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ZOOM (extraits I)
prose [ ]
J’ai tout juste quarante ans, l’âge d’un premier bilan.

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par [Reumond ]

2011-08-29  |     | 



Je me nomme Alexandre, le petit, sans majuscule, roi de mes seuls souvenirs, et fils de l’unique macédoine que préparait ma mère avec amour.

J’ai tout juste quarante ans, l’âge d’un premier bilan.

Mon nom semble-t-il signifie « protecteur de l’homme » ; un programme qui me dépasse, à moins que l’homme à sauver, ce soit simplement moi !

Je suis quand même fier de porter le nom de ce personnage, l’un des plus célèbres de l’Antiquité, et bienheureux de mon sort, ici, entre mes quatre murs, je reste le maître de mes mots et de mes fantasmes.

Mon Alexandrie se nomme Charleville, patrie d'Arthur Rimbaud, et mon Indus à moi, c’est simplement la Meuse ; pas d’immense empire à gérer, mon petit royaume s’étend entre mon magasin de photographie, ma salle de bain, la cuisine et mon bureau, et c’est bien assez à ranger !

Mais quand j’étais petit garçon, nous habitions à la lisière des bois, un terrain d’aventure ou Alexandre enfant avait encore des rêves pleins la tête et des projets pleins les poches.

Mais l’enfance s’écoule, sans retour possible comme passe le temps. Dehors il pleut encore et j’en profite pour mettre quelques notes sur quelques feuilles de papier recyclé, car il faut bien vivre avec son temps.

En écrivant ces lignes, je me souviens du regard que j’avais à l'époque sur les gens et les choses de la vie.

(…)

Au ciel comme sur terre, les angelots roses et joufflus nous observent derrière leurs nuages, et ici bas, les petits diables nous toisent et nous considèrent avec circonspection.

Curieux de nature, intelligent, savant par culture, spontanément subtil, quelque soit sa zone d’enfantement, l’enfant est partout un zoomeur né !

Vous remarquerez que dans « ZOOM », il y a bien sûr « Zoo », ça saute aux yeux comme kangourou !

Entre un œil de biche doublé d’un regard de lynx, tout chez l’enfant est fait pour l’observation, c’est Mowgli dans la jungle des grands.

Tout chez moi était ainsi fait pour l’observation, mais qu’est-je fait de mes vues ?

Qu’est-je gardé de mes rêves ? Encore un mystère de plus !

Regardez bien, suivez l’œil de l’enfant à travers ses grandes lentilles miroitantes, et vous comprendrez de suite tous les secrets des appareils photo dits « reflex » ! De très petite taille et léger comme une plume, tout chez lui est compact, et le plus souvent totalement spontané, automatisé, instinctif, en lui la visée se fait par un viseur à part que l’on nomme l’admiration, l’étonnement, l’enthousiasme ou la joie, selon les circonstances qui sont nombreuses à cet âge là, tout doit et peut-être zoomer !

Naissance, croissance, ouverture, temps de pose, sensibilité…, L’enfant est comme un appareil photo tout à fait adapté aux personnes qui l’éduquent, et à celles qui souhaitent le manipuler affectivement, sans trop se soucier de la technique, toute sa mécanique est simple, pure, obéissante et soumise à souhait.

Depuis Darwin et plus récemment, avec Desmond Morris, l’auteur du Singe Nu, nous sommes davantage accoutumés à nous regarder dans le miroir d’une autre manière. Mais pour le petit d’homme, ça marche comme sur des billes, dans ces gros calots, qui trouent les poches de nos pantalons, ses agates paysages où on peut lire l’avenir ; la totalité du zoo humain n’est qu’un seul grand secret pour l’enfant qui vient au monde, un impénétrable fatras qu’il lui faudra sans cesse analyser et organiser à sa manière.

En dehors de l’enfance de toute chose, aucune lunette astronomique, aucune paire de jumelles, n’a cette acuité particulière à percer le voir pour pénétrer les mystères de l’humain, l’enfant est seul à percer le voir, là où l’origine touche à sa fin, dans cette perspective où l’enfant est le passage entre le passé et l’avenir de l’homme.

Il n’y a pas de temps à perdre pour percer le voir (see drill), alors l’enfant est souvent un hyperactif, fébrile comme une gerbille, parce que l’enfance passe tellement vite, en trombe (zoom en anglais) !

Entre les différents plans de notre vie comme de cette histoire, tout est zoomable !

Ainsi, Alexandre Totsky (c’est moi), pauvre narrateur de ZOOM, utilise-t-il ( à bon escient) son propre stylo-plume comme lunette d’approche, une longue-vue qui marche à l’encre noire et qui lui permet de se souvenir, mais aussi, de voir en prospective, dans cet espace-temps qui est une boucle et une histoire sans fin, pleines de perspectives en trompe-l’œil.

L’enfant qu’il était avait a les sens aux aguets, sa forme de voyeurisme s’inscrit parfaitement dans une absolue normalité et une infinie nécessité du moment et du comment.

Comment ? Pourquoi ? Où ?

