|
agonia v3
|
Agonia.Net | Règles | Publicité | Contact | Inscris-toi | ||||
|
|
|
| ||||
| Poèmes Personnelles Prose Scénario Essai Presse Article Concours Communautés Traduction Spécial Technique littéraire | ||||||
![]() |
|
|||||
|
agonia.net ![]()
■ LE REEL EXISTE, JE L’AI RENCONTRÉ
Romanian Spell-Checker Contact |
- - -
- - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - 2009-08-20 | | un homme de très loin m’a dit un jour: je te connais un oiseau, un acacia en fleurs, fortement penché sur les eaux de la mer un sillage de fumée, laissé par un avion qui se perdait dans la campagne une fenêtre sur laquelle se voyaient les traces de mains d’un enfant ou d’un vieillard une bulle d’air, l’écho des fous rires des enfants dans la maison qui avait hier peu de choses mais de nombreuses portes vers les contes de fées une boîte de conserve qui roule dans le parking à six heures du matin, rappelant une fillette, quelque part dans le temps, et une latte au bout de laquelle roule, dans sa fougue, une boîte de cirage noir ou marron un fragment d’enveloppe et un bout de papier à l’écriture lavée par la pluie et le soleil où l’on distinguait encore l’adresse et je rentre un rêve qui se déplaçait parmi les hommes dans son monde de rêves à lui un piano, quelque part, près d’une porte, sur un bateau oublié un tramway qui part chaque matin de la gare routière de Griviţa à la Gare du Nord laissant derrière lui une boule d’homme aux grands yeux presque noirs, larmoyants quatre, huit, seize… yeux dans un monde où l’enfance ne peut pas passer des tourterelles, des moineaux et un chien regardant curieusement à travers le grillage en fil de fer où mûrissent dans le calme de l’automne des grappes de raisin un berceau encore suspendu aux branches du cognassier derrière la maison le vent qui entre par la porte légèrement fendillée et auquel s’adresse un vieillard paisible depuis sa table de travail réparant une montre, en lui disant: assieds-toi, mon frère un regard s’approfondissant dans l’infini d’une fenêtre d’église une seconde qui semble avoir fait le tour de l’univers des millions et des millions de fois un champignon blanc s’élevant d’un corps d’insecte mort une forêt d’ondes qui se dispersent sur les êtres et les pierres telle une pluie légère une fontaine où se rassemble le ciel tout entier; par-dessus, une autre fontaine une étendue d’herbe au fond de l’océan une piste sur laquelle courent, tout heureux, des enfants, des bonhommes de neiges et des chiens une vieille photographie reflétée dans un vase avec des lys une pierre couverte de lierre, sur laquelle un gamin rêve qu’il va comprendre un jour le début des mondes une ville frémissante telle une forêt que je traverse à sept heures et demie du matin un autobus resté loin dans le temps et où je dois retourner dans l’après-midi un amphithéâtre d’université que j’ai traversé comme un bourdonnement un bouquet de mariée éparpillé sur les tombes des grands-parents et la première neige de cet hiver les registres scolaires jaunis dans les archives recouvertes de poussière et d’années d’une des écoles d’hier un reste de chaise dans un amas de terre, de pierres, de plâtre crevé et des vitres une charrette avec du pain qui monte, depuis presque deux cents seize matins, de la petite ville, comme diraient les étrangers, où m’attend une salle d’opération, car je ne sais plus si j’étais alors dans le monde ou si c’est elle qui a grandi en moi avec le temps une réflexion de joie sur la joue en pleurs d’un enfant seul une mère et un père revenant du travail à presque minuit une bibliothèque dans un mur en bois construit exprès pour que vivent des romans, des histoires, des poésies un acarien, un vieil ami qui me souhaite ses vœux de santé une âme trop loin, trop tard, trop près, trop tôt, trop chérie éternellement *Traduction: Nicole Pottier
|
|||||||||
|
|
|
|
|
|
|
|
||||
| La maison de la litérature | ||||||||||
La reproduction de tout text appartenant au portal sans notre permission est strictement interdite.
Copyright 1999-2003. Agonia.Net
E-mail | Politique de publication et confidetialité