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Lettres à mon père
personnelles [ ]
Opuscule

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par [gui ]

2017-09-25  |     | 




 
      Petit document de dix-sept pages composé en 2003 quelques mois après le décès de mon père survenu la veille de Noël 2002. Ce petit recueil rassemble sept lettres que j’avais envoyées à mon père et une dernière posthume en guise d’épilogue.  Échantillon très mince, mais néanmoins significatif et non sans intérêt.  J’ai relu toutes ces lettres un peu après le décès de mon père et j’ai été frappé par la dimension philosophique, métaphysique, voire même mystique de ces courts textes de circonstances.
        La première lettre date du 13 juin 1986, mon père n’avait que soixante-quatorze ans et la dernière est datée du 17 juin 1999, le paternel célébrait ses quatre-vingt-sept ans, un an à peine après la mort de notre mère.  D’autres lettres lui ont été envoyées, mais elles ont subi le même sort que le papier dans leur maison : soit la poubelle, soit le poêle ou le foyer…
        La plupart de ces lettres ont été inspirées par la carte de souhaits que je lui choisissais à l’occasion de son anniversaire (17 juin) qui coïncidait presque toujours à quelques jours près à la fête des Pères. 
        Voici donc, une des sept lettres, exhumées de ma correspondance et tirées de l’oubli afin que vous puissiez avoir une petite idée du ton et du contenu de cet opuscule. 
 
Quatrième lettre : titre : Du bûcheron au jardinier, datée du 17 juin 1994
 
Bonne fête papa!
        Dans quelques jours, ce sera ta fête.  Tu auras traversé d’un bout à l’autre tout le vingtième siècle.  La pâte humaine, avec ses joies et ses misères, ses miracles et ses mystères, n’aura plus de secrets pour toi.  La condition humaine fluctue comme une girouette, tantôt pour le meilleur, tantôt pour le pire.  L’être humain pourra-t-il un jour apprendre et s’enrichir de ses erreurs ? 
        Et toi, pareil à l’orme royal ou au chêne bleu, tu pointes le museau bien haut vers les nuages, le tronc toujours bien droit.  Tu auras donc quatre-vingt-deux ans !  Or, il faut parfois se méfier de l’âge, car le temps est trompeur et ratoureux.  Il faut savoir aussi lire et déchiffrer les âges, les chiffres et les nombres.  Dans quatre-vingt-deux, il y a vingt-huit également, si on inverse les chiffres ou encore qu’on lit à reculons.  Dans tout vieillard, il y a mil jeunesses qui somnolent et dans toute jeunesse, il y a mil vieillards qui dorment…
        À vingt-huit ans, nous étions en 1940, c’est-à-dire en pleine Deuxième Guerre mondiale et tu étais marié avec la plus jolie femme du canton, ta belle Florence, la plus exquise des fleurs comme le rappelle si bien son prénom fleuri.  Tu étais déjà père de deux enfants, Romuald et Julien.  Tu étais alors fermier et bûcheron.  Tu travaillais durement d’une étoile à l’autre.  Peu de temps pour rêver et pour te reposer donc.  Or, le temps, mieux que quiconque, sait bien équilibrer les choses.  À quatre-vingt-deux ans, tu es toujours le même homme, mais un tas de choses et d’événements est arrivé.  Tu es depuis fort longtemps rentier et jardinier.  Tu as tout le temps pour jongler, rêver et te reposer. Tu as tout le temps pour contempler la moisson semée.  C’est un peu l’image qui se dégage de cette belle carte de souhaits intitulée : « La bûche dans les marguerites. »
        C’est un peu beaucoup ton histoire, ta vie que l’artiste a dessinée, c’est-à-dire, celle d’un bûcheron qui devint…jardinier !
BONNE FÊTE ET JOYEUX 82 ANS !
De ton fils qui t’aime, GUY

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