Les commentaires des membres:

 =  Un régal!
Guy Rancourt
[03.Dec.08 03:57]
Quelle bonne idée as-tu eu de soumettre ce poème de Desnos! Un régal!

 =  Mythe sur ce "dernier" poème de Desnos
Guy Rancourt
[15.Mar.09 03:05]
Histoire et mythe du « dernier poème » de Robert Desnos

Après la guerre, est publié dans la presse française un dernier poème de Desnos, qui aurait été retrouvé sur lui par Joseph Stuna

Ombre parmi les ombres

J'ai tellement rêvé de toi
J'ai tellement marché, tellement parlé,
Tellement aimé ton ombre,
Qu'il ne me reste plus rien de toi,
Il me reste d'être l'ombre parmi les ombres,
D'être cent fois plus ombre que l'ombre,
D'être l'ombre qui viendra et reviendra
Dans ta vie ensoleillée.

1945

En réalité, ce texte est le résultat d'une traduction approximative à partir du tchèque de la dernière strophe d'un poème de Desnos écrit en 1926 et dédié à Yvonne George:
« J'ai tant rêvé de toi » :

J'ai tant rêvé de toi, tant marché, parlé,
Couché avec ton fantôme
Qu'il ne me reste plus peut-être,
Et pourtant, qu'à être fantôme
Parmi les fantômes et plus ombre
Cent fois que l'ombre qui se promène
Et se promènera allègrement
Sur le cadran solaire de ta vie.

Corps et biens, 1930

On sait que dans l'infirmerie du camp et vu son état moribond, Desnos n'a eu ni physiquement ni matériellement la possibilité d'écrire quoi que ce soit. On sait aussi avec certitude que Joseph Stuna n'a rapporté que la paire de lunettes de Desnos. Alors, que s'est-il passé ?
Tout simplement un problème de traductions multiples qui donna naissance à un mythe.
Effectivement, la dernière strophe du poème (une première traduction du français en tchèque) accompagne l'annonce du décès de Desnos dans le journal Tchèque "Svobone-Noviny" daté du 1er juillet 1945. Le 31 juillet, le même journal publie un article relatant les derniers jours du poète sous le titre « Cent fois plus ombre que l'ombre » avec, en plus, la fameuse dernière strophe de « J'ai tant rêvé de toi ».[42] L'article, traduit du tchèque en français (traduction de traduction), paraît le 11 août 1945 dans Les Lettres Françaises. Il n'en faut pas plus pour refaire l'histoire, le traducteur n'ayant pas reconnu, sous le nouveau titre, le poème de 1926. Mais comment expliquer que des gens aussi sérieux que Pierre Seghers et Henri Pouzols se soient enfoncé dans le mythe au mépris des multiples travaux, dont ceux de Marie-Claire Dumas, s'efforçant de rétablir la vérité? Sans doute parce que l'idée d'un dernier adieu a été plus forte que tout, couronnant, en quelque sorte, le martyr du poète... Un poème d'amour prémonitoire où se confirme la vérité des propos d'Alejo Carpentier qui disait toujours que "l'avenir des poètes était écrit à l'avance dans leurs poèmes.".
Ce court poème devient pour la conscience collective l'ultime message du poète. La voix de Robert Desnos résonne désormais dans un poème qui a cessé de lui appartenir pour devenir la voix de tous.

IN http://fr.wikipedia.org/wiki/Robert_Desnos




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