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Poezii Românesti - Romanian Poetry



 
texte recommandé par - Nicole Pottier

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qui retient l’infini…
personnelles [ ]

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par mariana fulger [MF ]

2009-06-11  |     | 





«Tu ne pourras pas rester là une éternité.», dit-il en marchant de long en large le long du débarcadère. Le dernier bateau attend de fendre les eaux du lac, conduisant les touristes de l’été vers les îles et retour. De place en place, un serpent d’eau mort ou peut-être en attente de l’écoulement des eaux trop peu suffisantes du jour se fraie un chemin ( la nuit, les eaux recouvrent autant les choses que les créatures de la même manière). Il fait attention à son allure et ajoute : «Tu ne peux pas rester au loin. Renonce et viens !» Il parle ensuite de je ne sais qui, qui revenait chaque jour sur ses pas, la démarche dans le vide, ne pouvant se détacher des bras de l’être bien-aimé qui ne rentrait plus jamais à la maison. «Ce n’est pas loin. C’est là à l’intérieur que nous avons grandi tous les deux pareils à des bras de lumière sans aucun chemin de retour, sans aucun temps, répondis-je. En nous fleurissent les orangers des Grandes Canaries et il y a de la vie, tant de vie atemporelle.» Des amoureux unis dans le même espoir viennent crier que le monde devra passer de la consommation de bonheur illicite à une forme organisée, équitable. «Aimons!» crient aussi ceux qui se taisent. Je me dis qu’ils ont raison: nous sommes tous des redoublants dans la réconciliation avec le malheur. Et nous nous soutenons les uns les autres, pauvres âmes, depuis tant de siècles. Il faut une peinture si blanche qu’elle ne laisse jamais ni les portes des maisons ni les marquages des routes tomber malades à cause de l’oubli, de la mort. Il faut une charte des étonnements – qui nous précise clairement qui garde l’infini et qui accumule son envol en petits morceaux d’instant. Leurs yeux fermés cachent des mondes dont ne peuvent parler que le vent et parfois les pluies et les rayons de soleil. Il y a pourtant tant de couleur dans un trille d’oiseau annonçant la pluie. Tant d’infini dans un point lointain – son envol… Dans les animaux et les arbres qui dévisagent le monde à leur façon. Tant de laideur chez l’homme qui les tue… ce qui monte depuis l’éternité sera baptisé par l’aurore (je ne reconnais pas d’autres dieux), comme présent. De tous. Il est évident qu’il va vivre en tranchant chaque jour ses racines, tel un arbre qui ne peut se relier à la terre. Pardonne-moi, ô vie, si je me cache ou si je me déplace parfois en aveugle, ô terre, si je ne suis qu’un mortel et si mon âme ne suffit pas à me contenir. Pardonne-moi âme de toute part. Moi aussi, je pardonne. Toi, ma moitié, pardonne-moi lorsque je t’aime trop. Et s’il semble que j’oublie chaque instant de ta vie et que je vive dans un isolement dont n’ont connaissance que les araignées de lumière descendant tels des rideaux dans l’espace vivant une autre rotation des heures entre la bibliothèque et les fenêtres qui délimitent le silence. Musique sans notes et mots qui s’écrivent, qui s’écrivent… les choses comme elle peuvent parfois se substituer aux êtres vivants, l’écriture comme elle teinte le papier comme s’il s’agissait de celui de ton âme, de ton âme toujours. Quel espoir immaculé dans l’âme de celui qui dort rêvant qu’il est rentré à la maison. Etranges et pourtant naturels comme les petits matins, nous savons presque tous nous mettre en route… les eaux du temps s’écoulent en ondoyant… laisse-moi un signe, un point d’où je puisse arriver dans des moments comme celui-ci, quand tu es ici et que tu me manques terriblement…


*Traduction: Nicole Pottier
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