agonia
francais

v3
 

Agonia.Net | Règles | Publicité Contact | Inscris-toi
poezii poezii poezii poezii poezii
poezii
armana Poezii, Poezie deutsch Poezii, Poezie english Poezii, Poezie espanol Poezii, Poezie francais Poezii, Poezie italiano Poezii, Poezie japanese Poezii, Poezie portugues Poezii, Poezie romana Poezii, Poezie russkaia Poezii, Poezie

Poèmes Personnelles Prose Scénario Essai Presse Article Communautés Concours Spécial Technique littéraire

Poezii Românesti - Romanian Poetry

poezii


 

Textes du même auteur




Traductions de ce texte
0

 Les commentaires des membres


print e-mail
Visualisations: 412 .



Pour le courrier du roi
poèmes [ ]

- - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - -
par [Françoise_Bujold ]

2015-05-11  |     |  Inscrit à la bibliotèque par Guy Rancourt







Mon père battait au fléau ses cinq filles muettes
Comme enveloppes cachetées à la cire ancienne
destinées au courrier du roi.

Mon père battait au fléau
nos cœurs et sa non-appartenance au blé d’ici
sur les terres étroites de vos clôtures

Mon père battait au fléau ses fraternelles chairs
blanches
qui ont épousé des Indiennes

De l’île à la Crosse, mon dieu ! que c’est loin
vos fleurs baroques et totémiques de non-convertis

Venez ici, nous sommes des catholiques habillés de funérailles
névrosés et gelés, alcooliques et sur les bords de tout avouer
avouer quoi, je ne sais plus, peut-être le mot aimer.

Mon père battait au fléau notre nom d’orgueil
et de glace jansénistes
dans nos maisons anglo-saxonnes et militaristes.

Mon père battait au fléau une musique de la Passionnata donnée en cadeau pour moi, par un cousin sensible égaré de mission religieuse sur les habitants aux îles de Castro dépressives et nerveuses.

Mon père battait au fléau, nos facettes, nos colliers et
nos fragiles médailles, nos bracelets d’esclaves.

Que donnerai-je à ma mie, le premier jour de mai ?

Une perdriole ou encore
Mon âme chrétienne, mon cœur, mon corps.

Mon père ne bat plus au fléau,
Depuis qu’il s’est donné à son garçon,
il ne s’occupe plus de rien

Et pourtant, tendrement, il chantonne
Faites au meilleur de votre connaissance

Qu’allons-nous faire de nos enveloppes cachetées
à la cire ancienne
destinées au courrier du roi ?

Dites-le-moi ?

décembre 1965

(Françoise Bujold, La Poésie canadienne-française, (Archives des lettres canadiennes), Montréal, Fides, 1969)

.  |










 
poezii poezii poezii poezii poezii poezii
poezii
poezii La maison de la litérature poezii
poezii
poezii  Recherche  Agonia.Net  

La reproduction de tout text appartenant au portal sans notre permission est strictement interdite.
Copyright 1999-2003. Agonia.Net

E-mail | Politique de publication et confidetialité

Top Site-uri Cultura - Join the Cultural Topsites! .