Les interrogations fusent comme des feux de Bengale et explosent comme des pétards pirates, surtout les questions interdites, qui deviennent des énigmes obsessionnelles, quand tardent les réponses, ou pire, quand elles ne viennent pas !

En cette quête angoissante d’en savoir toujours plus, la devinette se fait tourments et la charade pénitence.

On joue à l’examinateur, au docteur, à l’explorateur, pour percer les mystères du corps et de la tête, mais c’est toujours la même curiosité qui ronge le bois et rouille le fer ; la même curiosité, toute légitime, qui mène le jeu et les jeux.

Intérêts corporels en premier, physique, puis métaphysique, car les questions sexuelles finissent toujours par mener aux questions spirituelles, les choses naturelles aux choses surnaturelles, les méandres du corps aux labyrinthes de l’esprit et du sens même du sens des choses et des faits. Les chemins de l’essentiel passent toujours par les plus prosaïques sentiers, là où la cour des mirages côtoie celle des miracles.

Chaque leçon de choses ouvre des reliquaires, des coffrets à trucs et des trucs à mystères, des boîtes de Pandore, car chez les enfants, tout est occasion d’examiner de plus prêt les trésors, on les croirait anges gardiens, mais ils sont en vérité et contre toute éducation, les gardiens mêmes du fond des choses.

Qui suis-je en cet univers de grands ?

Les yeux et les vœux des enfants portent la question de l’Univers, perçant le voir de leur regard affiné, ils sont, des pieds à la tête, une immense interrogation : d’où je viens, pourquoi ? Une universelle quête de devinettes.

Inimaginable ! Mais par toutes les strates de gènes, et tous les stratagèmes, ils déshabillent le monde, l’œil en coin comme pour percer le voir jusqu’au-delà des 360° possibles, jusqu’en des terres impossibles.

D’ailleurs, la preuve par le blanc de l’œil et celui de l’œuf, les grands découvreurs, les visionnaires, tous les mystiques et autres contemplatifs, les explorateurs…, ne furent-ils pas tous un jour des enfants ?

Alexandre ne reçut-il pas son premier microscope à douze ans, pour sa communion solennelle, afin d’explorer les mystères du microcosme.

Avec un appareil photo Kodak et quelque matériel pour développer lui-même ses images. Le narrateur de ZOOM n’est d’ailleurs pas regardant sur les images !

Il y avait aussi dans les cadeaux la montre, pour mesurer toute la relativité du temps, entre l’ennui et l’extrême occupation.

Et puis, présent suprême, un stylo Waterman, pour écrire les mémoires d’un explorateur de l’invisible.

Sans oublier la chevalière de Chevalier de Maison Rouge, largesse en plaqué or de sa marraine Jacqueline.

Et une belle édition reliée cuir de l’Origine des Espèces de Darwin,

(…)

Zzzzz, bruit de zoom ou bruit de mouche, qui se pose l’un ou l’autre sur le plus petit détail, comme sous une loupe de lumière, tel l’objectif de la caméra au cinéma, éclaire la situation pour donner la parole à l’ombre des faits.

Zoommm, dans un flux et un reflux qui rappellent les vagues…, l’éloignement ou le rapprochement successif, obtenu par la variabilité des sujets, des objets et des plans. Gros plan du coin de l’œil, sur la main, le nez, la larme au coin de l’œil.

Percer les murs et les nuages, pour que le rêve prenne vie et que la vie devienne rêve, j’aurais aimé me métamorphoser en cette mouche, en ce zoom…, comme la petite souris des dents, qui pénètre le secret des oreillers, ceux des voix dans les murs et les crissements parlants des planchers, pour voir et pour entendre, ce que les grands disent et font de leur vie à l’ombre des enfants.

Entre le ciel et la terre, le privé et le pudique, l’intime et l’ultime de chaque chose et de chaque être, en en ce musée de l’homme ou l’homme est un gouffre, pour lui-même et un abime de mystère pour l’autre, voyeur ou voyant, je me pose souvent la question !

Sculpteur d’images ou scripteur de traits, en ce zoom vers notre avenir à tous, je torture, je ne peux détacher mon œil du passé, en d’impossible zoom pour retrouver l’odeur et le sens des choses, tout en était tiraillé cette dimension fragmentée du temps.

En d’impossibles plans, je peux voir, mais combien me trompent mes propres sens, pour percer le voir en d’impossibles diaporamas qui ne sont peut-être que des illusions d’optique !

Voir et percer le voir, c’est la quête du Saint-Graal, la pierre philosophale, l’œuvre de L’œil de l’Ange de mon ami Philippe Lecerf.

Devant la difficulté de zoomer davantage les choses les plus sensibles de l'être, c’est la métaphore qui seule peut prendre le relais, et qui devient ici mon zoom par excellence.



Quand le narrateur que je suis, par nécessité de respirer l’air et l’encre dès le matin, quand je ne sais plus agrandir, que lever le voile devient pénible, quand percer le voir n’est plus qu’un mot stérile, pour saisir la réalité du mystère qui m’échappe...

Alors seulement,l’encre doit se faire « sympathique » pour révéler une grande partie du message occulté.

( …)


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