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Veilleurs de Dhuis (extrait)
personnelles [ ]
récit autobiographique

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par [Reumond ]

2011-08-09  |     | 





Clichois, Clichoises, habitant du pays d'Aulnoye, souvenez-vous en vos rêves profonds de ces marécages qui cerclaient nos regards, là où l’aulne et le bouleau plantés en rangs serrés étaient de sève et de chlorophylle, comme les piliers dressés bien droits d’une cathédrale végétale, comme une fière armée d’arbres marchant à pas de racines, vers les premières marches de Paris.


AQUAE DUCTUS

Elle n’a rien de Romaine ou d’antique, ce n’est pas le Pont du Gard ou l’aqueduc de Tarragone, car la Dhuis n’a pas la folie des grandeurs, tout chez elle est intériorité intériorisée comme en un long pléonasme fluide.

La Dhuis a du cœur !

Les autres, « les ceusses » qui sont classés au patrimoine mondial de l'Unesco, n’ont que les apparences pour eux, ils ne sont que des signes extérieurs de richesse et de présence au monde, mais en dehors de leur fière allure, ils ne disent rien de la profondeur du cœur de l’homme, rien du Léthé, rien de la vie spirituelle qui traverse toute chose ; la Dhuis, quant à elle, on ne peut la pénétrer, la contempler, l’admirer et l’écouter qu’en fermant les yeux et les oreilles et en ouvrant tout grand son cœur, comme s’ouvrent les écluses.

Elle est une source !

Elle n’enjambe aucune vallée, ne connait ni arches de pierres dressées comme des cathédrales celtiques, ni les flots de touristes braillants, et pourtant, avec son air de fleuve tranquille, dissimulé aux regards, aux objectifs des appareils photo, elle est tellement belle, magnifique d’une beauté tout intérieure, comme une vieille Dame qui ne supporte aucun inutile verbiage.

Je la connais cette Dhuis, au lieu même de mon enfance, entre Le Raincy et la ville de Coubron ; source des sèves et des humeurs, elle coule en dedans, du dedans, elle serpente en nos veines, mais c'est dans la profondeur de l’homme qu’elle coule plus encore , intime et ultime à la fois ; elle fuse et infuse nos âmes, dans l’obscurité de nos vies ; je la connais bien cette source, par la foi et l’expérience, mais c'est dans ma part d’ombre qu’elle se fait lumière, dans la noirceur de mon cœur qu’elle palpite jour et nuit.

Je sais par cœur et par pensée qu'il ne peut y avoir de chose plus belle que ce jaillissement, et même que le ciel le plus bas et les terres les plus sèches viennent y boire à profusion, mais c'est dans l’opacité des choses qu’elle coule, je sais bien que c'est en une caverne qui traverse les chairs, un abîme sans fond qui ne se laisse pas connaitre, et que nul ne peut passer à gué cette rivière intérieure ; ce passage, ce souffle de vie, cette source infinie et éternelle et cachée aux hommes superficiels.

(...)

Toutes les créatures du ciel et de la terre, celles mêmes qui habitent les profondeurs de la mer, viennent toutes y boire l’eau de vie dans l'ombre de l’infini et le bol des abysses. De là, en ce Bon Lieu, « elle appelle toutes créatures, mais c’est de nuit » comme dirait Jean de la Croix.

Ce chenal, c’est le chemin, la vérité et la vie, la source même de l’amour et de mes souvenirs, c’est la source de mon appel à vivre davantage et de mon désir d’aimer sans limites, mais c'est dans l’inconnaissance que je la connais, dans l’oubli que je la retrouve ; elle est devant moi et derrière moi, c’est dans le vide que je suppose la saisir et dans la mort qu’elle se saisie de moi,

Quand je la prends en main, elle s’échappe tel un oiseau ; si je pense marcher à côté d’elle, elle me dépasse, elle est comme une vague qui me submerge, un flux sans nom, une chose que l’on ne peut nommer ni définir, même si elle passe et gicle de toute sa présence, c’est une nébuleuse de lait et de miel, à moins qu’elle ne soit qu’une pensée liquide ?

Oui, paroles de naïades, la Dhuis, à la croisée des mondes, des mythes, des dieux des eaux et des divinités primordiales, des baptêmes et des châtiments par noyade, source de vie et de mort, entre le visible banal, quotidien, et la vie intérieure et profonde se fait chemin pour tous les robinets, pour alimenter les fontaines, les salles de bain privé et les bains publics, la Dhuis se fait mystère, mélangeur pour l’âme et mitigeur en nos valvules.

(...)

Fragment de "Veilleurs de Dhuis" (récit)
illustration ; ancienne carte postale - la Dhuis aux Sept-Îles (Clichy-sous-Bois/Montfermeil).

texte illustré sur http://www.facebook.com/note.php?saved&¬e_id=10150275797307337

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