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L'Enigme de l'homme (extraits III )
essai [ ]
Quelle chimère est-ce donc que l'homme ?

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par [Reumond ]

2012-08-07  |     | 



illustration : Œdipe Roi (théâtre)

« Quelle chimère est-ce donc que l'homme, quelle nouveauté, quel monstre, quel chaos, quel sujet de contradiction, quel prodige ! Juge de toutes choses, imbécile ver de terre ; dépositaire du vrai, cloaque d'incertitude et d'erreur ; gloire et rebut de l'univers. »


Mi-homme, mi-dieu, mi-bête ? Ni bête, ni homme, ni dieu ?

Dans le souffle du vent, rien qu’une virtualité d’homme, une larve humaine comme un être en suspens ; un Sphinx dans l’attente de quelque miracle, d’une parole qui protége, d’un Messie qui sauve ou d’un Roi qui libère…

Ou rien qu’un aveugle égaré dans un désert aride, un petit prince perdu sur une planète bleue…

Quelle énigme que l’homme !

C’est l’évidence même de nos convictions profondes qui nous met dans le trou ! C’est l’exactitude de nos horloges qui bloque notre accès au temps, nos montres et nos mètres ruban délirent sur le continuum espace-temps, est-il venu le temps de nous ressaisir ! Car nos supposés et présupposés nous servent de suppositoires, de béquilles et de canne blanche ; c’est l’évidence même de nos certitudes qui nous crève les yeux, qui aspire notre matière grise jusqu’en nos méninges fatiguées, et suce à s’en gaver notre moelle au dedans de nos os ; c’est l’évidence qui enkyste nos nerfs et formate nos neurones...

Oh oui ! « Quelle chimère est-ce donc que l’homme ? » Questionne Pascal en ses Pensées profondes.

Quel être fragmenté ? Quel monstre et quelle démonstration ? Quel ange doublé de démons ? Quel sujet du verbe contredire et quel objet ballotté par tous les vents ; quelle fragilité et quel orgueil ? Quelle folie mélangée de génie ?

Du supplice des apparences à la supplique du transparaître

« Je », ne peut « causer » sans produire, il ne peut se dire sans faire quelque réalité, même le pire des blablateurs consent sans le savoir à façonner de ses mots quelque « chose ». Causes et choses se suivent comme le flux et le reflux, ou bien l’aval et l’amont…

Oh oui, dans toute la Création quel phénomène bizarre, et quel pion aux jeux de la Nature ! Parfois nain, parfois géant, de quel rêve de dieu est-il le tourment ? Ogre ou ensorceleur, de quelle étonnante monstruosité est-il le résultat ou la cause ?

Quand « il » se cause et s’écrit ainsi d’encre et de sang, de locutions en saignées, tel Polyphène, celui qui « cause abondamment », il « se cause » surtout beaucoup d’ennuis !

Ce qui est dit à Paris à des effets ailleurs, et quand « Je » cause quelque part il se reproduit autre part, il grave l’air de ses bons mots, trace le vélin, et laisse une empreinte sonore ou écrite, telle une semence d’encre grise.

Quand « Je » cause, à quoi joue-t-il vraiment entre les marges qui vont de lui à l’autre ? S’« il » est la chose causante, dans quel registre cause-t-elle ? C’est-à-dire dans quelle aire de « jeu » le « je » (se joue-t-il de l’autre) joue-t-il avec l’autre ? De quelle perversion est-il le sujet ou l’objet d’une folle dialectique ?

Et comment, avec quelle instance (ou structure physique ou psychique) se joue-t-il de la vie et d’autrui, de ça en moi, de sursis en surmoi, avec quel idéal du moi et quel projet pour l’autre ?

Du Jeu de l’imaginaire aux jeux du réel, par le biais des jeux symboliques, (par /dans) avec quel répertoire provoque-t-il la réalité ?

C’est à ce niveau là que l’évidence entre en ligne de compte.

Quand je canonise (absolutise/ consacre/ etc.,) ma propre perception des choses, ma propre conception du monde « comme si » elle était le réel en-soi, je suis déjà les deux pieds dans les sables mouvants des apparences, corps et âme ensablés dans l’illusion.

Oui, quelle chimère est-ce donc que cet homme qui ne doute plus de rien ! Quelle chimérique chimère que ce monstre, fils du Chaos et de la Contradiction d’une déesse ménauposée, larve d’homme et

« Imbécile ver de terre ; dépositaire du vrai, cloaque d'incertitude et d'erreur ; gloire et rebut de l'univers. »

C’est en ces terrains vaseux (qu’ils soient religieux, politique ou autres) que l’évidence devient un risque de corruption du réel, une véritable illusion d’« optique » et de pensées. Au cloaque des leurres, un énorme mirage qu’il me faudra transcender en l’évidant jusqu’au bout.

