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Waterman morne pen
article [ Livre ]
extraits de "Waterman morne pen" ( à paraître sur papier , pour la rentrée de septembre 2012).

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par [Reumond ]

2011-01-17  |     | 



« Était-il possible que Napoléon gagnât cette bataille?
Nous répondons non. Pourquoi? À cause de Wellington? À cause de Blücher? Non. À cause de Dieu.
Bonaparte vainqueur à Waterloo, ceci n’était plus dans la loi du dix- neuvième siècle. Une autre série de faits se préparait, où Napoléon n’avait plus de place.
La mauvaise volonté des événements s’était annon¬cée de longue date.
Il était temps que cet homme vaste tombât.
L’excessive pesanteur de cet homme dans la destinée humaine trou¬blait l’équilibre. Cet individu comptait à lui seul plus que le groupe uni¬versel. Ces pléthores de toute la vitalité humaine concentrée dans une seule tête, le monde montant au cerveau d’un homme, cela serait mortel à la civilisation si cela durait.
Le moment était venu pour l’incorruptible équité suprême d’aviser. Probablement les principes et les éléments, d’où dépendent les gravitations régulières dans l’ordre moral comme dans l’ordre matériel, se plaignaient. Le sang qui fume, le trop-plein des cime¬tières, les mères en larmes, ce sont des plaidoyers redoutables. Il y a, quand la terre souffre d’une surcharge, de mystérieux gémissements de l’ombre, que l’abîme entend.
Napoléon avait été dénoncé dans l’infini, et sa chute était décidée.
Il gênait Dieu.
Waterloo n’est point une bataille; c’est le changement de front de l’univers. »

(Victor Hugo, Les misérables, deuxième partie,
Cosette, livre premier – Waterloo. Chapitre IX –
L’inattendu.)




Imaginaire, symbolique ou réel, un champs de bataille où l'écriture et l'histoire se vivent en tension.


Depuis que l’homme écrit, l’histoire comme la littérature sont des champs de bataille - et nos bibliothèques, des soldats en campagnes - chaque opuscule ou livre seraient-ils à l'image d’un lit procustéen, dans lequel les auteurs voudraient nous attacher à la corde sensible des idées et des mots ? Afin d’étirer ou de raccourcir nos pauvres consciences, nous ramenant sans cesse au lieu de leurs névroses ?

(…)

Des paysages, des cartes d’état-major…, avec de grands raccourcis qui sont des pièges naïfs, ou pires, des guets-apens ; des élongations qui manipulent corps et âmes ; des chemins d'inquisitions qui nous réduisent ou nous séduisent à la moyenne, évacuant la différence,
là où nous sommes nous mêmes blessés et blessants.

Où bien, nos bibliothèques recèlent-elle, de chefs-d'œuvre éternels, avec l’empreinte plurielle de Thésée d’aujourd’hui, qui seraient Prix Goncourt ou mieux Nobel de la paix, pour nous apprendre et nous aider à demeurer ensemble ?

Les uns voudraient cadrer, contrôler et marger le monde entre des reliures et des cages dorées, avec des couvertures bleues et rouges, en de grands systèmes métriques rassurants.

Les autres voudraient libérer nos consciences en connaissance de causes pour les grâces qu'elles recèlent.

Pourquoi entre les uns et les autres, l’accès à la différence est-il toujours marqué d’encre et de sang ? Pourquoi la cartographie de la démocratie passe-t-elle par les guerres et les révolutions ?

Là où les canons de Waterloo et ceux des canonistes résonnent de pair ; là où les chaires, les divans d’analyste et les prie-Dieu semblent bel « et mal », comme des lits à raccourcir ou à écarteler, il y a encore des gens pour croire à l’avenir de l’homme ;
des personnes pour qui écrire l’histoire, c’est agir, histoire et écriture conjointe, l’une étant le produit de l’autre ...

Si "la fable est la sœur ainée de l’histoire" comme aimait le croire Voltaire, alors je crois en cette fable là ! »

Que sont nos livres d’histoire et de littérature, sinon des archives et plus encore « des ratures » sur les murs du temps !

