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■ LE REEL EXISTE, JE L’AI RENCONTRÉ
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- - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - 2009-06-24 | | Silence… la vie s’y reflète comme dans une personne muette qui tremble en essayant d’exprimer ce qu’elle ressent, comme dans un tableau d’où explosera à un moment donné le tumulte des préparatifs pour la vie, la marche de l’espace temps n’importe où…On avance beaucoup dans les silences, avec tout son bagage de questions et réponses, chacun avec ses lambeaux de réalité, avec sa destinée, où seuls les corbeaux et les mouettes peuvent encore savoir, parce qu’ils t’exhortent comme si là-bas, par-delà les étendues de terre, d’eau ou d’air, se trouvent les vérités que tu cherches ou bien juste un cercle de cendres qui dit avoir été un foyer ou encore des âmes qui sont tombées…Chaque instant de silence ou de bruit avec ses chances ou ses malchances d’être, avec ses univers de possibilités ou d’impossibilités qui demeurent auprès de nous, s’installent en nous un temps et puis s’éloignent tel un tremblement de vent dans les branches des tilleuls de la rue «Evénement», le prolongement de «l’Espérance» – 6 milliards et quelques… The Loner… la guitare de Gary Moore et sa voix parlent d’un solitaire… la nostalgie, le ciel au coucher, au lever, comme les nuages allègent leurs ventres lourds sur les champ ou bien s’amincissent et disparaissent… Séjour… cri à l’intérieur, de vol ou de recul… Espaces… mots… Je ne sais pas pourquoi j’écris… Cette histoire coincée entre le crâne de plus en plus resserré pour l’apparent mutisme des impulsions qui reçoivent quelque chose du cours naturel de l’existence et cherchent le détachement – l’émergence du possible au-delà…et le lecteur… Entre ce que je perçois, m’exhortant à m’insinuer dans le réel avec mes droits et mes incapacités et ceux de son expression, la timide tentative d’ouvrir des portes, d’entrer dans un autre fragment de départs et encore un autre, comme pour apprendre de nouvelles portes de l’existentiel, entre l’âme et l’esprit présents, l’enfant qui me suit depuis un autre temps et la mort qui attend, quelque chose en relation avec la première impulsion d’infini et la dernière… Idées, mots, musique, lumière… U2 – «City of blinding lights», air, eau, craquelins ronds, pommes – l’existence d’un ver bipède qui se remplit de joie de temps en temps tout comme l’arbre se remplit de bourgeons et fleurit, il est fort comme Prométhée… Ensuite il tombe dans de longs silences où il attend que les mots l’envahissent à nouveau… Je me tais… En général je me tais… même si je m’exprime beaucoup parfois dans les mots écrits… Quelqu’un que je connais pourrait dire à un moment donné «Tu as grandi sur moi comme un brouillard qui me suffoque», quelqu’un d’autre pourrait dire que la vie est devenue trop chère et que je dois consommer de moins en moins de tout… Je consomme de moins en moins de presque tout… pas de la connaissance ni de l’art, car le corps demande de moins en moins… mais pas l’esprit… ou alors pour que celui-ci sente ses racines s’étendre dans une terre de plus en plus saine, pour que l’âme, ce papillon de lumière, fort et frêle, vive sa propre poésie sans ressentir la pression d’une taupinière d’os et de terre… Dans les moments de profond silence je sens les aiguilles d’une montre déborder les battements de mon cœur, comme pour se préparer à l’interruption d’infini que l’esprit devra conscientiser lorsque la terre s’ouvrira devant la bêche du fossoyeur… L’écriture se situe entre l’esprit et l’âme et le cahier ou les touches… et le lecteur… J’ai écrit et j’écris comme je respire, d’une manière plus alerte, comme lors d’une course que je dois faire parce que quelqu’un m’attend qui se nourrit de mon âme à sa manière à lui ou à elle; ou tout simplement je me sens flotter, tout comme les feuilles des