(…)

De la Grande Muraille de Chine au mur des lamentations, quels que soient les murs et les larmes, c’est dans les failles, entre les pierres et les joints, dans les petites fissures des créneaux de nos châteaux fortifiés, au-delà de nos tours de gué ou d’ivoire, au-delà de nos défenses physiques, de nos protections psychiques et de toutes nos sécurités matérielles, spirituelles ou autres, qu’il nous faut regarder intérieurement.

Depuis des millénaires, nous avons mis en place forte, des garde-fous et d’autres meurtrières, avec des ponts-levis et des ponts de décence, et des ponts de déni et des ponts d’évidences.

Mais c’est dans la faille, quand l’œil tremble et que le cœur défaille, entre les pierres de schiste et les sensibles joints des nerfs, que se trouvent les petites trouées. C’est dans ces petites fissures de la chair ou dans ces légères lézardes des mémoires, que se trouvent les gués et les passages.

Là où au cœur des briques rouges, les murailles ont des yeux de Sphinx et des oreilles pour entendre l’insondable, c’est en ces lieux de plaies ouvertes sur nos propres blessures, que nos questions et nos doutes nous portent plus loin.

Croyant posséder un troisième œil, l’homme qui se dit « sapiens » se prend pour un voyant, mais en réalité il n’est qu’un pauvre éclopé de Cyclope dépourvu de vision véritable. Un aveugle du dedans prisonnier du dehors, enfermé au dehors, privé du regard de l’amour, et comme dénué de cette intuition qui fait voir au-dedans.

Il est un Démuni, démuni de cette subtile « attention », de cette authentique « intention » qui fait voir bien au-delà des choses évidentes, bien au-delà des croyances, bien plus loin que ce que nos propres convictions pourraient nous laisser croire.

Trop regardant, il scrute avec l’œil de la morale et du savoir, il fixe avec les pupilles du désir, et ces yeux crevés ou arrachés par l’évidence en sont le témoignage ; chez lui, nul dévoilement, nulle révélation, pas la moindre contemplation véritable, il croit voir, mais il se met le doigt dans l’œil une fois de plus !

Par le petit bout de son sexe et de sa lorgnette trouble, il se pense ! Il pense « voir correctement » et même « penser juste » ; mais en vérité, il ne fait que de jeter un œil de voyeur sur le monde plutôt que de s’y perdre corps et âme, dans les plus folles visions de l’œil intérieur, celui que l’on nomme, faute d’autre mot, l’œil de l’âme. En regardeur, il ne fait que de lancer un regard sans voir comme l’on écoute sans entendre la palpitation de la matière dans les pixels de la réalité.

(…)

Pourtant, à travers les miroirs s’opèrent des jeux de forces et des jeux de formes, communes aux images et aux idées. Ainsi, l’œil de l’âne et celui de l’âme ne semblent pas percer la même réalité.

L’incidence de l’évidence, c’est la grande certitude, cette conviction profonde qui ferme les portes avec grands bruits. Pour les ouvrir dans la béance des inconnus, et traverser les apparences comme les métaphores traversent les réalités, il nous faut même lâcher du lest, et même desserrer les liens du falloir et du vouloir. Il nous faut sans falloir, se déposséder.

Si l’on désire d’un désir purifié aller au-delà même de soi dans des demeures plus profondes, il nous faut alors quitter les terres promises jusqu’aux plus intimes des évidences intérieures, pour connaître la profondeur des ombres, celles de la nuit des sens, ou règne le néant des choses sans nom ; car l’ultime n’a pas encore de nom !

Comparée à la théorie des cordes et à toutes les visions dites « quantiques », l’intelligence émotionnelle, l’entendement de la sensibilité et de toutes ces perceptions du sensible, ne sont que de vulgaires miroirs à alouettes !

Transparaître, évider les évidences, percer le voir en dépassant nos croyances, et laisser là nos convictions profondes pour changer d’optique, c’est existentiellement comme changer de peau, c’est muer de tout l’être, dans un long processus d’Évolution et de reconstruction incessante ; un processus qui tend inévitablement à nous confronter au vide, à nous dissoudre dans le doute, à briser nos images les plus solides, nos clichés les plus prégnants, et toutes nos multiples représentations de la vie, de l’Univers et donc de l’homme arrivé ou en chemin.

Toute subordination aux évidences du visible, tout assujettissement aux apparences concrètes, toute dépendance à l’œuvre illusoire des sens et des croyances, comme à celle des idées fixes ou erronées, qu’elles soient physiques ou métaphysiques, conduit inexorablement au mur, où s’abime l’esprit.

L’œil arraché de son orbite ou les yeux crevés en témoignent de manière crue, toute conception sensorielle à l’œuvre dans le monde perceptif devrait être transcendée, transvaluée, ce qui marquera justement le passage du primate qui voit et ressent à cette chimère qui devient elle-même plus humaine.

(…)

L’énigme de l’homme (extrait)

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