agonia
francais

v3
 

Agonia.Net | Règles | Mission Contact | Inscris-toi
poezii poezii poezii poezii poezii
poezii
armana Poezii, Poezie deutsch Poezii, Poezie english Poezii, Poezie espanol Poezii, Poezie francais Poezii, Poezie italiano Poezii, Poezie japanese Poezii, Poezie portugues Poezii, Poezie romana Poezii, Poezie russkaia Poezii, Poezie

Article Communautés Concours Essai Multimédia Personnelles Poèmes Presse Prose _QUOTE Scénario Spécial

Poezii Romnesti - Romanian Poetry

poezii


 
Textes du même auteur


Traductions de ce texte
0

 Les commentaires des membres


print e-mail
Visualisations: 2930 .



comme un enfant
prose [ ]

- - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - -
par [erableamots ]

2006-03-24  |     | 



J’écris comme un enfant qui invente ses jeux. Le vent dessine sur les feuilles des images du temps. Tant de sang sur les plages indispose la mer. Il m’arrive d’entendre les insectes pleurer, les alvéoles en crise dans les structures du vide, les paupières descendre jusqu’au bord de l’abîme. Le blanc des yeux se cache derrière les couleurs. Les années passent tous les jours avec les nuages. J’y tiens debout par la colonne vertébrale du rêve.

J’écris avec des mots qui ne servent à rien. Je ne suis qu’un écho. Quand je quitte la foule, je me remets à vivre. Je ne suis qu’une fraction dans les livres comptables, le zéro pur des cancres, une rature de chair sur la peau du réel, le mauvais vitrier dont parle Baudelaire. Je traverse l’hiver en kabig de mots. Je préfère les hochets aux pioches du fossoyeur. La parole enfante, elle n’enterre jamais, sauf pour semer des fleurs. Je regarde l’oiseau faire voler son ombre, la mer cajoler ses vagues les plus jeunes. J’écoute la mère accueillir l’enfant. Le bouquet sur la table est un pain pour les yeux. Le musicien rassemble les notes qui se cherchent.

J’écris en paresseux dans la magie verbale, dans le hamac du doute, comme on patine sans connaître la glace, comme on patine un meuble en caressant le bois. Je prends le temps de lire les paraphes de l’herbe, la saveur d’un mot, le murmure du cœur cognant contre le mur. La sève s’allume dans la nuit. Elle met du feu sous les écorces. Dans le récit du paysage, les oiseaux sont des mots. Chaque phrase en volant nous mène vers la vie.

J’écris comme je marche sans connaître la route. Je cherche dans les mots un écureuil en fuite, une abeille brodant une robe de miel, une vague de soleil sur la plage du ciel. J’ajoute une virgule au macramé du sens, un petit fil de paille, une clochette à vache au bout de chaque ligne, un tintement de cuillère dans la soupe du monde. J’arrache au quotidien quelques poils de rêve. Ma tête joue des hanches au bal des étoiles.

23 mars 2006

.  |








 
shim La maison de la litérature shim
shim
poezii  Recherche  Agonia.Net  

La reproduction de tout text appartenant au portal sans notre permission est strictement interdite.
Copyright 1999-2003. Agonia.Net

E-mail | Politique de publication et confidetialité

Top Site-uri Cultura - Join the Cultural Topsites! .