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Pourquoi modifier les stéréotypes? Et comment ? (II)
essai [ ]

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par [Clara-Emilia ]

2011-04-07  |     | 



La formation d’un stéréotype sous entend une activité de catégorisation dont le résultat est une catégorie non neutre, et donc une catégorie ayant une dimension descriptive et évaluative à la fois.
Mais sur la manière dont les gens construisent les catégories, les avis sont partagés. Pour certains, les objets perçus déterminent l’élaboration des catégories, pour d’autres les catégories initiales du sujet percevant contraignent la perception des objets. Il y en a aussi qui remettent en question cette alternative et conçoivent le processus de catégorisation comme déterminé par l’interaction du sujet et de l’objet.
La dernière position est aussi la mienne. Pour moi non plus, l’activité de catégorisation n’est pas un simple reflet de la réalité, elle mobilise aussi les connaissances antérieures du sujet. Mais je suis sceptique quant au potentiel explicatif du concept d’interaction. Et c’est sur ce point que je compte intervenir pour commencer.

Certes, on ne peut comprendre la catégorisation en faisant abstraction de l’objet à catégoriser.
Prenons comme objet les Américains. Un sujet qui n’a connu aucun Américain ne peut certainement pas parler des Américains. D’autant moins, il pourrait dire que les Américains sont pragmatiques ou qu’ils ne le sont pas. Et il ne pourrait le faire pour la simple raison que les Américains n’existent pas pour lui.
Il n’est donc pas question de remettre en question la catégorisation basée sur l’objet. Mais il n’est pas question non plus d’accepter l’idée selon laquelle les structures catégorielles des gens reflètent des structures que les objets possèdent en réalité.
Prenons les Américains. Les attributs qui les définissent sont différents selon qu’ils sont établis par les Français ou les Afghans, par exemple. Mais ils sont différents aussi selon qu’ils sont établis par les Français d’aujourd’hui ou par les Français du temps de Louis XVI.
Il est certain que la catégorisiation doit prendre en compte le sujet percevant aussi, que la relation sujet percevant objet perçu est au fondement de la catégorisation. La question est de savoir s’il est pertinent, dans ce cas, de parler d’interaction.
Prenons l’exemple des Américains et des Afghans. Les actions des Américains sur le sol afghan permettent la catégorisation des Américains par les Afghans et la catégorisation des Américains par les Américains. Il en est de même pour les actions des Afghans contre les Américains qui permettent, d’une part, la catégorisation des Afghans par les Américains et, d’autre part, la catégorisation des Afghans par les Afghans. Qu’est ce qu’on constate? Qu’au niveau d’une même catégorie il n’y a pas interaction. La catégorisation des Américains n’implique que les actions des Américains. De même, la catégorisation des Afghans n’implique que les actions des Afghans. A moins qu’on n’entende par interaction une action présente et l’action passée qu’elle suscite. Le problème est qu’une action passée cesse d’être une action pour devenir une donnée du sujet, une des informations ou connaissances qu’il possède sur l’environnement.
Quant à l’action proprement dite, elle succède toujours à une autre action, et la succession, qui fait que deux actions ne puissent être présentes en même temps, exclut l’interaction. Et pourtant une catégorie est un réseau de relations, relations qui font dire à Rosch qu’une catégorie comporte trois niveaux d’abstraction et des niveaux différents de typicité. Le niveau supraordonné (par exemple, Terrien), le niveau de base (par exemple.Américain) et le niveau subordonné (par exemple, Américain du Nord) rendraient compte de la dimension verticale de la catégorie. Les niveaux de typicité ou la distribution des membres d’une catégorie en fonction du nombre d’attributs qu’ils partagent avec les autres membres rendraient compte de la dimension horizontale de la catégorie.
Moi, j’ajouterais que le niveau subordonné peut à son tour servir de niveau de base, et qu’il en est de même pour le niveau supraordonné. Je fais d’ailleurs l’hypothèse qu’à un nombre n de niveaux d’abstraction correspond un nombre égal de niveaux de typicité. Cette hypothèse demande, pour être démontrée, qu’on réponde au préalable à la question suivante: comment et par quels moyens se constituent les relations qui fondent les catégories?
On sait jusqu’ici que la catégorisation est contrainte par l’objet perçu, mais que le sujet percevant y joue un rôle actif aussi.
Pour aller plus loin je vais jeter un coup d’œil sur la littérature de spécialité.
Et je commencerai avec l’approche prototypique et l’approche par instances, toutes les deux basées sur la réalité, mais ayant le mérite d’envisager la catégorisation comme un processus fortement dynamique.
