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The hidden face of the world
essai [ ]
La différence entre le voile et le masque intégral ne tient qu’à un léger fil !

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par [Reumond ]

2012-11-11  |     | 




Nos travestissements standardisés, nos attitudes normalisées, nos sirupeux propos…,tout en nous et autour de nous trahit la face cachée du monde, le côté obscur de la réalité.

Quel manque cache notre semblant bien-être ? Quelle profonde tristesse se dissimule derrière nos démonstratives euphories ? Quelles tensions se camouflent sous un voile de décontraction ? Notre côté mûr cache d’autres murs plus murés encore, et sous nos loups de velours d’autres loups plus terribles sommeillent à demi ; le carnaval n’est qu’un apparat sournois ; les jours gras beurrent les jours gris ; derrière le voile, l’écran, la porte ou la fenêtre, l’iconostase ou les rideaux rouges du grand théâtre de l’humain, tout n’est que déguisement de la réalité.

Derrière le voile, l’écran, la porte ou la fenêtre, l’iconostase ou les rideaux rouges du grand théâtre de l’humain, tout n’est que déguisement de la réalité.

Ragots, rumeurs et publicités mensongères tapissent les écrans, c’est autour de nous une scénographique imposture, un gigantesque trompe-sens, dans une chorégraphie de substitution ; c’est une grande mystification autour de la condition sapienne, un jeu de dissimulations politiques et économiques, tels des feux d’artifices dans le cirque trompeur des vérités tronquées et des perfides contrevérités qui s’érigent en droit, en dogme et en logique incontestables.

La différence entre le voile et le masque intégral ne tient qu’à un léger fil !

Derrière notre stress et nos peurs, nos silences et nos prises de parole, outre le Personnage que nous jouons même durant la nuit, que se cache-t-il vraiment derrière nos apparences trompeuses ? Ou bien en coulisse, derrière notre façade plastique comme de la chirurgie, adaptable, bien éduquée, et sous nos sourires accommodants ? Que peuvent bien cacher notre aspect bien propre, notre côté dépoussiéré, nos convictions à géométrie variable, adaptables aux gouts du jour ; notre fausse nonchalance, nos allures en trompe-l’œil, nos semblants et nos faux-semblants ?

Les arènes sont pleines ! Les arêtes m’étouffent ! The hidden face of the world, la piste est recouverte de bonnes intentions et de grands tapis rouges ; au-dessus de l’escalier, c’est le côté obscur du monde qui règne en maître incontesté ; c’est partout dehors la part ténébreuse de la chair et l’obscurité des pensées glauques qui fait grand bruit ; car si la lumière est silencieuse, le silence lui-même se déploie derrière les apparences pour crier de vérité.

The dark side, de part ou de côté, recto verso, de long en large, c’est toujours l’ignorance qui trace sa crasse obscène.

Ceux qui disent savoir ne bavent que de mots creux ! Là où vibrent les cordes à mots résonnent d’autres vérités.

Que savez-vous de l’intériorité ? De ces profondeurs abyssales qui sont celles des mots avant qu’ils ne soient dits ?
De cette source du sens où naissent les soupirs d’ennui, les cris d’amour et les verbiages dans des langes de salive tiède pour faire toute la saveur des langues ?

Oui, pauvres rats de bibliothèque, rats d’auteurs que nous sommes en somme, que savons-nous vraiment du don des sons qui montent comme la marée haute, comme sève, lymphe ou semence, qui cherchent leur chemin pour éclabousser l’horizon , tel un désir profond au creux de nos glandes, canaux et cellules cérébrales, là où encore, au fil de nos hormones et des neurotransmetteurs la pensée fait mot pour faire mouche ?

Que savons-nous de la vibration qui fait son chemin jusqu’aux naseaux de l’être qui cause, jusqu’aux encolures les plus serrées, pour appeler la vie et repousser la mort ? Que savons-nous des narrateurs poussés par un vent de défi ou par quelque folie ?

Que savons-nous, tristes rabâcheurs, de ces humbles mots qui donnent la parole et de ces éclats de voix qui coupent la parole comme des portes closes.

Que savons-nous de ses bouches qui s’ouvrent aux sens, aux autres, pour dévoiler quelques vérités éclatées ou quelques-uns de ces maux qui habillent l’espace et l’existence ?

Comme un secret d’alcôve, dans la cavité moite de nos muqueuses, les pensées se construisent, avant qu’elles ne se structurent pour causer les causes et pour parler des choses les plus graves ou les plus complexes; bien avant qu’elle ne fassent chair pour faire larynx de toutes voix, entre le pharynx et la trachée, là où vibrent les cordes à mots, là où palpitent les langues éloquentes, là où se préparent les conversations les plus philosophiques, et les parties de lèvres les plus fines, avec à pleines bouches des mots doux comme le miel le plus pur.

Que pourriez-vous savoir de tout cela, de ces nuits obscures où le silence est comme un cri muet, et où des vents déchirants traversent de mystiques pleines de papier froissé et de livres imprimés ? La où les maux se font cris avant d’être articulés, pour aborder des thèmes encore vierges, défendre des thèses jamais approchées et écrire des textes toujours réalisables ?

Pour prendre la parole par la jambe ou par la queue des consonnes, cédille séditieuse, c’est dire si…, la gorge trépigne, avant même d’ouvrir la bouche, pour rompre le pain du silence, et adresser la parole au prochain, afin de prononcer l’oracle, de débiter des sornettes, du verbiage ronflant et des logorrhées indigestes, proférer des menaces ou réclamer son du, bafouiller, murmurer ou provoquer selon la loi des langues, qu’elles soient timides ou bien pendues au gibet des bavards.

Quelle est votre connaissance de la naissance des mots dans la bouche des petits enfants, et de la suite, de la vie des mots et de l’au-delà de la parole dans la mort des aïeux.

Avez-vous lu, Abou Hadjadj, Djalàl Al-Din Rùmi, Shaykh Yasîn al-Tuhâmi, ou plus près de chez nous, un Jean de la Croix ou une Thérèse d’Avila ? Tous savent que l’extérieur cri avec les cordes vocales, comme le violoncelle se fait entendre, même des sourds par ses vibrations vivantes, alors que l’intérieur chante avec le cœur profond, dans le silence, comme un souffle léger de l’âme quand elle est dans la quiétude.

Entre les deux, il existe encore la prière et le Zikr du cœur, les mantras rythmés et les chapelets d’Orient et d’occident…, une chaine d’oraisons qui enchantent l’âme, donne la paix au corps, fait vaciller et tourner le corps pour le libérer de son propre poids comme l’oiseau cherche à se libérer de sa cage et de la main de l’oiseleur.

Tout comme l’âme qui fait bouger et tourner le corps, les pensées activent les mots.


(…)

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