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Au-delà
poèmes [ ]

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par Charles Guillet [spirit of ecstasy]

2008-08-08  |     | 



Dans le lent défilé des heures se promènent
Quelques corbillards verts, dérivant dans la plaine.
Et laissant le courroux prendre part à la fête,
Treize corbeaux braillards ont chanté la défaite.
Les sauveurs, aux aguets, ont, eux, entamé l’hymne
De l’apocalypse, suppliciant la routine.
Les soupirs vertueux de ces prophètes en transe
Ont balayé les tendres espoirs de l’enfance.

Caressez donc en chœur, au milieu du solstice,
Les serpents et les rats, l’heure est à l’armistice.
Des horlas acharnés ont tiré de leurs rêves
Les démons et les fées, afin de faire la trêve.

Je me promènerai nu, au milieu des brasiers.
J’irai semer ma foi par delà les contrées,
Parler d’à priori, de divins déprimés,
De vierges excentriques, de jugements biaisés
Et de parole de Dieu, toujours resté muet
Face aux malheurs du monde, aux brebis égarées.
Je dis que si les anges avaient une justice,
Elle ne tremperait pas dans le sperme et la pisse.
Qui des hommes ou des dieux a plongé dans le vice ?
Qui a cru en tous ceux qui sombraient dans l’abysse ?
Quelles douleurs ont purgé les femmes de nos temps
Pour qu’un Malin plaisir égaye leurs printemps ?
Qui croyait que la vie sourit aux audacieux ?
J’ai croisé des chacals sur le chemin des cieux.

Des cités englouties, des puits insondables.
Voilà ce qui nous reste d’un monde altérable.


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