Selon la première approche, l’information est abstraite à mesure qu’elle nous parvient. Son traitement est donc direct. Suivant l’approche par instances, l’information est engendrée telle quelle et comparée aux autres informations spécifiques accessibles en mémoire, de manière à former les catégories.
J’imagine cette situation: Je suis dans mon bureau et ma sœur m’apporte une tasse de café. Selon l’approche prototypique, l’information, une tasse de café, je l’ai au moment même où je regarde la tasse de café. Selon l’approche par instances, cette information, je ne l’ai que dans un deuxième temps, après avoir comparé l’information la tasse de café à d’autres tasses de café que je garde en mémoire. Le problème est que je ne peux identifier la tasse de café sans la reconnaître en tant que tasse de café. Autrement dit, je ne peux identifier un objet particulier sans reconnaître à quelle catégorie d’objets il appartient. L’identification et la reconnaissance se font en même temps. Et de ce point de vue, l’approche par instances pose problème.
D’autres recherches ont nuancé les approches précédentes. Des auteurs, tels Barsalou ou Smith et Zarate, considèrent ainsi que la catégorisation d’un individu x s’appuie sur des représentations stockées en mémoire d’individus similaires, et que c’est l’exemplaire qui partage le plus de similitudes avec l’individu x qui détermine sa catégorisation. Mais comme les critères de similitude sont multiples, ils ajoutent que c’est l’attention accordé par un sujet à une dimension spécifique de l’individu x qui détermine sa comparaison avec tel individu similaire conservé en mémoire plutôt que tel autre. Et ils concluent sur la nécessité de tenir compte dans l’étude de la catégorisation des connaissances du sujet mais aussi de ses motivations et objectifs.
Par la suite je me propose de procéder à l’analyse de l’exemple proposé par Olivier Corneille et Jacques-Philippe Leyens afin d’illustrer idée ci-dessus:
Monsieur Prétoire, un jeune juriste belge peut faire appel à une représentation d’un jeune, d’un juriste, d’un Belge, d’un grand, d’un blond, d’un grand blond, d’un francophone, etc. L’individu dont les intérêts sont défendus par cet avocat sera probablement attentif à sa jeunesse, dont il espère qu’elle n’est pas synonyme d’inéxpérience. Un employé des douanes négligera probablement une telle information pour se concentrer sur l’appartenance nationale de Monsieur Prétoire.
Pour déceler la part des connaissances dans l’activité de catégorisation et celle des motivations et des objectifs, il faut commencer par distinguer entre une action et la perception de cette action, et implicitement entre l’action en tant que manifestation, dont la nature est physique, et l’action en tant que donnée, et donc l’action perçue, dont la nature est physique et psychique a la fois.
Le fait d’être attentif, d’espérer, de négliger, de se concentrer c’est être actif. Et l’activité, qui consiste en une suite d’actions, est volontaire, orientée vers quelque chose, et par là même, réalisée dans un certain but, motivée.
Vers quoi sont orientées les actions du client de Monsieur Prétoire et de l’employé des douanes? Et qu’est ce qui motive leurs actions?
Le client est attentif à la jeunesse de Monsieur Prétoire. La même jeunesse, l’employé des douanes la néglige pour se concentrer sur l’appartenance nationale de ce monsieur. Leurs actions, dans un cas comme dans l’autre, sont orientées vers quelque chose qu’ils ont vu au préalable. Et la motivation de leurs actions est en rapport avec ce qu’ils ont vu. Ainsi le premier individu a vu Monsieur Prétoire en rapport avec l’image qu’il se faisait d’un bon avocat. Et comme cette image ne comportait pas l’attribut jeune, attribut qui pour lui était synonyme d’inéxpérience, la jeunesse de Monsieur Prétoire, plus que d’autres attributs de ce monsieur, lui a fait une vive impression. Mais c’était une impression plutôt négative. Cette impression explique pourquoi il a fait attention à la jeunesse de Monsieur Prétoire. Quant à la jeunesse dont il espérait qu’elle n’était pas synonyme d’inéxpérience, elle n’est pas celle qu’il a remarqué dès le début, mais celle à laquelle il a été attentif, et dont la perception a pu changer.
Cette alternance entre action et perception de l’action permet de voir deux choses : que seule l’action comme manifestation du sujet est motivée et que l’action comme donnée, et donc l’action perçue par le sujet, crée la motivation pour l’action à venir.
Reste à voir comment la perception crée cette motivation. Cela nous évitera par la suite de confondre le stéréotype comme croyance et le stéréotype comme jugement et nous permettra d’envisager en connaissance de cause les modalités pouvant modifier les stéréotypes qui portent atteinte à autrui.


Bibliographie sélective

BOURHIS R.Y LEYENS J.-P., Stéréotypes discrimination relations intergroupes, Mardaga, 1999
LEYENS J.-P., YZERBYT V., SCHADRON G., Stéréotypes et cognition sociale, Mardaga, 1999
GABARROT F., La menace du stéréotype, http://www.prejuges-stereotypes.net/espaceDocumentaire/gabarrot.pdf, Consulté le 2 mars 2011

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