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La nuit qui tourne ici dans sa glaise les ombres
poèmes [ ]

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par felipe, Da Islanera [felipe ]

2007-05-04  |     | 



La nuit qui tourne ici dans sa glaise les ombres


Certains paysages portent en eux la réverbération du désespoir et la mélancolie. L’eau et la terre, aux formes incertaines fusionnent les limites ; la mer envasée dans l’estuaire et les îles noyées vers les pluies à venir de septembre, le temps et le lieu des prémisses d’autres hivers. Je voudrais prendre cette lenteur, en offrir l’excès au vif qu’elle retient.

Ni les preuves, ni les traces cette généalogie des blessures ressassées
où jamais ne cicatrisent, hiers déchus pour toujours, les rêves en allés
qui reviennent dès l’aube, fracturer le fragile équilibre des lendemains

Ce que je veux écrire ce paysage ne le retient entre ses tessons de plaine sale, ses buissons urticants, ses aubépines, ses genêts par les vents transpercés. Ce qui m’oblige ne défait. Au fond d’obscures cellules, toujours demeure et devient plus vive encore la rumeur des saisons. La vibration d’une fenêtre au creux d’un songe où s’éveillent à l’horizon les lueurs vagabondes.

Celui qui veille, même un instant ne s’évade de la complicité des nuits
où mieux dissimuler l’incendie, qu’au milieu incandescent de la braise
le désert dans la mouvance implacable des sables, ses vagues érodées

Les masques d’immobile ou les phasmes pétrifiés dans le mimétisme des brindilles, le guetteur des longues attentes noctambules, devenu lui-même diurne résurgence du soir, lorsque le jour paraît et que la lumière transfigure en souffle s’insinuant entre les silhouettes mouvantes des fougères.






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