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Les douze portes (extrait)
poèmes [ ]

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par [Reumond ]

2020-03-01  |     | 




« Si tu entens ce que je viens de dire, tu as ouvert la première porte de la première Clef, & tu as passé la première barrière ; mais si tu ne le comprens pas, & si tu n’y vois aucune clarté, tu auras beau manier & regarder le verre, cela ne te servira de rien & ne t’aydera aucunement la vûe corporelle, pour trouver à la fin ce qui te manque au commencement, car je ne parlerai pas davantage de cette Clef, comme m’a enseigné Luce Papirius. »

extrait des douze clefs de philosophie de frère Basilius Valentinus (Basile Valentin).


AVANT-PROPOS

Savez-vous que dans les prisons de l’esprit, rien qu’un simple bruit de trousseau de clés peut ouvrir une porte ?
Tout comme deux cœurs qui palpitent et dialoguent pour s’ouvrir l’un à l’autre, pour s’entrouvrir avec désir, crainte, courage ou humilité, ou pour se fermer un temps ou même pour la vie... C’est ainsi, depuis toujours, la clef, son trou et la serrure sont comme des corps qui se coulent l’un dans l’autre en produisant de langoureux cliquetis ; tels des corps qui se convoquent, s’appellent, s’attirent et s’articulent en coïncidences plus ou moins ajustées, dans un jeu de pénétration et de pêne mystérieux.

Clé sur porte ou porte-clefs, c’est toujours une question d’ouverture, de signification, de solution et de secret sous les verrous. Clé, verrou et porte sont toujours là, comme dans ces grandes histoires d'Amour, ces récits passionnés qui remontent à l’origine même des temps et de la littérature. D’ailleurs, bien que les clefs du Ciel m’échappent encore des mains, ici même, à un iota près, au royaume des Saints comme à celui des syntaxes, clé et ciel sont presque synonymes, quasi anagrammables, mais entre eux et dans l’entre-deux les trous et les manques restent innombrables.

Oui, clés et verrous, sont comme de grandes histoires d’Amour, avec un grand A, aux portes mêmes du ciel et du Cosmos. Quand un dieu ou quelques Rois ne viennent pas s’en mêler, depuis Marc-Antoine et Cléopâtre, jusqu’à Tristan et Iseult, Romeo et Juliette, Héloïse et Abélard ou Paul et Virginie, les portes s’ouvrent et se ferment, les clefs et les serrures cliquent autour de grandes comédies romantiques ou pour des drames shakespeariens, ou des tragédies comme Andromaque, Phèdre et Hippolyte de Jean Racine. C’est cybernétique, quand une clef O aime une serrure H qui aime une clef P qui aime une serrure A qui aime H’ tué par A’ durant la guerre de Troie, les portes portent malheur !

C’est une évidence de bec-de-cane, quand les clés, les verrous et les portes s’articulent en ces mouvements par lesquels un corps en pénètre un autre pour se tourner sur lui-même dans une harmonie plus ou moins ajustée, il y a de la vie et du mystère ! De la vie et du mystère comme dans ces contes de panneton, cette partie de la clé qui pénètre profondément dans les trous de serrures de la réalité, pour agir et réveiller le pêne dormant comme la Belle dormant au bois de Charles Perrault.

Par l’intercession des trous de serrure ou des trous noirs de l’espace-temps, d’introïts métalliques et de mécaniques de ferronnerie, l’intromission du panneton, c’est la mission des clés, c’est l’introduction dans la profondeur des choses, pour mettre en relation intime l’intérieur avec extérieur, l’antérieur avec le postérieur, et ainsi de suite, mettre en communication ou en contact le vide et la matière, comme un contenu et un contenant.

Introduire une clef, c’est comme un prologue ou un préambule amoureux, c’est se préparer à l’inconnu et à l’étrange ; c’est connaître au sens biblique du terme le mystère et la mécanique interne du cœur des choses ; c’est s’exposer à la vulnérabilité ; c’est rendre accessible l’un en se frayant un passage dans l’autre, comme un passage à travers un toril où se tient un quelconque Minotaure mugissant ou sous un torii apaisant dont la seule clef est « le sacré » lui-même. Introduire une clef, c’est passer outre ou trépasser de l’endroit à l’envers, d’un monde imaginaire, symbolique ou plus ou moins réel, vers un autre monde, une autre dimension, ou en des ailleurs plus ou moins improbables.

