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Lettre à un ami musulman (extraits)
personnelles [ ]
à Abdel et à mes autres frères de sang et de sens.

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par [Reumond ]

2013-10-20  |     | 



Illustration : Petit pitre tibétain se jouant des choses bien sérieuses. Les grandes oreilles du Bouddha, les lobes allongés, la langue tirée, l’œil narquois, le sourire espiègle…, cet enfant bien éveillé tente de s’identifier au maître dit « aux grandes oreilles » ; il à semble-t-il tout compris de la vie et de la mort : se laisser transformer dans un grand rire qui déchire l’Univers, afin d’atteindre un idéal de dépossession de soi, de détachement des choses, de sagesse et de compassion. Acquérir des yeux et des oreilles à l'échelle du monde, voilà ce qu’il nous faut réaliser, en développant nos virtualités cachées, nos rêves les plus fous, nos capacités d’amour, de vision et d'audition ; embrassant ainsi tout l’Univers et toutes ses créatures dans un autre regard et une autre écoute bienveillante.






Cher Abdelghani,

Quant à la question de savoir ce que je pense de " cette campagne islamophobe" en tant que théologien, je voudrais vous dire d'emblée qu'il m’est impossible de répondre à votre question sans entrer dans les nuances, ces belles tonalités multiformes qui donnent tout son relief aux choses, et qui manquent tellement à nos débats publics ou le seul critère ou souci semble-t-il est de faire de l’audimat !

En tout premier lieu, depuis mes premières découvertes et mes premiers émois "spirituels», suite à une expérience unique de mort (ou de vie) imminente (NDE) vécue lors d'une noyade durant l’année 1958 (j’avais alors 12 ans), j’ai eu après cela la grâce (un beau cadeau !) de faire toute la différence entre « Religion » et « Spiritualité », entre « vie de groupe » et « vie de l’esprit ».

J’ai fait depuis mes sixties l’expérience de l’une, purement dogmatique, institutionnelle, sociale et culturelle et de l’autre qui relève davantage du collectif (comme l’inconscient du même nom) et de l’Universel.

Depuis les premiers clans et les premières meutes d’hominiens, si les primates et les mammifères que nous sommes sont « religieux » (le fameux homo religiosus) , ils le sont purement pour des motifs (ou des raisons) sociaux et culturels.

Alors que s’ils sont « spirituels », c'est-à-dire portés et traversés par l’esprit de toute chose au cœur même de la matière, cela relève principalement de notre nature profonde, psychologique et biologique. Et cette spiritualité peut s'inscrire dans l'ordre cosmique !

Et nous pouvons constater que souvent dans nos sociétés, nature et culture s’opposent avec violence !

Si je suis devenu théologien (sur le tard faut-il le dire !), car avant cela, j’ai été biochimiste médical et psychothérapeute spécialiste des addictions, mais aussi de l’analyse institutionnelle ; pour moi, suite à ce cursus et à ses différentes expériences, aujourd’hui seul compte vraiment la nature même (biologique) de cette traversé de l’esprit, de cet élan qui nous pousse à vivre et à survivre surtout, à aimer, à chercher mieux, ailleurs, et à espérer toujours davantage…

Tout cela, comme « quête du bonheur » (je ne parle pas ici du bonheur facile ou d’un bonheur de l’au-delà proposé par les systèmes !) est inscrit dans nos gènes et dans notre cerveau primaire (reptilien et limbique) là où s’enracinent nos besoins fondamentaux et notre condition d’animal humain.

L’aspect ou le côté « religiosité » vient se greffer à tout cela comme pour venir « réguler » nos besoins et nos pulsions primaires, et en cela le religieux vient instrumenter nos besoins, au risque d’en faire des « instruments » pour des institutions qui instrumentalisent nos besoins, qui, comme tout système conduit manœuvre et manipule les masses (cf. L’Opium des peuples de Nietzche) pour se survivre à eux-mêmes, parce que, à un moment donné, les institutions deviennent comme des organismes vivants (Cf. La systémique) qui doivent « ingérer » (pour se nourrir) ou « rejeter » (cf. greffes) pour survivre, et les politiques de gauche ou de droite, les religions dites du Livre (l’Islam, le Judaïsme ou le Christianisme) n’échappent pas à cette règle !

Nous souffrons donc d’une pathologie institutionnelle, mais nous sommes bel et bien coincés dans un dilemme, entre la nécessité vitale d’avoir des institutions ( comme nous avons un corps de chair, avec ses différents organes et systèmes de régulation (idem aux organes et organismes politiques, économiques…), et la nécessité aussi vitale de nous en libérer (de l’institutionnalisme), tout en devant subir les différentes pathologies physiques ou psychiques institutionnelles, comme nous subissons les différents symptômes qui sont inhérents au corps malade.

