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Jardins de passage ::


Jardins de passage
poèmes [ ]

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par Paula Brás [Paula Brás]

2005-12-29  |     | 



Nous avions prévu l'entracte, quand l'orangé découpe l'azur,
Une fuite en deux actes, ventre de nuit où s'engendre le jour.
Nos vivres répandus, mûres, cassis, fraises aux bois qui enivrent,
Au bout de la terre, nos rêves tenus, nus, dans un hypothétique équilibre.

Nous poursuivîmes les ricochets en triangle, par-delà les Bermudes,
Pour renaître de nos cendres, là où le Phénix verse les foudres.
Nos prunelles closes, par le jour qui blêmi le sable sur nos dermes,
Éveillés à la nuit, tels des anges revenus plus puissants des avens.

Un frisson de lune pénétra nos chaudes ecchymoses,
Dans un assaut rougeoyant, à la sueur morne d'un soir de métal.
Des jardins boisés d'Orient, jetés sous la stupidité de nos overdoses,
Des tranchées de pétales, et nos petites morts aux parfums de roses !

Bien plus tard, en roulis sous l'œil impérieux de Vénus,
Ses baisers mousseux déliés dans le courant des nos veines ;
Asservis aux légendes de l'astre, envoûtés par ses plexus,
Assujettis aux odyssées pathétiques d'une scène farouche.

Les effluves fiévreux, firent tonner tous les Dieux écarlates du soir.
Hardis, nous baissâmes l'asphalte, voyageurs sur un lit de hasard.
Le jour revint tremblant... avant que vibrent, séraphins de minuit,
Ma gorge sanglotant des : Je t'aime ! Et Venus s'amuse de midi.

Hypothétique voyage, sur une voilure de nuit
Mes délires sont des compagnons de passage...
Tes encolures viendront relier toutes les pages
Tellement mes doigts douloureux, t'auront écrit...

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