

Sans tomber dans la caricature, tout système produira par nécessité ses humeurs, ses asociaux, ses malades du système, et par conséquent ses pervers « systématiques » et ses prédateurs « symptomatiques ».

En quelque sorte, ils participent tous du mal-être des institutions, de la régulation du tout, de la dynamique maladive des systèmes, avec leurs flots de boucs émissaires, d’exclus avec ou sans papier, ou de rejetés institutionnels avec ou sans domicile.

Il est toujours illusoire de croire que tout le monde aspire à être plus sur le plan ontologique et spirituel ; la vie au quotidien en est une trop évidente démonstration !

Impairs et manques, ça tourne rond comme sur les roulettes d’un Casino. Avant les problèmes, pendant l’accès des maux, après la crise, prédicateurs de malheur et prédicteurs, guérisseurs de tous bords et prédateurs se partagent les tâches à tour de rôle.

Avec des « Grands Principes » de vases communicants, il semble normal que la prospérité des uns accouche de l’indigence des autres.

Dans un espace-temps linéaire, les priorités et territoires des uns ne sont nécessairement point ceux des autres. Ainsi, un système en faillite produira toujours ses consommateurs de déconfitures ; toutes les ruines façonneront continuellement leurs entrepreneurs de reconstruction, dans le flux des croissances et décroissances des grands spasmes entropiques, où le désordre fourvoie l’ordre, selon les mêmes principes thermodynamiques qui meuvent mes états d’âne.

Quand les mors se resserrent et que les maures font recette, où en suis-je moi-même sur le plan de l’être, de l’humain et de la spiritualité ?

En situation de survie ou plus encore en danger de mort, l’or des banques, la volonté politique, les réflexions philosophiques, les rêves et les belles images poétiques, les bonnes résolutions du jour de l’an, les mesures drastiques, ne remplaceront pas le courage d’être !

Le courage de faire face à la réalité risque de me manquer, le fait de voir la poutre énorme qui barre mon regard risque de m’échapper.

Alors dans ma paille inconfortable, fier comme Artaban, tel le cheval de Cléopâtre ou de quelque Roi, je garde mon bonnet d’âne avec superbe.

Question vœux, dans ma liste de Noël, j’avais demandé un peu d’humanité et de démocratie, mes j’ai reçu beaucoup de nouvelles questions.

Tout souriant, mon voisin ruminant me regarde avec mansuétude, mais je peux quand même lire et percevoir dans son œil-de-bœuf (par lequel entre une lumière de compassion), tout le chemin qu’il me reste à parcourir ; mais qu’importe, le but n’est-il pas de laisser entrer la lumière !

Comme des cœurs bouleversés et pleins de joie, les trous noirs, eux-mêmes, sous certaines conditions peuvent émettre de la lumière pure pour saupoudrer l’Univers de conscience lactée.

Mais entre nous, il nous reste encore quelque temps, car nous ne sommes que le jour de l’Epiphanie !

Alors « Bonne année », bonne route et bon vent à tous pour un nouveau millésime d’amour fraternel !


Roland Reumond


LA COLLECTIVITE (Réflexion d'un âne sur la notion de collectivité et de démocratie)

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