Des fronts ? Lesquels ?

De grandes barricades comme celles de Gavroche, ou nos derniers bastions contre des « Fahrenheit 451 » ou des attentats comme celui du 11 septembre 2001 ?

Des rayons magiques contre le mauvais sort ?
Des casernes ridicules et des citadelles encombrantes ; des tranchées de bouquins où stagne la poussière des étoiles mêlée à celle d’Adam; des murs imprenables et de grandes murailles reflets linéaires de notre humanité et de sa vision ; des ouvrages fortifiés par peur d’invasion ou de rejet : des digues contre les abus et les abuseurs ? Contre les émotions trop fortes et les sentiments impudiques ?

Comme Vauban à vau-l’eau, Napoléon à Waterloo …, que sont nos livres d’histoire et de littérature, sinon des archives ? Tout au plus sont-ils la signature de notre impuissance, celle de la démesure et de l’orgueil, et plus encore, « des ratures » sur les murs du temps ?
Mea-culpa ! Écrire c’est donc s'avouer vaincu d’avance, impuissant en quelque sorte et coupable d’un fait d’écriture.

« On est laid à Nanterre, c'est la faute à Voltaire ; et bête à Palaiseau, C’est la faute à Rousseau… »

(…)

ENTRE RIMES ET RIVAGES…

Tout écrit est tension ; et toute écriture en tension est une écriture en détresse !

Épreuves et preuves à l’appui des mots ; stress des trames, tresses des rames …
Méandres de rives agitées et d’embellies, brainstorming ou remue-méninges, l’écriture se fait textes, textuellement,
pour dissoudre les idées, et résoudre de manière créative et récréative certaines difficultés existentielles.

J’écris, donc je m’écrie, pour échapper à l’asphyxie !

C’est le temps des plumes !

Comme les ramiers se font palombes pour discerner les vents contraires, les stylos-plumes se font traits pour emblaver les lignes et porter fruits en d’autres saisons.

Il y a une extraordinaire similitude entre l’enfant qui explore l’environnement et « se joue » pour élargir ses marges, et l’écrivant qui phrase après phase, d’émotion en lexie, se joue des marges et des mots, pour faire du réel à sa mesure et de la démesure du soi.

C’est une étonnante parenté que celle-là, entre l’enfant qui pour se développer, et croître, va au fil des ans, là où il était dépendant, se d’emmailloter à l’infini de ses rêves, afin de parvenir à se «changer » lui-même sur la grande table à « délanger » du Monde…,

Et l’écrivain, qui entre rivage et rime, rites et ridages (c’est l’attention, c’est la route qui importe, et pas les bagages !) va s’écrire pour se libérer de ses cangues successives, comme on épluche un oignon en pleurant.

L’écriture en ces mornes pages est une traction et une action qui visent à la corde raide du corps du langage comme on tend les haubans pour tendre à l’horizon ; « Combien de marins, combien de capitaines » rêvent un jour de nuit de revenir sains et saufs au port des origines.

Péril en la demeure ! Sabordage, abordage, d’âge en nage …, comme on purifie un texte, tout manuscrit est taillé d’une écriture du risque et du plein vent, des grands fonts et des tourments…,
L’écriture, cette « morne pen », il faut l’épuiser continuellement, comme Sisyphe à l’ouvrage ; vider les encriers d’une encre des plus noires.

Ce lot de ratures n’est pas au service de l’art, il est au service du verbe ou il n’est pas ! L’erreur comme « Rature » est majestueusement humaine ou elle n’est pas !

Elle est une liturgie de l’encre, et une cérémonie de la saignée des Bics et des machines à écrire ; l’écriture en ces lieux, préfère parcourir démarrée des lignes émargées (pas des chemins clos, des impasses de plumes) que des espaces clos d’enfermement.

Combien de livres sont des « maisons closes » et les auteurs des souteneurs ou de putains d’écrivains ?

