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L'Univers pictural d'Eliane Lecomte
article [ Culture ]
Un monde de poésie

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par [Reumond ]

2016-01-14  |     | 










Les roches, les sources et les cascades, les arbres et les écorces… tout comme la nature, les arts plastiques ne se jouent-ils pas de ces mélanges subtils, de tous ces entrelacs qui figurent la vie, comme l’ondulation des eaux ou le murmure des choses… pour nous emporter plus loin, ailleurs, dans une contemplation loin des soucis quotidiens et des bruits de la ville ?

Par chemins de couches successives d’or et de pigments divers, telles des vagues de nuances, des strates minérales, des tonalités végétales… qui se font formes et mouvements, comme l’ombre et la lumière se jouent de la transparence des feuilles ; la main de l’artiste autant que son œuvre semblent l’une et l’autre nous montrer un chemin.

Ainsi, devant une aquarelle, notre œil embrasse l’Univers pour que les différentes couches de pigments laissent en nous des traces qui sont comme des indications ou des balises.

Chaque petit coup de pinceau mille fois répété, est ici comme une sorte de rituel de calligraphe, comme un lien qui uni les différentes couches de peinture, du cœur des choses, tout en profondeur, dans la matière même de l’âme (le chœur de la matière) jusqu’à la surface où l’aquarelle accentue et souligne les apparences qui nous faut pénétrer.

L’esprit au cœur de la matière tout comme la matière au cœur de l’esprit.

C’est là, où sondant les secrets de la matière, que l’astrophysicien Jean Charon nous dit avoir rencontré « L’Esprit », et où des mystiques comme Mirra Richard ( Mirra Alfassa dite La Mère, compagne de Sri Aurobindo) nous dit avoir trouvé « La matière » à la fine pointe de l’Esprit; et c’est justement là, entre ces deux pôles, au cœur de la matière et de l’esprit, que voyage le pinceau d’Éliane Lecomte, et c’est là encore, entre ces deux axes, comme dans un entre-deux, un espace médian, qu’elle nous invite aussi à voyager.

Peindre c’est voyager et inviter au voyage

Le travail pictural d’Éliane Lecomte est à la peinture ce que le bois, la plume ou la feuille sont au sculpteur Jephan de Villiers, ou en matière de couleur et de forme, ce que la peinture est à la calligraphe Fabienne Verdier, c’est-à-dire des lieux d’exploration et de voyage, là où la matière se fait complice de la forme et du papier.
Comme les sables ocres du désert, tout y est « signe » comme une présence, afin qu’en cherchant peu, on puisse y voir et y trouver bien sûr ce qu’on y cherche, car la couleur nous fait signes !

Dans ces compositions couche par couche, Il n’est plus question de réel ou d’irréel, de figuration ou d’abstraction, l’univers d’Éliane Lecomte nous appelle entre les extrêmes à l’intériorité ; comme il n’est plus question chez elle de parler de peinture ou d’aquarelle, de travail sur toile ou sur papier, mais « de matière » à proprement parler, de matière nue sur papier cru ou cuit; car en réalité, qu’importe la technique, la matière pourrait-être celle d’un céramiste et la surface traitée celle d’une poterie, c’est le voyage qui compte en tout premier lieu, un voyage autant esthétique qu’il se veut humain.

Ici même, pas de chaos, pas de confusion… mais une matière qui s’ordonne dans le mystère de la vie et dans l’élaboration des surfaces. La seule hésitation étant celle des pinceaux multiples qui cherchent, entre les vides et les pleins leur plus juste milieu et leur chemin de matière et de lumière.

À chaque peinture, nous assistons comme à une nouvelle Genèse, où la texture pourrait être celle d’un arbre, d’une roche ou d’un paysage panoramique ; comme sous le microcosme et son pendant macrocosmique, les formes et les teintes s’y mélangent dans une féerie colorée ou chaque peinture est comme une cosmogonie ou « un univers » à part entière.

L’eau et la vie, l’eau est la vie, l'eau et l'aquarelle

L’eau n’est-elle pas source de vie et de régénérescence, mélangée aux pigments elle se fait sève en une infinité de formes possibles. De surface en surface, chaque fragment nous convie à de nouvelles perspectives, comme on pourrait en percevoir au microscope ou en télescope en obtenant une nouvelle image agrandie, selon le regard que l’on porte à telle ou telle dimension ou sur telle réalité.

Comme dans une alchimie colorée, le réveil des ocres, des bleus et des ors… Aucun de ces paysages plastiques ne laisse indifférent. À chaque fois, l’œil nous invite à pénétrer une harmonie nouvelle, pour y envisager une nouvelle éclosion, une naissance autant intérieure qu’extérieure. Parce qu’il existe des ailleurs au-delà de toute chose. Mais c’est quand les écailles tombent de nos yeux, qu’en observateurs plus attentifs nous comprenons qu’il existe d’autres réalités comme un au-delà des écorces, de nos propres écorces, de nos masques ou de nos solides carapaces, une vie plus intérieure, plus profonde, bien moins superficielle.

De la même manière, ne faut-il pas pénétrer une caverne pour être ensorcelé par la splendeur de ces chefs-d’œuvre d'eaux calcaires que sont les stalagmites et stalactites ! Ainsi comme ces concrétions souterraines, sur les multiples détails ou facettes du tableau, dans les moindres parties, comme sur les facettes multiples de nos propres vies, la peinture peut se faire « jour » à la lumière des pigments.