tilleuls qui se précipitent en spirales entre nos âmes et les voitures… et tout passe à sa façon y compris dans le reflet d’une histoire ou d’une autre ou dans quelque œil brillant attentif dans l’ombre tu passes toi aussi, tu tournes les pages une à une et tu ne vois pas que les os rétrécissent de plus en plus et les pas se font plus rares l’âme habite la même adresse elle consomme les mêmes attouchements elle emmagasine les mêmes nostalgies parfois un mur d’où tu regardes un toi comme une phase d’éternité laissée à l’oubli t’appelle et tu te soumets tu poses tes lunettes et quelques livres sur le bureau ancien tu t’appuies sur le cadre de la porte et tu écris – il y a encore de la lumière aujourd’hui encore sur le tard tu t’assoupis mais te languissant follement des pas de jadis des résonances des histoires d’antan tu te détaches de l’immobilité, tu écris… ensuite tu ne sais plus si une personne ou bien un moment confus t’a beaucoup aimé ou détesté il y a encore des échos mais aussi des silences comme une lumière d’hier qui persiste dans la pièce et vit tout près des murs entre la toile de l’acarien et les coins qui te poussent à te demander si le monde existe parce qu’il peut être encadré Des mots. Tu reçois les uns, tu oublies les autres, comme tu recevrais et oublierais des gens… Pour pouvoir écrire sur le silence, il faut avoir vécu une certaine période dans son ultime pièce, dans un isolement presque complet des gens et des autres éléments d’étonnement et de tragédie ou bien tout simplement dans une muette indifférence de la vie… me dis-je, en écoutant un filet d’eau qui suinte sur le mur qui se trouve devant moi, à droite ou à gauche sans savoir avec précision ce qu’il représente… Derrière moi je sens qu’il reste encore quelque chose, peut-être le seul mur concret – la confiance, la certitude sans laquelle je me serai tuée avec mes ongles et mes dents comme un fou ne supportant plus le poids coupable de l’existence… Peut-être que la matière-énergie se déchire de cette façon même si le placenta qui l’entoure est immense… Et alors? Il se peut que cette masse qu’on ne peut pas détecter se dévore elle-même parfois tel un fou dévorant son propre enfant… Ce filet d’eau, empruntant la texture du mur, la liquéfiant, la laissant se dissiper, me semble être une chance à la vie, ces 4% qui mènent une existence de titans et meurent parfois tel un papillon sur une corniche de chance. Etre écrivain demande de marcher parmi des contrées de silences et de parole, qui poussent de ce mur encore solide et se réverbèrent et tournent en rond et se perdent parfois lorsqu’une idée qui fleurissait comme un verger au mois de mai se casse, se raccourcit… Si j’avais été un homme, j’aurais aimé naviguer les matins la poitrine nue, ce bleu immense de toutes parts m’inonde comme un regard d’enfant, de parent, de bien-aimée, sans pouvoir m’endormir, ni me taire, mais chanter tout comme l’humain le plus insouciant, et, peut-être, heureux. Enfant, j’aurais aimé avoir la force de marcher… marcher, non pas le simple fait de s’élever, un rapport continuel aux plans d’espace et au temps, j’aurais aimé pouvoir marcher dans l’entier, l’existence et encore plus, parvenir à ce moment du bilan qui ne parle plus des orgueils et des montées et des chutes dans un univers d’émotions de cercopithèque évolué qui fait le compte de son existence sur une chaîne des journées à travailler, à manger, à se reproduire, à élever ses enfants qui auront leur chaîne pour être et mourir parfois, et d’autres fois, et au final… Une chaîne formée des feuilles du cerisier devant la porte de la maison de l’enfance, cuivrées, petites, repliées, encore en haut, comme de sages étonnements devant le miracle existentiel, et peut-être, la vallée qui se forme de l’autre coté de la clôture vers le ruisseau temps. *Traduction: Nicole Pottier ________________
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