Entre rimes et rivages, c’est dans le paradoxe des Béatitudes que j’écris !

En des « bleu – Noir Waterman », des lapis-lazulis de cieux précieusement ridicules en dehors de l’homme, des azurés à volonté et des sols d’ébènes, des ombres et des obscurités, dans le fondement même des gris tristounets, et des gris-gris rassurants, des « Doudous » marionnettes, amulettes et autres mots ou objet magique, qui portent bonheur et qui rassurent l’animal.

L’Animal « Majusculé, l’homme n’est pas « en corps », parce que ce Corps il faut encore l’écrire, et qu’il est nécessaire de rester humble, patient, mesuré, afin qu’il reste indéterminé, indéfini, flou de nuées et vague à l’âme.

Ce corps d’écriture qui est aussi l’habitation de l’Homme à venir, il faudrait pouvoir le circonscrire en toute liberté, le garder dans l’inconnaissance au fil de tous les sens, dans le plus profond mystère du Réel, que seule une forme de symbolique peut à peine dévoiler.

Ce corps de chair et de papier mastiqué, il faudrait semble-t-il l’écrire au jour le jour, sans trop le marger ; et semble-t-il, depuis la première lumière des temps, et les premières crispations de vieilles tempes grisonnantes, des mains tremblantes autour des stylets et des plumes, ce corps prend doucement la forme d’une humanité qui ne cesse de venir.

Encore quelques millénaires et nous seront !

Les uns reçoivent l’énergie, nécessaire, le mouvement vital et l’encre de l’Esprit pour le bien du corps entier, les autres entre la roche et le névé, par nature et par contumace, gravissent d’impossibles montagnes, se fraient des rimayes comme des failles de rides à chairs fendues, traversent des traits lumineux, des lignes obscures, passant les marges et les crevasses, marquant les chemins, les départs de l'écoulement des encres et des sèves.

Les parents parfaits comme les dieux justes et bons, ça n’existent pas, pas plus que des Univers limités par quelques absolus ! La conscience est en tout et tout est en expansion !

Les justes et les bons, les sans fautes aucune, ne sont que des « fantasmes » participants de la « pensée magique » des petits enfants qui en nous se jouent de nous, passent leur temps précieux à jouer les grands, sur les champs de bataille de la morale ou de la religion, de la politique et de l’économie…,

Tout est jeux mortellement au-dessous de l’humain, parce que nous ne sommes pas en corps, pas unifié et donc trop fragmenté par nature !

On a trop nié nos origines comme le nourrisson ne peut que nier sa conception ; le nez sur nos langes et sur nos tableaux noirs, nous sommes encore trop dedans ! Nous n’avons pas le recul nécessaire pour voir clairement d’où nous venons et où nous allons ; parce que nous sommes encore en plein processus de procréation.

Cartouche ou bâton d’encre, entre un névé et le glacier blanc qu'il alimente les papiers, les pages en pentes fortes et fortement risquées, il nous faudrait écrire « heureux » avec une âme de pauvre, car le Royaume des Lieux ouvert est en nous, en cette signature libre de s’écrire en d’impossibles passages.

Heureux les affligés de la plume, car en ces lieux ouverts sur l’Amour et le partage, ils seront consolés. Heureux les doux comme le papier cru, car ils posséderont la terre pour l’écrire aux jours meilleurs.

Heureux les affamés et les assoiffés d’écriture de la justice, car ils seront rassasiés de tendresse. Heureux les miséricordieux en ces lieux improbables de l’être, car ils obtiendront eux-mêmes miséricorde. Heureux les cœurs purs bœuf, d’être incarné dans la chair fragile et le don de soi, car ils verront enfin le réel, face à farce !

Heureux les artisans de justice, de paix, car ils seront appelés fils de très profond, fils du dedans, enfants de l’intériorité, car le royaume des lieux uniques, des antres les plus purs et les plus divers sont « entre » eux et en eux.
(…)

en illustration, la maquette de « WATERMAN MORNE PEN »


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