L’aquarelle sur papier chinois

Comme la vie s’accommode des énergies et des vibrations, l’aquarelle, la détrempe, la tempera, l’émulsion ou le lavis se veulent avant toute chose porteurs d’émotion ; ne sommes-nous pas composés nous même de 70 % d’eau, et la mémoire de l’eau n’est-elle pas une réalité qui traverse l’aquarelle au-delà du papier ?

Car tel un souffle vital à la surface du papier, la mémoire est aqueuse, comme l’eau est à l’origine et le véhicule de toute vie. Bien avant l’huile et l’acrylique, l’eau n’est-elle pas la « materia prima ».

Dès l’origine « tout était eau » disent les textes taoïstes, et au début du monde, « l’esprit planait sur les eaux » confirment les textes judéo-chrétiens… Pour les Chinois, l’eau est Wou-ki, le sans-Faîte, le lieu d’indistinction première, c'est-à-dire le lieu de toutes les créations possibles. Dans la nature, elle porte le limon, d’où sortent toutes créatures, et sur le papier elle porte des pigments végétaux ou minéraux qui se voudraient l’essence même de la matière, car l’eau reste le premier des cinq éléments du Hong-Fan avec le feu, le bois, le métal et la terre.

Du bleu de cobalt au jaune de cadmium, du blanc de titane à la terre de Sienne brûlée… derrière le jeu des enluminures et des rehausses, c’est toujours une question de vibration et d’énergie comme un frémissement du vent dans les voiles ou sur les épis d’un champ.

Ce qui compte, au-delà des matières et des apparences, au-delà des écorces et des horizons; c’est justement ce frémissement des couleurs se jouant de la lumière et des ombres, c’est cette ondulation du papier au bruissement léger du pinceau, c’est l’esprit du Ka (Chi) qui se répand entre les marges du papier, dans ses fibres, comme à travers la fibre même de celui qui peint ou regarde le tableau.

A travers « la carte » (une topologie de l’imaginaire ou de notre inconscient) proposé par l’artiste, ce qui se réalise ici, c’est l’union même de l’eau et des pigments qui voudrait se faire “communion”, dans l’enchevêtrement des formes comme celle d’une végétation où l’on peut discerner telle créature, suggérant d’autres images toujours nouvelles qui se révèlent après analyse comme la projection de notre propre univers, une sorte de développement de notre territoire ou monde intérieur.

Dans la nature comme dans les motifs de la peinture d’Éliane Lecomte, là où l’esprit est au cœur des choses et où la matière vivante et au cœur même de l’Esprit, le pinceau va son chemin.

Sur sa couverture de feutrine de peau de mouton, le temps semble s’arrêter sur l’Éternité et l’espace se déployer à l’infini. Éliane Lecomte fixe l’instant présent comme un état de germination. Une éclosion de formes et de vies nouvelle. Nous sommes bel et bien au cœur de son propre Big Bang créateur ; dans une nouvelle cosmologie ou une nouvelle cosmogonie, en tout cas, au cœur même d’un processus d’évolution, celui d’un Univers qui est le sien, mais aussi en quelque sorte le nôtre ; un Univers en expansion où la culture et la nature des choses s’entremêlent pour mieux nous parler de l’essentiel.

Oui, Éliane Lecomte peint comme dans une forme de méditation, avec une application qui ouvrirait des espaces, où chaque coup de pinceau serait une porte d’entrée, un sas, et où chaque touche de couleur se donne à nous dans une configuration nouvelle, en une médiation permanente entre le dedans et le dehors. C’est le chant des écorces qui se fait entendre en couleurs et des questions qui se peignent comme des chemins :
quelles sont l’écorce de la vie et celle de l’être ? Quel est l’être même de la vie et des écorces ? Et quel est ce lieu secret et éternel où nous conduisent les pinceaux comme des boussoles ?


Curriculum vitae

Éliane Lecomte est née en mai 1952 à Provedroux, dans un petit village belge situé sur la province du Luxembourg dans l’actuelle commune de Vielsalm ; comme beaucoup d’entre nous, elle est donc une Liégeoise d’adoption.
Après des études d’arts décoratifs à Bruxelles, et un passage par Anvers où elle suit (afin de se préparer à partir travailler au Congo belge) le cursus de technicienne sanitaire de l’Institut de Médecine Tropicale ; finalement diplômée d’Anvers, elle décide pour des raisons familiales de rester en Belgique où elle va successivement reprendre des études de bibliothécaire documentaliste, puis plus tard des études de bio-esthéticienne qu’elle achève à Liège avant de se former et de s’engager dans le domaine de la psychologie et en particulier dans celui de la relation d’aide qu’elle pratiquera durant plus de dix ans au sein d’une même Association.

Sur un plan strictement artistique, après les arts décoratifs, elle n’abandonnera jamais la peinture acrylique et les huiles, en partie en autodidacte.
Dans les années 1980, elle pratiquera aussi l’art de la tapisserie (composition de paysages en tissus) et fera dans cette discipline quelques expositions collectives. En parallèle avec des stages de créativité et des animations artistiques qu’elle organise en milieu scolaire, Éliane Lecomte durant sept ans se formera aux différentes techniques de l’iconographie.

C’est depuis huit ans et jusqu’à ce jour qu’en parallèle avec l’étude du Mandarin, elle étudie et pratique la calligraphie et la peinture avec des professeurs et artistes chinois dont messieurs Li Yi, Gao Xuyong et Zhang Wenhai.

C’est à partir de là que germe l’idée de développer un travail personnel centré sur l’amour de la nature et celui de la peinture, dans une expression picturale dont ses créations sont le fruit.


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