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Métamorphoses
essai [ ]
extrait de transsubstantiation

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par [Reumond ]

2012-07-14  |     | 






On ne peut substituer l’encre au sang, cela reste toujours un faux en écriture ! Même les mots les plus crus restent à croire; même les mots les plus sublimes subliment toujours quelques douloureuses réalités. Alors, faute d’orthographe ou de réelle correspondance, je me contente d’une misérable homophonie, mots pour maux, mot à maux, les mots me manquent pour dire les manques d'amour, et entre les maux et leurs homologues, je lève ma coupe, j’élève mes mots à la hauteur des maux dans un ciel de Chagall.

(...)

Pour nourrir l’enfant et sa mère, au-delà des épis dorés tout baignés de lumière, le blé se fait farine pour que la farine se transforme à son tour en pain; et perchée sur les coteaux ensoleillés, la vigne porte de belles grappes dorées pour que le raisin se métamorphose à son tour en bon vin, et que le vin lui-même, autour de la table, se change en heureux partage...

Ainsi en est-il des choses de la vie, rien ne se perd, mais tout change !

Ainsi soit-il de la psychosomatique qui transforme une idée fixe en symptômes et du symptôme qui se fait syndrome pour que tourne la Terre; un seul mot d’amour qui manque et ça devient un mal de trop ; une injure dans la figure et tout se transforme en bouton; tout change de place, de temps, mais rien ne se perd vraiment de tout ce que nous vivons.

Ainsi en est-il des phénomènes physiques du mysticisme ou des phénomènes de société.

Ainsi soit-il des stigmates qui tracent le passage de l’esprit sur la chair fragile, jusqu’à l’imputrescibilité des croyances, car rien ne bouge en ce monde, et pourtant tout change !

Regardez-vous, regardez-moi !

Tout semble bouger dans le miroir ; voyez la lévitation des moutons de Panurge, la télékinésie des TV réalités qui nous font tourner la tête ; et ces élongations corporelles pour être plus beau, et ces soins palliatifs pour être plus mort ; tout change vraiment !

Des trous de mémoire qui captent la lumière comme de sombres trous noirs, des odeurs et des images de sainteté, jusqu’ aux odeurs et images de la vie, tout change ! Hier n’est plus aujourd’hui pour qu’aujourd’hui devienne demain ; ça bouge fort !

De l’incorruptibilité des chairs à la chirurgie esthétique ; des questions éthiques aux prodiges du saint Sang, des mirages des saintes encres, des visions de normaliens qui tournent en rond de folles équations, jusqu’aux visions dantesques et paranormales des spirites de la Bourse et des banques qui font valser les guéridons, tout tourne, tout change, mais rien ne se perd !

Ainsi soit-il, des jeûnes sans faim et des fins sans jeune ; de la multiplication de la sainte manne et de celle des chômeurs ; par hasard ou par nécessité, tout change ou tout arrive à point ; ainsi l’absence réelle de rigidité cadavérique et la présence réelle des charniers, la continence des uns et l’hypersexualité des autres, rien ne se crée, c’est le principe même des valses communicantes !

Des combustions spontanées aux éjaculations précoces, des lapsus aux collapsus, des retraits interrompus aux licenciements abusifs, des abus affectifs aux abus religieux, des SDF aux GSM, des convulsions des possédés aux convulsions des amoureux, tout bouge, tout change…

De la névrose à la psychose, de la sublimation au suicide, ainsi en est-il de la conversion des martyrs en bienheureux et des plus chanceux qui deviennent des Saints.

Ainsi soit-il des actes manqués qui peuvent nous sauver la vie ou nous plonger dans le malheur, tout est grâce et changement ; tout bouge fort, l’ordre se fait désordre pour que du désordre naisse de nouvelles organisations ; ainsi, les institutions pourrissent pour que le phénix renaisse de ses propres pourritures, tout bouge, tout change !

Ainsi soit-il des manifestations hystériques qui vous transforment en aliéné, des aliénés qui vous transforment le monde, des hallucinations collectives qui vous font de belles émeutes et des révolutions qui se transforment en mirage de la démocratie ; tout est grâce, rien ne se perd et tout se refait comme en poésie, de récréation en récréation.