Pour récapituler, « la spiritualité » est donc « innée » et « naturelle », même si elle à besoin d’être alimentée sans cesse et soutenue par une relation aux autres (père, mère, fratrie…, comme chez les bêtes sauvages ou de compagnie, on ne vit pas seul !), alors que « La religion » comme « La politique » sont « acquises », on ne nait pas citoyen, on devient citoyen du monde et solidaire d’un groupe, c’est « un pur phénomène grégaire », qui doit sans cesse être discipliné, contrôlé, gérer, modulé par des lois (code pénal, catéchisme, charia, même combat !) et par une certaine « Tradition », une éthique, une citoyenneté, etc.,), dans un dynamisme où toute différence, toute transgression sont perçues comme « un risque », où toute déviance doit être récupérée par le système ou nivelée, élaguée…

Les institutions disposent pour cela d’outils puissants, dont l’enseignement généralisé, la police, l’armée, la politique de la meute, les croyances dirigées, la psychologie de masse et surtout la politique du « bouc émissaire ». Ces « campagnes » (terme guerrier et militaire) d’islamophobie doivent être lues « en tant que « symptômes” dans un système qui montre là toutes ses fragilités ; les islamophobies ou autres phobies sociales et culturelles, ne peuvent apparaître que dans “des zones d’incertitudes» (de fragilité et donc de conflit), qui sont aussi heureusement des failles dans la structure même des systèmes, dans l’espace ouvert (les zones de vie et de possibles), là même où peut naître de la différence, de la diversité, du changement, afin que les causes plurielles et multifactorielles puissent y devenir « Grâce » pour demain, que les crises s’y fassent opportunités et que la mort elle-même se change en espérance.

C’est pour cela que la véritable « spiritualité » peut être perçue comme un véritable « danger » pour les anciens, les conservateurs, les doctrinaires, les fondamentalismes et autres extrémistes rigides et intolérants…, en politique tout comme en religion !

Comme dans la préhistoire, rien ne change vraiment ! Les garants du pouvoir, du savoir ou de l’avoir ont toujours peur des changements alors ils contrôlent ! Même les anciennes croyances, les pires révolutions, etc., sont toujours, un jour ou l’autre récupérées par les Églises ou par quelque système qui puisse se sentir un jour ou l’autre en péril. Un système, faut-il le reconnaître qui est de plus en plus mondialisé pour le meilleur et pour le pire !

Et Dieu dans tout cela ?

Il est la grande victime de nos dysfonctionnements, car Dieu ne peut devenir ce Lieu même du Bonheur qu’à travers nous, en nous ; Il est comme l’Homme une pure intériorité qui n’existe pas encore, mais qui est en nous et qu’il (nous) faut dégager de sa gangue comme l’archéologue dégage l’or de son enveloppe de terre, et nous sommes ces terreux dans les mains boueuses du temps et de l’espace ! Comme le Papillon se libère peu à peu de sa chrysalide pour voler se ses propres ailes, c’est la métamorphose, la métanoïa, qui est le résultat d’un long chemin d’humanisation ; c’est la vraie et seule guerre sainte qui peut nous conduire à nous même ; c’est le Djihad intérieur, le grand pèlerinage, celui du corps, du cœur et de l’âme qui seul peut nous conduire au bonheur ici-bas et pas ailleurs !

Toute sa « Puissance » (sa seule force ou puissance en ses virtualités), toutes les potentialités de ce « Bon Lieu » qui a un cœur de miséricorde, sont réduites à néant si nous ne nous faisons pas chair avec le monde.

Et là encore, bien trop souvent, on associe trop facilement l’ouverture à l’autre, l’altruisme ou l’altérité, la bienveillance et la gratitude, l’entraide ou la coopération entre nous, et la compassion l’un pour l’autre à « des composantes religieuses », alors qu’elles sont naturellement inscrites comme les tablettes de Moïse en nos gènes et neurones, mais il nous reste à les opérationnaliser en nous avant tout, pour faire du social, du religieux ou du culturel à la dimension de l’Homme qui vient.

Il nous reste encore à les « réaliser » dans nos vies de chaque jour. Elles sont peut-être que des composantes psychiques naturelles, mais elles doivent devenir « surnaturelles » tellement elles peuvent nous aider à nous « surnaturaliser » nous-mêmes, c'est-à-dire nous encourager à dépasser notre propre égoïsme, en notre nature animale ou biologique.

(...)