Partout dans l’univers circulent des légendes de violeurs de portes, de pied-de-biche et de passe-partout, de clé de miroirs magiques, de rossignol comme dans le Décameron de Bocace, et de verrou défendu comme sur la porte du cabinet de Barbe bleue. C’est un fait, au-delà des anecdotes, sur Terre comme au ciel, clés et serrures sont analogiques et participent à ces grandes histoires de Grand Serruriers, d’Horloger ou d’Architecte divin, comme dans une intrigue théologique, avec des pannetons ajustés et des serrures aux trous géométriques, jusqu’à ces trous de serrure que nous avons dans le corps, vous et moi, pour voir et entendre, nous reproduire, nous nourrir et nous purifier aux portes de la vie.

Des huis clos et des chambres jaunes dont les portes et les volets sont verrouillés et fermés de l’intérieur ; des histoires de bobinettes, de chevillettes et de loquets parfois absents, parfois bloqués comme dans des contes et des comptines de clés tachées de sang, c’est-à-dire de sens et de non-sens, car toutes les clefs sont de nature magique !

Clef, trou, verrou, porte sont comme de divines mécaniques, aux loquets des jours et des corps visibles et invisibles qui coïncident comme caresse bien huilée, tout comme des engrenages de pendule.
Au-delà des jeux de mains et des analogies mécaniques et quasi organiques, comme entre le corps, l’âme et l’esprit, cette mouvante trinité, il existe entre la porte, la clef et la serrure, par le truchement de l’esprit tout un trousseau de mystères.

Comme la clef et la serrure, les mots mystique et mystère se ressemblent et bien souvent se disposent et s’assemblent, car ils ne sont pas que des mots ! Et ce ne sont pas de simples jeux de mots ou de simples hasards, alors, soyez prudent, faites attention à ce que vous avez en main, ces clefs, c’est un véritable trousseau de vie, et il y a un sens aux clefs comme il y a un sens à la vie, et un sens aux serrures, un sens giratoire souvent caché. C’est pourquoi on veut tous s’ouvrir aux arcanes de l’existence, car toute chose cachée est comme une chose gâchée ; ce qui est insupportable à la raison humaine et à nos sens, tout comme nous sont inaccessibles et tout aussi insupportables le vide et le poids de la matière, la clef des origines sans fin et la serrure des fins sans origine.

Bien au-delà des trous de mémoire, comme un Saint Graal « La clé de l’Homme » nous manque amèrement ! Oui, les clés nous fascinent, tout comme nous envoûtent les trous noirs dans la voute céleste et les trous de serrure des portes secrètes. L’homo sapiens est-il la clef de l’Homme, ou l’Homme n’est-il pas tout simplement une énigme de Sphinx, une folie des dieu et une intrigue pour tout homme sage ?

Tourner la clef, dans un sens ou dans l’autre, cela est mécanique et cinématique en même temps ; mais n’est-ce pas toujours tourner en rond en quelque sorte ? Entrer pour ressortir, passer d’un acte à un autre, d’un lieu à un autre, d’une nouvelle preuve à une nouvelle épreuve ? D’ouvertures possibles à d’impossibles passages, avec des portes qui se ferment toute seules en claquant d’un bruit sec ; des portes qui coincent, couinent et finissent par s’ouvrir finalement pour abolir le temps et l’espace par leur dimension sémantique, imaginaire ou symbolique ?

Des générations de serrure en témoignent ; chaque mot est « une clef », une perle de clef, celle d’une porte d’alchimiste, d’un atelier d’artiste, d’un bureau de poète, d’un laboratoire ou d’un oratoire ; d’une porte qui s’ouvre sur toujours plus de Réel ou sur quelques réalités des plus banales ; dès lors, il nous faut donc rester debout et vigilant, et surtout faire attention à notre manière d’utiliser les clefs et d’ouvrir les portes, et à la matière même dont nous façonnons les clés, et plus encore, à la façon la plus sage que nous avons d’entrebâiller les portes et d’ouvrir les mots pour les entrouvrir à toujours plus de liberté, de vérité et de réalité.

(...)

LES DOUZE PORTES, extrait.

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