(...)

Métamorphoses

Du plus simple au plus complexe, les choses s’associent, c’est ainsi depuis la nuit des temps, elles changent de peau, muent du dedans et remuent du dehors; dans une grande mise en scène digne des plus belles tragédies et des plus tristes comédies du théâtre de la vie.

Pour ne pas me laisser enfermer dans des visions causales et trop linéaires, ou dans une dualité en cul-de-sac, et afin de devenir l’acteur de ma propre vie (c’est bien là mon rêve le plus « chair » !), je me gomme comme d’autres se dépossèdent de tout, et sur la pointe du bic, je prends de la distance, c’est l’attitude de « distanciation » qui me semble la plus sage.

Comme ces insectes mâles trompés par quelques stratagèmes visuels olfactif ou tactile, nous nous laissons leurrer, car de mémoire de primate conditionné à l’usage d’Internet, qu’en est-il vraiment autour de nous de la réalité, sur les platebandes de nos écrans plats, et dans les mille reflets des miroirs à amulettes dans lesquels nous nous mirons comme Malbrough qui s'en va-t-en guerre, mironton, ton ton mirontaine, sans savoir s’il reviendra, z'à Pâques ou à la Trinité ?

L’œil me perd, ma peau m’égare, mes oreilles me mystifient, mes propres mots manquent de sens ; mes mains me trompent, mon sexe m’abuse, je prends des rides et je prends des risques; ma femme me quitte, mon travail change, ma maison brûle, mon nez ne me dit rien qui vaille, qui vaille la peine d’aller plus loin dans l’illusion.

Je pensais que, mais je fais erreur, il n’en est rien ! Je croyais que, mais mes croyances s’estompent.
Oui, tous mes sens et mes amis me fourvoient, même mes pensées me quittent canin pas chat aux bras de mes souvenirs !

Les mètres se courbent, les heures se filent bien trop vite ; l’espace et le temps ne sont plus ce qu’ils étaient, et encore moins ce qu’ils disent être ; disette !

Dehors des papillons imitent des feuilles ; dedans des végétaux hybrides évoquent des insectes qui ressemblent à des enfants qui sont déjà des arbres ; oui, qui fait l’ange fait la peste ! Mais qui fait la bête cache peut-être un hélicoptère déguisé en lépidoptère ; qui sait ? J’ai peur, j’ouvre à peine les yeux, je ne fais plus aucun vœu de peur qu’ils se réalisent ; je suis un surveillant surveillé, un survivant survolté, je me méfie de tout ce qui ne bouge pas et surtout de moi, de mon ombre, de mon reflet, en cas où ! J’ai mis mon propre téléphone sur écoute, écoutez un peu ! Jusqu’où ira ce mimétisme entre le règne animal et le règne informatique, mes microprocesseurs me gratouille ou me chatouillent, c’est le stress !

Où va-t-il aller l’animal que je suis, quand l’humain que je ne suis pas encore va s’informatiser ? Alors que les dieux, les bêtes et les hommes depuis toujours se mélangent, quelle frontière vraiment entre le réel, la fiction et leurs chimères ? Quels écrans entre les imaginaires et les réalités, le rêve, l’utopie, le virtuel et le présent ?

Quels passages secrets dans ma tête d’insectivore, entre les apparences qui m’induisent en erreur, et ma propre réalité qui n’est pas la vôtre ?

L’être est aux abois et les chiens au café, plus rien ne tient debout ! Mes pauvres références et mes tristes croyances me dupent. L’espace m’escroque en toute vérité sans se cacher derrière l’expansion ; le temps me tend des pièges, il perdure encore et encore, à ce subtil jeu de dupe je suis toujours perdant.

On se surprend à prendre les vessies pour des néons roses et les mirages pour des miracles; d’illusion en illusion, je pisse dans les lampes à incandescence, car j’ai perdu le chemin de moi-même !

(...)

Transsubstantiation - fragments

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