Oui, cher Abdelghani, je partage absolument tout ce que vous soulignez concernant "le djihad ennafs», la grande bataille sur soi-même, même si beaucoup de musulmans ne sont pas en accord et préfèrent la charia pour refaire le monde à leur manière et parfaire les bons comportements de chacun. Mais les catholiques eux-mêmes n’ont-ils pas pratiqué durant des siècles les guerres saintes sous forme de croisades et d’inquisition ! Alors, ne jetons la pierre à personne ! Mais à travers toutes ces formes de zèle sanglant, de missions impossibles et de prosélytisme multiforme, la voie des mystiques à toujours accompagné l’histoire, pour affirmer dans la voie de l’amour du créateur ou du Grand Miséricordieux, que la guerre (ou le Jihaad) contre les incrédules ou les incroyants n’était qu’un chemin d’illusion. C’est d’ailleurs ce que les plus grands poètes et mystiques soufis ou chrétiens n’ont pas arrêté de dire, de crier et de prier, malgré les condamnations et persécutions qu’ils vivaient au sein même de l’Église comme de l’Islam.


J’ai moi-même le Coran et la Bible sur mon ordinateur et ma bibliothèque, en de multiples versions, mais je ne m’autorise aucune lecture fondamentaliste des textes sacrés. Il faut faire preuve d’intelligence et de discernement, et l’exégèse existe pour nous aider à lire !

Il faut faire la part des choses, c’est cela « La science » ! la part entre "la réalité spirituelle" qui est de l’ordre mythique et symbolique, pour mieux nous faire entrer dans l’ordre des symboles (une autre forme de la réalité), et la réalité de la réalité qui s’exprime dans les faits journaliers. Ainsi, la réalité symbolique parle au cœur comme une métaphore en poésie, une parabole dans les livres sacrés ou un conte dans un livre d’enfants. Comme un dogme pesant, la sacro-sainte « tradition » tout comme les « textes » les plus vénérables, ne sont que des cages dorées qui entretiennent les croyances souvent magiques et les illusions les plus tenaces, et de véritables prisons pour celui ou ceux qui ne savent nullement discerner leurs sens et leurs limites, leur histoire et le contexte dans lequel ils sont nés et se sont développés.
À titre d’exemples, le texte de la Genèse dans la Bible qui est au début de l’Ancien Testament, mais qui a été l’un des derniers textes a avoir été écrit.

Bien avant le philosophe Platon qui est né vers 423 avant J.-Christ, les Grecs connaissaient déjà le mythe de Prométhée qui aurait créé les hommes (tout comme le Dieu de la Genèse) à partir d'eau et de terre, mythe méditerranéen par excellence que les Hébreux reprennent à leur actif comme ils le firent pour le texte sur Noé sur le Déluge, qui est lui-même un mythe babylonien tel que les Hébreux en captivité l’on entendu et repris pour eux afin d’illustrer leur propre histoire. Mais en réalité, le Livre de la Genèse est selon les exégètes une compilation de textes écrits sur jusqu’au II ème siècle av. J.-C, dans le seul but de transmettre certaines traditions orales juives.

Évolutionniste, je ne crois pas que l’homme soit né « bon », on ne peut pas dire d’un primate qu’il est « bon » puisque l’Homme véritable n’est pas encore ! Mais, ce n’est pas l’erreur qui est humaine, c’est de ce dire Humain qui en est une ! Quant à Jean-Jacques Rousseau que vous citez, lui qui était un être exécrable ayant abandonné ses propres enfants en savait quelque chose !

Ainsi, je peux croire en Gabriel, en Raphael ou en Michael, je peux encore croire aux anges et aux démons où à des lieux comme l’enfer ou le paradis… en tant que « réalités spirituelles» elles peuvent exister dans la psyché humaine, dans l’inconscient trouver leur place, dans l’âme ou le cœur des humains, tels des personnages « mythiques » ; mais attention ici, faire de « nos croyances » et de nos « convictions» des réalités cela est suicidaire ! En faire une réalité matérielle ou physique cela reviendrait à prendre mes rêves pour la réalité et à transformer ainsi la réalité de chacun en véritables cauchemars !

C’est ce que nous avons fait durant des siècles dans le monde chrétien, un monde où l’on croyait le Roi mandaté par Dieu, où l’on pensait que Dieu avait un plan pour chacun, où l’on rêvait L’Église comme la main souveraine de Dieu , mais un jour il nous fallut bien retomber les pieds sur Terre ! Dieu n’est pas aux Cieux comme un Dieu Tout puissant, et nous ne sommes que des Hommes en puissance ; c'est-à-dire qu’il nous reste à devenir pour faire advenir « Le Bon Lieu » et le Royaume ici-bas, et il y a du travail pour chacun et pour tous ensemble !

(...)

Roland

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