agonia
francais

v3
 

Agonia.Net | Règles | Publicité Contact | Inscris-toi
poezii poezii poezii poezii poezii
poezii
armana Poezii, Poezie deutsch Poezii, Poezie english Poezii, Poezie espanol Poezii, Poezie francais Poezii, Poezie italiano Poezii, Poezie japanese Poezii, Poezie portugues Poezii, Poezie romana Poezii, Poezie russkaia Poezii, Poezie

Poèmes Personnelles Prose Scénario Essai Presse Article Communautés Concours Spécial Technique littéraire

Poezii Românesti - Romanian Poetry

poezii


 

Textes du même auteur




Traductions de ce texte
0

 Les commentaires des membres


print e-mail
Visualisations: 2776 .



La maladie est si doucement isolante...
poèmes [ ]

- - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - -
par [Rodenbach,_Georges ]

2009-01-08  |     |  Inscrit à la bibliotèque par Guy Rancourt



La maladie est si doucement isolante :
Lent repos d'un bateau qui songe au fil d'une eau,
Sans nulle brise, et nul courant qui violente,
Attaché sur le bord par la chaîne et l'anneau.
Avant ce calme octobre, il s'appartenait guère :
Toujours du bruit, des violons, des passagers,
Et ses rames brouillant les canaux imagés.
Maintenant il est seul; et doucement s'éclaire
D'un mirage de ciel qui n'est plus partiel;
Il se ceint de reflets puisqu'il est inutile;
Et, délivré du monde, il s'encadre de ciel.

Car cet isolement anoblit, lénifie;
On se semble de l'autre côté de la vie;
Les amis sont au loin, vont se raréfier;
A quoi dont s'attacher; à qui se confier ?
On ne va plus aimer les autres, mais on s'aime;
On n'est plus possédé par de vains étrangers,
On se possède, on se réalise soi-même;
Les noeuds sont déliés ! Les rapports sont changés !
Toute la vie et son mensonge et son ivraie
Se sont fanés dans le miroir intérieur
Où l'on retrouve enfin son visage meilleur,
Celui de pure essence et d'identité vraie.

Les maladies des pierres sont des végétations. Novalis.

Quand la pierre est malade elle est toute couverte
De mousses, de lichens, d'une vie humble et verte;
La pierre n'est plus pierre; elle vit; on dirait
Que s'éveille dans elle un projet de forêt,
Et que, d'être malade, elle s'accroît d'un règne,
La maladie étant un état sublimé,
Un avatar obscur où le mieux a germé !
Exemple clair qui sur nous-mêmes nous renseigne :
Si les plantes ne sont que d'anciens cailloux morts
Dont naquit tout à coup une occulte semence,
Les malades que nous sommes seraient alors
Des hommes déjà morts en qui le dieu commence !

(Georges Rodenbach, Les Vies encloses, 1896)

.  |










 
poezii poezii poezii poezii poezii poezii
poezii
poezii La maison de la litérature poezii
poezii
poezii  Recherche  Agonia.Net  

La reproduction de tout text appartenant au portal sans notre permission est strictement interdite.
Copyright 1999-2003. Agonia.Net

E-mail | Politique de publication et confidetialité

Top Site-uri Cultura - Join the Cultural Topsites! .