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poèmes [ ]

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par Olivier Deck [Olivier_Deck]

2003-11-21  |     |  Inscrit à la bibliotèque par Radu Herinean




Entre les oliviers

et les cyprès

se perd la trace

de mes rêves d’hier



J’étais ici

verre de vin

dans une main



Dans l’autre main

le sable d’une arène

dont les gradins me protégeaient

du monde



Le sol tremble

quand la nuit affûte

sa lame d’albâtre



Crépuscule

vacille la lumière

et les bougies s’éteignent

au chevet des mourants



Alors l’histoire des hommes

mugit comme une mer lointaine

dans le sein des feuillages



(… grappes

de jeunes femmes

offrent leurs nombrils

aux rues acides

cognent les pare-chocs

flics sifflent, gesticulent, punissent

et les touristes

en coulée de boue bigarrée

s’arrachent les lambeaux

d’une âme vendue

aux tambourins.



De temps en temps

levant les yeux vers le ciel jaune

je me demande où est la beauté

la neige est sale

au somment des montagnes.



Sais-tu

qu’en assassinant la neige

c’est ton âme que tu assassines ?)



Je suis le vent

Chargé de regrets inépuisables



Le vent qui rit

au bec de l’hirondelle

évadée

de la geôle des averses



Le vent qui galope sur les névés

hurle au fond des abîmes



J’ai franchi

la herse de la pluie

me voici goutte

coulant le long

d'un long rayon de nuit

vers ce berceau d’ombre et de lumière



Écoute bien

voici mon chant

comme l’eau des jardins

sonore et fuyante



A jamais en partance.


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