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Comme Dit du monde
poèmes [ ]

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par [felipe ]

2006-05-05  |     | 









Comme Dit du monde


A ciel ouvert l’écriture minuscule et penchée du géographe, comptable des Abysses, dans le glissement feutré de sa plume : avons passé le cap des Tempêtes accompagnés de la Terreur divine, mais l’Océan semble infini. Une fois déliés du nœud d’effroi, rien ne s’avère pouvoir arrêter notre course.

Peut-être Sagesse était, de rester, s’enfonçant lentement dans le sable des regrets, que le partir. Plus fort, le désir du cartographe repoussant l’illimite à chaque côte dessinée, que toute chose revienne à son point de départ, le temps sur son orbe et l’homme à sa nuit chancelante.

Mais moi qui me condamne, sans que nulle brise ne me pousse au fond du ciel, dans un angle incertain, vers une île de plus, un gravier au travers un grand vide suspendu au-dessus du silence, dessinant les contours sinueux de ce que l’on dit, Le monde voguant par des ondes absurdes.

Voilà le Géographe, il souffle sur sa plume embuée de circonstances et libère l’Espace en le nommant, au gré des occurrences, Cabo verde, Désolation, Désirade, Îsles sous le vent et le calendrier des jours essaimés, la litanie des Saints, procureurs de naufrages.

Je ne pouvais en rester là, écueil et demie-mesure Je n’écris pour personne ni pour réparer le monde. Je mêle les « peut-être» les « je ne sais » Ce n’est pas toujours vrai dans les marges. Comment mettre en lumière l’obscurité, l’éblouissante torpeur du mouvement s’extrayant de l’inverse évidence ?

S’il y avait deux versants d’un même possible ou bien ce qui fut éloigné. Dans la léthargie des dimanches attendant que reviennent les vagues furieuses des jours gris qui défaisaient les ponts, chaque pavé se dissolvait sous le pas, toute alchimie d’inventer le rêve, lui donner d’autres noms briseurs de frontières.

Ou bien c’est ce chemin, mais c’est aussi cet autre et celui que je prends recèle tous les autres et m’en détourne en même temps. Les mots, le vent, l’osier que j’ai cintré, noué dans les formes submergées d’une anse, ce qui porte et disperse sur la grève, écorces et bois flottés qui surnagent.

Je n’étais revenu et ce fut long voyage que de tresser la voie, résection de chaque empan d’elle-même, jusqu’à la disparition des preuves, l’usure du pavé et le ciel érodé qui délite ses rouilles au moindre coup de vent, ainsi telle pensée forgée d’immarcescible vole au moindre doute dans ses propres éclats.

De ce doute, ses moindres éclats, on aurait pu faire une rive qui tienne, tandis que l’autre s’effondrait, au lieu de s’accrocher au vertige de la chute.

Puis m’en suis retourné une autre fois pour signifier que devant reprenait même place et que d’importance était d’être là au milieu exact de nulle part, que tout doit commencer par cette mue qui ressemble tant à la désillusion, se révèle encombrante liberté. Minuit au fond d’un bois déboussolé.

Ou bien dessus la mer gelée que je situe pour un temps dans la plaine d’hiver et le magma des ronces, nulle fête désormais n’aurait lieu qu’au gré des artifices ? Le chant devenu plus grave, en sera t’il moins aérien ?

Ce que fut ce temps, s’il faut que je le compte, avec quelle mesure, au fond je n’en sais rien ! Ni ne m’attarde, il y a toujours « quelque chose » de passé. Or moi je traverse, « hors moi » quelque porosité de la sorte qui ne fait pas un langage, mais fragments, pas une trace à assembler.

C’est un pays de peu de lumière, l’on y craint l’esprit qui sème des révoltes. Tout le langage désinforme et gouverne. Au fond, il n’y a plus d’acte que désincarné dans les circonvolutions de la langue.

Une langue qui serait fascination des noyades, lorsqu’elle n’est plus qu’acquiescement, envoûtement de rythmes, magnitude des images, paysages de semblances et d’écumes, à travers les concrétions du mirage.

Puis, Il faut la laisser tomber, mouvement enserré dans le sac grouillant des noces reptiliennes, des reptations d’une noire beauté s’extrayant des limbes, illusoire nutation de crécelles, venin infusant des girations narcissiques dans lesquelles s’enfoncer.

Fouiller tout au fond entre les poussières et la glaise, le chaos maculé des couleurs, la crépitation sourde des odeurs, ce qui demeure du roulis et des braises. Ce ne serait profusion, ni extase, à moins que dire enfin, ne soit profusion et extase, sans être perdition, douleur, folie, ni éblouissement.


Quelque sens qui m’aveugle, à force de regarder à travers le prisme d’un seul, tandis que je participe de tous, géographe des blessures. Ce n’est pas de moi, mais sur moi que j’écris le monde scarifié et ma peau se souvient de la nuit d’affleur, le solstice que ton souffle y laissât.

Toutes traces ainsi qui ne peuvent s’effacer, à moins que ne s’emmêle, pour un temps, grande Geste d’évanouissement, d’enfouissement et de disparition, forcenée, sous les intenses frondaisons révulsées de la mémoire, les signes lénifiants et trompeurs de l’oubli.

Qui revient, tel fut l’océan enseveli en ses murmures, un esquif. Ou bien Grande vague hiératique figée au large de Kanagawa, dans le sublime dénuement, la quintessence du naufrage « perdition, douleur, folie, éblouissement » que tout, malgré, ou par cela, fut possible.

Désert, non pas celui qui est, lorsque l’on désigne l’épure, une recension interne des volutes étroites du vide, mais dans la froideur minérale, la nuit intercessive et les sarments, les brindilles, l’étoupe ardente des matins.

Que je ne puisse m’étonner que l’eau et le soleil portent même nom de source que l’obscurité.




















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